Il s’agit de travailler a la «resurrection» du pays (p. 2, n.7). Une

conference de presse s’est tenue au Bureau de presse du Saint-Siege pour

presenter le document final du Synode pour le Liban, premier fruit de

l’Assemblee speciale, et qui servira ensuite de base a l’exhortation

Apostolique post-synodale de Jean-Paul II. Ont pris la parole le cardinal

Silvestrini, le cardinal Pierre Sfeir, Mgr Bechara, archev. Maronite

d’Antelias. Etant donne egalement la conference donnee hier soir a

Saint-Louis des Francais par Mgr Bustros, Rapporteur general, Mgr Noujeim,

Secretaire Special, et Mgr Bechara Rai, President de la commission pour

l’information, on peut distinguer comme points saillants la question de la

souverainete et de l’unite nationale, dans la convivialite pour

reconstruire ensemble, avec la necessaire conversion, et le role du Pape.

Tout d’abord, «la souverainete et l’independance du Liban, le respect des

droits de l’homme, le retour des personnes deplacees, l’appel a la jeunesse

pour reconstruire le Liban» font partie de l’appel a la solidarite pour

l’unite nationale lance par le synode, precise Mgr Bechara. De fait, «la

situation politique n’est pas satisfaisante pour tout le monde». «S’il n’y

a pas de liberte, de democratie, s’il y a des pressions de tous ordres qui

pesent sur les hommes politiques, declarait Mgr Bechara, il ne peut pas y

avoir d’exercice sain de la politique». C’est la question generale des

conditions de l’exercice du pouvoir: la necessaire «liberte». Une

«democratie saine» suppose que les personnes interdites aient «les memes

moyens que ceux qui sont au pouvoir». «Il s’agit de faire respecter les

droits de l’homme». De «reclamer qúils soient respecte», insiste le

cardinal Sfeir. Mais, souligne le patriarche, il y a aussi la question du

personnel politique: il faut «certaines vertus ethiques, humaines,

politiques, pour qúil puisse exercer de facon efficace son role a

l’interieur de la societe. Si ces valeurs n’existent pas, ou sont releguees

au second plan, il y a beaucoup de deviations.»

Pour le cardinal Sfeir, les raisons de la guerre n’etaient pas religieuses

mais politiques. «On a fourni des armes au peuple, on a fourni de l’argent,

on l’a manipule pour qúil se batte et il s’est battu vaillamment». Et il y

a eu des atrocites commises par les miliciens, des «fautes graves», mais

«les libanais ne sont pas tous coupables» pour autant. Maintenant, «la

situation a change», il faut «reviser les mentalites», «se retrouver, etre

solidaires». Dans cette perspective, le role de l’Eglise n’est pas de

«reformer le pays», de «renouveler le pays en entier», cela incombe aux

«autorites civiles». Elle doit elle-meme «se reevangeliser» et par ailleurs

proclamer les «principes d’equite et de morale politique». Le synode aura

mis en route cette «dynamique», la commission nommee par le Saint-Pere est

chargee de veiller a ce «renouvelement interieur», sans attendre la

parution de l’exhortation post-synodale.

Ceci suppose une claire separation de la politique et de la religion, le

«depassement» du «confessionnalisme». On ne doit plus «compter sur sa

communaute pour obtenir des fonctions publiques», insiste Mgr Bechara, mais

sur des «valeurs morales» de la personne. Cette «deconfessionnalisation»

doit atteindre «le systeme politique lui-meme», le «genie libanais», source

de cette «coexistence», doit promouvoir cette «cooperation» dans

«l’interet national». Unite nationale donc, dans la diversite des

communautes catholiques, et chretiennes et non chretiennes, et pas dans

l’uniformisation.

Decloisonnement des communautes, en meme temps que «convivialite» sont les

conditions pour reconstruire le pays, son economie et le tissu social. Le

synode insiste particulierement sur la liberte culturelle, liberte de

l’education entre autres, les priorites sociales du logement et la sante.

Reconstruit et prospere, le Liban pourra reprendre son role aux Nations

Unies, espere le cardinal Sfeir; et «la paix veritable» sera un bienfait

pour tout le Moyen-Orient. Cette fois les remerciements au Saint-Pere sont

particulierement sentis, tous etant d’accord que le Synode a permis une

communication dans la franchise, qui aurait ete impossible ailleurs, et

d’apprendre une facon de travailler efficacement ensemble. Restait le role

des media, assez peu loquaces sur le Liban. «La verite nous sauvera»

s’exclame au dernier moment le cardinal Sfeir, en remerciant les

journalistes presents.

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