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apic/Tunisie/Rapport AT

Violation des droits de l’homme: la Tunisie dans le collimateur d’AI

Tortures et détentions arbitraires sont monnaies courantes (021195)

Londres/Tunis, 2 novembre(APIC) La répression de cesse de s’étendre et les

violations des droits de l’homme se poursuivent, dénonce Amnesty International (AI) dans un document publié le 2 novembre. Détentions arbitraires,

emprisonnement, torture, mauvais traitements et harcèlement sous différentes formes servent à punir, intimider ou réduire au silence les opposants

au gouvernement et les détracteurs, les proches de ceux-ci, les avocats,

les militants des droits de l’homme et les journalistes.

AI s’insurge contre la mauvaise volonté, pour ne pas dire plus. affichée

par les commissions d’enquête mises en place dans des affaires de violations des droits de l’homme: leur incapacité à mener à bien leur mission

officielle et leur absence de volonté d’y parvenir sont de plus en plus

évidentes.

Selon AI, les membres des forces de sécurité auteurs de telles violations ont bénéficié de l’impunité et leurs victimes ont été privées de leur

droit à obtenir réparation. Et l’organisation d’affirmer que le nombre des

prisonniers d’opinion incarcérés pour avoir exercé des activités politiques

pacifiques ou critiqué le gouvernement n’a cessé de croître au cours des

huit dernières années.

AI cite l’exemple de Mohamed Kilani, membre du Parti communiste des ouvriers tunisiens et rédacteur en chef du journal «Al Badil», aujourd’hui interdit, condamné en février 1995 à deux ans de prison pour soutien au Parti

communiste. En avril, il a été condamné à une peine d’emprisonnement supplémentaire de cinq ans pour détention d’un tract produit en 1991 par le

parti islamiste illégal «Ennahda», alors que Kilani est connu pour son opposition à l’idéologie et au programme politique de cette organisation. Ses

avocats se sont retirés du procès pour protester contre le refus du tribunal de leur remettre des copies de ce tract.

Les épouses et proches de militants politiques en exil, en particulier

islamiste, sont souvent détenus pour être interrogés. Un grand nombre de

ces personnes auraient été victimes de mauivais traitements et de sévices

sexuels et menacés de viols et de poursuites judiciaires.

Outre les lois existantes qui ont permis l’incarcération de milliers de

prisonniers d’opinion au cours des dernières années, de nouvelles lois réduisant encore davantage la liberté d’expression et d’association ont été

introduites en 1993. Torture et mauvais traitements sont monnaie courantes,

surtout depuis 1990. La suspension dans des positions contorsionnées, les

coups donnés sur la plante des pieds, sur les parties génitales, la tête et

d’autres parties sensibles du corps, ainsi que les sévices sexuels et les

menaces de viol sont les méthodes les plus souvent signalées. Dans le plupart des cas, conclut AI, ces tortures sont infligées aux prisonniers pendant la détention au secret, qui est souvent illégalement prolongée. (apiccom/pr)

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