Statistique: une nette augmentation de sorties d'Eglise en 2018

L’Institut suisse de sociologie pastorale (SPI), basé à St-Gall, a publié, le 26 novembre 2019, les résultats de la statistique ecclésiale pour 2018. Il constate une hausse significative du nombre des sorties d’Eglise, accompagné par une diminution progressive des mariages religieux et des baptêmes.

Au sein de l’ensemble de la population résidente en Suisse, l’Eglise catholique romaine en Suisse compte environ 2,9 millions de membres (chiffres de 2017), soit quelque 60’000 de moins qu’en 2014, qui fut une année record.

La statistique ecclésiale 2018

Les résultats de cette statistique pour l’année passée mettent en évidence une augmentation du nombre des sorties de l’Eglise. Les 25’366 sorties d’Eglise enregistrées en 2018 – un bon quart de plus que les 20’014 enregistrées en 2017 –  révèlent une nette hausse des cas de fidèles se détournant de l’institution.

«La raison en est imputable surtout aux informations récurrentes signalant la commission d’abus sexuels et leur dissimulation au sein de l’Eglise catholique dans le monde entier», précise le communiqué de la SPI. «Ces nouvelles constituent souvent des incitations concrètes à mettre fin définitivement à un attachement à l’Eglise de toute façon déjà affaibli».

La statistique laisse transparaître également des changements de comportement des membres de l’Eglise. Ces observations incitent à conclure à une plus grande fragilité de l’appartenance à l’institution, qui se traduit par un recul du nombre de mariages à l’église et de baptêmes.

Baisse des mariages et baptêmes

Depuis les années 1990, on assiste à une chute du nombre des mariages catholiques. Au cours des cinq dernières années, il a reculé de 20%. En 2018, seules 3’200 unions ont été célébrées à l’église.

Seul un bon tiers des couples catholiques célèbre un mariage religieux. «Lorsque l’histoire d’un couple ou d’une famille commence d’emblée sans la ‘bénédiction de l’Eglise’, il est fréquent que l’idée de faire baptiser ses propres enfants n’aille également plus de soi», précise l’institut saint-gallois.

Depuis 2013, le nombre des baptêmes a diminué en Suisse de 11%, pour tomber à 18’568. Ce chiffre est toutefois à relativiser en raison du fait que d’innombrables parents issus de la migration font baptiser leurs enfants à l’étranger. On estime globalement à un bon tiers le nombre d’enfants ayant des origines familiales catholiques ne sont plus baptisés.

Chutes de baptêmes pour le LGF

Le diocèse de Bâle (62%) et le diocèse de Sion (65%) se situent dans cette estimation. Contrairement au diocèse de Lausanne Genève et Fribourg, dans lequel le phénomène de diminution est encore plus répandu, puisque seulement un enfant sur deux, né dans une famille d’origine catholique, a été baptisé en 2018.

Comparativement, on enregistre un taux élevé de baptêmes dans les diocèses de Saint-Gall et de Lugano, où celui-ci oscille entre 75% et plus de 80%.

Ces constats sont un défi lancé à l’Eglise catholique, estime le SPI. «L’Eglise doit apporter des réponses pastorales à la fragilisation du lien entretenu avec ses fidèles. La pastorale des couples et des familles en particulier mérite plus d’attention et de soin», concluent les spécialistes de sociologie pastorale. (cathch/com/gr)

Augmentation du nombre d’entrées dans l’Eglise
«En raison de l’immigration», le nombre des entrées a lui aussi augmenté en 2018 au sein de l’Eglise catholique, relève l’Institut suisse de sociologie pastorale, pour atteindre «le maximum recensé jusqu’ici, soit 1’121». Le SPI ne précise toutefois pas s’il s’agit de nombre de baptêmes ou de réintégrations de membre dans l’Eglise. De plus, «certains cantons ne connaissent pas d’affiliation à l’Eglise au sens du droit public ecclésiastique, avec pour effet de rendre impossible tout recensement officiel des mouvements d’entrées et de sorties». GR

Grégory Roth

Portail catholique suisse

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