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Rome: Mgr Gaillot a fait rire le pape (211295)

Une solution devrait intervenir bientôt

Rome, 21décembre(APIC) « Le pape m’a écouté… J’ai constaté une volonté

de sortir de la situation où l’on se trouve… Le pape ne m’a pas fait de

reproche »: Mgr Gaillot est sorti regaillardi de sa rencontre avec Jean-Paul

II. « J’ai même fait rire le pape », a-t-il confié jeudi aux journalistes,

avant de rencontrer, à l’invitation du pape, le cardinal Gantin, le préfet

de la Congrégation pour les évêques qui lui avait signifié sa révocation le

12 janvier, et Mgr Tauran, le « ministre des Affaires étrangères » du

Vatican.

« Je me réjouis qu’un dialogue ait pu avoir lieu pendant une demie heure

aujourd’hui avec le pape », a déclaré Mgr Gaillot à l’issue de l’entretien.

« Le pape a pris le temps de m’écouter. Il a commencé par me demander: que

devenez-vous? où habitez-vous? que faites-vous? J’ai constaté une volonté

de sortir de la situation où l’on se trouve. Le pape et les divers responsables souhaitent trouver rapidement un issue afin que, comme évêque, « je

puisse continuer à être en lien avec les exclus ».

Pas de reproche

L’ancien évêque d’Evreux n’a pas évoqué une fonction précise à laquelle

il pourrait être appelé, notamment au service des exclus. « J’ai demandé au

pape: laissez-moi dans la situation où je suis. Je vis bien avec les sans

logis, les sans papiers, les sans travail. Et il m’a dit: « Mais vous êtes

évêque, et il faut vous trouver un lien avec l’ensemble des évêques ».

Mgr Gaillot a en tout cas gardé sa liberté de parole. « Oui, je peux vous

le dire: j’ai fait rire le pape. Il m’a dit: « Mais vous rouspétez souvent,

vous les évêques! » Je lui ai répondu: « Heureusement que vous n’avez pas beaucoup d’évêques comme moi, ce serait difficile pour vous! » Il a ri.

« Vous allez venir en France, dans un pays où il y a beaucoup d’exclus,

souvent des jeunes, vous allez trouver des chrétiens qui sont responsables,

qui prennent la parole et qui sont épris de liberté et de justice. Ce peuple-là a droit à l’Evangile », a expliqué Mgr Gaillot au pape.

« Le pape ne m’a pas fait de reproche, assure Mgr Gaillot. Son souci est

que l’on trouve une solution en respectant ce que je suis avec les exclus

et le lien avec la structure de l’Eglise. Jean Paul II m’a dit: « C’est vrai

que vous êtes souvent dans les médias ». J’ai répondu: « J’essaie de faire

comme vous ». Il a ri une seconde fois. »

Une mission de l’Eglise

Quant à la fonction que devrait recevoir Mgr Gaillot et dont il n’a aucune idée, il devait en être question dans l’après-midi avec le cardinal

Gantin et Mgr Tauran. « J’ai appris cela tout à l’heure, a-t-il dit aux

journalistes. Je dois me mettre en contac avec eux. Il faut que cela se

fasse cet après-midi car je repars demain matin. Le pape m’a dit qu’ils

m’attendaient. »

A propos du retard mis à organiser cette rencontre avec Jean-Paul II,

Mgr Gaillot a précisé qu’il avait écrit au pape le 5 mars, mais qu’il

n’avait pas obtenu de réponse. Il a écrit une seconde fois en octobre, et

la réponse lui est arrivée ces derniers jours.

L’entretien avec le pape ne portait pas sur les positions de Mgr Gaillot

en matière de morale. « Le pape ne m’a pas parlé de cela. Nous n’avons pas

abordé ce domaine, comme si le pape voulait tourner la page. »

Le bref communiqué publié par la salle de presse du Saint-Siège insiste

sur le souci de la communion dans l’Eglise. Mgr Gaillot: « Je crois que ma

situation actuelle pose question par rapport à la communion, car je suis

évêque de Partenia. J’ai demandé au pape de me laisser ce titre qui est magnifique. Il m’a dit: « Mais cela n’existe pas! » Or, précisément, cela existe pour tout le monde, c’est un diocèse sans frontière ». Mais il semble que

je ne puisse pas rester dans cette situation et que, pour qu’il y ait une

véritable communion, il faut qu’il y ait une mission qui soit reconnue. Actuellement, ce n’est pas le cas. J’ai quitté Evreux et j’ ai choisi de de

m’insérer au mileu des exclus, mais je n’ai pas reçu de mission de l’Eglise. »

« Ils ne doivent pas aimer le pape à Evreux »

Poursuivant le récit de son dialogue avec le pape, l’ex-évêque d’Evreux

Raconte ce passage qui ne manque pas de piquant. « Jean Paul II m’a dit:

’ils ne doivent pas aimer le pape à Evreux.’ J’ai repondu: rassurez vous,

ils n’en veulent pas au pape mais à la curie. Ils pensent que vous n’êtes

pas très au courant de ce qui se passe à Evreux. Il a sourit. »

« Mon souhait est de continuer lä où je suis avec les associations,

d’être en solidarité au service des différentes exclusions d’aujourd’hui de

la société francaise. Que je puisse avoir une sorte de fonction officielle

qui montre que c’est un évêque de l’Eglise qui est bien en lien avec les

exclus. » Sans doute le pape a-t-il souhaité, avant son voyage en France et

avant de pouvoir nommer un nouvel évêque à Evreux que la situation soit

precisée? Pour beaucoup de raisons dans l’Eglise de France, l’affaire Gaillot gêne. Il semble que le moment est venu pour preciser ma situation et ma

fonction au sein de l’Eglise, explique Mgr Gaillot.

« Le pape m’a dit vous avez un charisme, on le reconnait, par rapport a

ceux qui sont loin de l’Eglise. Je ne pense pas que l’on me demande des

choses qui soient contre cela. » Je n’ai pas de sentiment de vengeance ni de

rancune sinon je ne serais pas en paix avec moi-même, il n’y a ni gagnant

ni perdant, il y a une volonté d’en sortir pour que l’Eglise en soit grandie », conclut Mgr Gaillot. (apic/cip/mp)

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