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Rome: 30 ans après «Gaudium et spes»
Le plus actuel des documents de Vatican II (091195)
Rome, 9 novembre(APIC) Avec la constitution «Gaudium et spes», dernier
texte voté au Concile Vatican II, l’Eglise «a vraiment voulu embrasser le
monde», a affirmé mercredi soir Jean-Paul II. Trente ans après la promulgation de la «constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps»,
le 7 décembre 1965, le pape a rappelé l’actualité de cette «grande charte
de la dignité humaine qu’il convient de défendre et de promouvoir».
Tous les cadres du Vatican, cardinaux et membres directeurs des congrégations de la curie romaine, les ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège, les recteurs des universités catholiques romaines, les supérieurs des
instituts et congrégations religieuses et de nombreuses personnalités du
laïcat étaient réunis autour du pape dans la salle du Synode, pour marquer
cet anniversaire.
Jean-Paul II parle de ce texte conciliaire en connaissance de cause,
puisqu’il a joué un rôle décisif dans sa rédaction. Le pape, à l’époque archevêque de Cracovie, l’a rappelé: «Ce texte m’est particulièrement cher
pour la participation directe qu’il m’a été donné d’avoir dans sa rédaction».
Les historiens du Concile s’accordent en effet pour reconnaître que Mgr
Wojtyla contribua à sortir ce texte de l’ornière dans laquelle il se trouvait en suggérant une autre méthode de travail pour sa rédaction, qui suscitait des oppositions fortes. En introduisant l’allocution du pape pour ce
30e anniversaire, le cardinal Etchegaray s’en est réjoui, car «Gaudium et
spes», a-t-il relevé, a permis de «baisser les ponts-levis de l’Eglise pour
faire route avec toute l’humanité et partager le sort terrestre du monde».
Toujours incisif
Qu’en est-il aujourd’hui? Pour Jean-Paul II, «Gaudium et spes» n’a rien
perdu de sa «valeur prophétique» malgré les nombreux «changements profonds»
qui ont depuis marqué l’humanité. Ce texte reste «incisif», a dit le pape,
car il ne cesse de poser la question de «l’utilité pour le vrai bien de
l’homme des évolutions contemporaines» autant que de la corrélation entre
la perfection temporelle de l’homme et son progrès spirituel.
Si «Gaudium et spes» a posé les grandes questions de l’époque: sens de
la vie, athéisme, dignité de l’homme, mission de l’Eglise, le texte, a noté
Jean-Paul II, est aussi entré dans les «problèmes immédiats» comme celui du
mariage et de la famille, et l’on peut constater aujourd’hui que ce qui fut
dit il y a trente ans allait dans «la bonne direction».
On trouve une même justesse d’analyse dans la façon d’aborder les problèmes sociaux, dont le déséquilibre économique entre le Nord et le Sud,
«le grand scandale de notre siècle», qui reste d’actualité autant que la
question de la pauvreté, qui appelle une «éthique politique», ou encore
celle des nationalismes et de l’ethnocentrisme, face auxquels «tous les
croyants ont une responsabilité».
En terminant son analyse du texte conciliaire, Jean-Paul II a insisté
sur son «ouverture aux laïcs», qui «reste l’une des grandes urgences, mais
aussi l’une des grandes espérances de l’Eglise de notre temps».
La cérémonie du 8 novembre au Vatican marquait aussi l’ouverture d’un
colloque international qui réunit à Lorette du 9 au 11 novembre de nombreuses personnalités ecclésiastiques et laïques, dont le cardinal Danneels,
qui a été chargé de la synthèse et des propositions finales. Interrogé par
Radio Vatican, l’archevêque de Malines-Bruxelles a confirmé le caractère
«prophétique» de «Gaudium et spes», qu’il considère comme «le plus actuel
des documents de Vatican II». (apic/jmg/pr)
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