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Belgique: Après 45 ans d’existence, la voix «La Cité» s’éteint
«Un véritable déficit démocratique pour la communautaé française» (291295)
Bruxelles, 29décembre(APIC) Lancée il y a 45 ans comme quotidien, pour
exprimer l’opinion des «travailleurs chrétiens de Wallonie», «La Cité»,
contrainte de passer au rythme hebdomadaire il y a 8 ans, a publié le 28
décembre son numéro ultime: «L’adieu». Avec la disparition de «La Cité»,
c’est la disparition d’une voix originale et irremplaçable dans la presse
belge que déplorent bien des commentateurs. «Un véritable déficit
démocratique pour la communauté française».
«Nous ne pensons pas que nous nous arrêtons par manque d’idées ni parce
que nous n’avions plus de rôle à jouer ou de paroles à porter pour que les
valeurs sociales du travail, le soutien dû aux moins bien lotis, les valeurs humaines de respect, de tolérance, les droits de l’homme et de la
femme, les mutations en cours dans l’économie soient mieux perçus», écrit
en éditorial Jos. Schoonbroodt, rédacteur en chef. «Après d’autres, ajoutet-il, l’arrêt de notre publication rappelle que le poids des idées pèse peu
sur les forces du marché».
Une formule sans lendemain
L’avenir de «La Cité» était devenu fort incertain. Début juillet, un accord avait été conclu avec la société Belgomédia, associant deux groupes de
presse (Roularta et Bayard Presse), en vue d’une formule différente. Les
éditeurs nouvellement associés s’étaient donné quelques mois pour évaluer
les chances d’un autre hebdomadaire chrétien, au profil plus familial que
social, et aux enquêtes moins fouillées. Sous le titre «La Cité d’aujourd’hui», le numéro zéro d’une nouvelle formule avait été proposé à un
public élargi. Le test de marketing a été négatif: projet non viable! Le
couperet est tombé.
Le 30 novembre, «La Cité» annonçait qu’elle était «au bout du chemin».
L’hebdomadaire touchait 34’000 lecteurs. Mais une publication qui ne passe
pas la barre des 40’000 lecteurs fidèles est systématiquement ignorée par
les agences et les centrales d’achats publicitaires, déplorait en juillet
J. Schoonbroodt.
Fin novembre, la Société des rédacteurs et l’Assemblée générale du personnel de «La Cité» écrivaient : «Aujourd’hui, la gauche chrétienne a perdu
la seule voix qui la représentait encore dans la presse d’information générale. Il n’est donc pas excessif de parler d’un véritable déficit démocratique pour la Communauté française». (apic/cip/pr)
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