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Afrique du Sud: La JOCI tiendra son Conseil international à Johannesbourg

Les travaux de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Internationale (011195)

largement centrés sur une enquête réalisée auprès des jeunes dans le monde

Bruxelles, 1er novembreoctobre(APIC) A moins d’un mois de son Conseil international en Afrique du Sud, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Internationale (JOCI) a présenté à Bruxelles deux petits ouvrages qui éclairent les

enjeux de son prochain sommet. «La marque de l’exclusion» montre, enquête à

l’appui, l’évolution des aspirations et de la vision du monde chez les jeunes «de milieu populaire». «Dis-moi la vérité» réunit des témoignages de

vie et de foi des jeunes, suivis de réflexions de théologiens.

C’est lors de son Conseil international de 1991 en Australie que la JOCI

a lancé l’idée d’une enquête sur les mentalités des jeunes travailleurs.

Serait-il vrai, s’est-on demandé, que les jeunes d’aujourd’hui se bougent

moins que leurs aînés pour transformer le monde ? Leurs aspirations et leur

vision du monde auraient-elles changé en une ou deux décennies?

Quelque 2000 jeunes de milieu populaire, dans une trentaine de pays, ont

accepté de répondre à un questionnaire standard, élaboré avec la collaboration du Centre Tricontinental de Louvain-la-Neuve, en Belgique. Des réponses reçues, les chercheurs du Centre, sous la direction de François Houtart

et Geneviève Lemercinier, ont dégagé des profils de jeunes travailleurs des

divers continents. Restait à mettre les résultats de cette enquête à la

portée d’un large public. La journaliste Natacha David s’en est chargée,

simplifiant l’étude des sociologues tout en la reliant à de multiples faits

concrets.

A la traîne d’un grand marché?

Sans se prétendre représentative des populations jeunes des cinq continent, l’enquête fait tout de même ressortir des tendances significatives,

observe le professeur Houtart. Elle révèle d’abord une diversité des visions du monde parmi les jeunes «de milieu populaire». Le modèle de société

néolibéral exerce sur ces jeunes un attrait au moins égal au modèle socialiste. Dans un monde où le modèle néolibéral prévaut, son attrait incite au

conformisme social. Et cet attrait est d’autant plus fort que la religiosité est traditionnelle.

Seconde constatation: pour la majorité des jeunes de milieu populaire,

le cadre de référence se limite au contexte immédiat de la vie quotidienne:

la famille, l’école, le quartier, la petite entreprise. Du coup, ces jeunes

ne se considèrent pas comme des acteurs sociaux au sein de la société globale, dont ils perçoivent d’ailleurs difficilement les problèmes ou le

fonctionnement. Cette perception est plus aisée chez un employé ou un enseignant que chez un travailleur manuel. L’école ne réussit donc pas à favoriser une grande ouverture sur la société, commente F. Houtart. Du reste,

quand cette ouverture existe, elle n’est pas forcément portée par un regard

critique: on peut s’ouvrir au monde par désir d’ascension sociale.

D’un continent à l’autre

Selon les continents, des différences sont perceptibles. Le modèle néolibéral a largement pénétré l’Amérique latine, où une majorité de jeunes de

milieu populaire semblent désormais repliés sur une petite vie quotidienne.

A long terme, cela paraît compliquer l’existence de mouvements sociaux organisés, estime le professeur Houtart.

En Afrique, les jeunes de milieu populaire se conforment aussi au modèle

socio-économique dominant, mais d’abord pour des raisons pragmatiques: il

faut résoudre des problèmes de survie. Dans ce contexte, néanmoins, les

formes traditionnelles de solidarité seront difficiles à reproduire.

En Asie, on assiste à une transition culturelle importante entre mode de

vie traditionnel et modernité. Le résultat semble converger vers un modèle

familial à forte autorité paternelle et confère à l’individu un rôle central dans la perception du monde.

En Europe, la grande majorité des jeunes de milieu populaire n’ont pas

une vision globale ni critique de la société, malgré une scolarité plus

élevée que dans les autres continents.

L’avenir d’une participation sociale

La conclusion de l’ouvrage pose une question qui va bien au-delà des débats d’un mouvement: «Les jeunes de milieux populaires du monde entier subissent directement les effets de la mondialisation économique». S’ils

éprouvent peu de goût pour l’action politique ou syndicale, estiment les

auteurs, c’est parce qu’ils sont imprégnés de l’individualisme que propage

l’économie de marché. Et voilà comment ces mêmes jeunes «se retrouvent majoritairement exclus des mécanismes sociaux qui régissent nos sociétés.

Vie et foi

Le second ouvrage que publie la JOCI n’est pas une étude, mais se présente comme un «bouquet de témoignages». D’où le titre «Dis-moi la vérité»,

qui n’a d’autre prétention que d’avertir le lecteur : «Attention, des jeunes se disent ici en toute vérité!» Ces pages «sont peut-être la meilleure

définition de la JOC que l’on puisse souhaiter, pas de théories, mais la

vie telle qúelle est», écrit le plus ancien jociste du monde: Jacques

Meert, aujourd’hui âgé de 93 ans, et cofondateur de la Jeunesse Ouvrière

Chrétienne et proche collaborateur du cardinal Cardijn.

Une vingtaine de témoignages de tous les continents composent la plus

grande partie de ce petit livre. Six théologiens y ont ajouté leurs propres

regards.

120 délégués de 43 pays en Afrique du Sud

Le prochain Conseil international de la JOCI – le mouvement compte des

membres dans 61 pays – se tiendra du 26 novembre au 17 décembre en Afrique

du Sud. Quelques 120 délégués de 43 pays participeront aux travaux. Ceux-ci

se dérouleront dans un «blackspot» hautement symbolique de la banlieue de

Johannesbourg: un quartier noir qui était menacé de disparition, parce que

isolé au milieu des quartiers blancs. Pour la cérémonie d’ouverture à Oukasie (Brits), on attend de cinq à dix mille personnes, dont le président

sud-africain Nelson Mandela.

A noter que depuis 1986, le Vatican a marqué sa préférence pour la jeune

Coordination Internationale des JOC (CIJOC) et ne reconnaît plus la JOCI

comme Organisation Catholique Internationale. Mais des personnalités du

Vatican ont cependant veillé à cultiver de bons contacts avec la JOCI. La

CIJOC, loin d’être aussi bien représentée à travers le monde que la JOCI,

n’a pas répondu jusqu’ici aux appels au dialogue lancés par l’organisation

pratiquement reniée Rome. Des mouvements nationaux membres de la CIJOC ont

cependant été invités comme observateurs au prochain Conseil International

de la JOCI. (apic/cip/pr)

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