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L’uniatisme et le prosélytisme: un frein au dialogue sur la question de la
primauté du pape ENI-95-0326çF
Genève, le 13 décembre (ENIçEdmund Doogue) – Si les Eglises orthodoxe et
catholique romaine pouvaient parvenir à un accord sur la question du rôle
de l’évêque de Rome, toutes les questions qui divisent les deux Eglises
seraient facilement résolues, a affirmé le patriarche oecuménique
Bartholomée Ier de Constantinople, lors d’une conférence de presse tenue le
12 décembre au Centre oecuménique à Genève.
Le patriarche s’exprimait dans le cadre de la visite qúil effectuait auprès
du Conseil oecuménique des Eglises (COE), de la Conférence des Eglises
européennes (KEK), de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), et de
l’Alliance réformée mondiale (ARM), qui ont leur siège au Centre
oecuménique.
Les Eglises orthodoxe et catholique romaine sont les deux plus grandes
Eglises du monde. Une des raisons qui empêchent l’unité entre les deux
Eglises est le rôle de l’évêque de Rome. Les orthodoxes ne veulent pas que
l’autorité du pape soit étendue à l’Eglise orthodoxe. On constate cependant
une certaine volonté de la part des orthodoxes d’accepter que l’évêque de
Rome joue le rôle de «premier parmi ses pairs» – et non un rôle d’autorité
– dans une Eglise unie. L’évêque de Rome a occupé cette position de
«premier parmi ses pairs», avant le schisme qui s’est produit entre les
Eglises de l’Orient et de l’Occident, au 11e siècle.
Le patriarche Bartholomée a rappelé que les deux Eglises étaient parvenues
à la veille d’aborder sérieusement la question de la primauté du pape, ce
qui permet de penser que les chances de progresser sur cette voie il y a
moins de dix ans ont été freinées par les conflits qui ont éclaté entre les
Eglises d’Europe orientale.
Avant que ne surgisse le problème de l’uniatisme, «nous étions arrivés à la
veille d’aborder sérieusement la question de la primauté», a en effet
souligné le patriarche, mais les problèmes de l’uniatisme et du
prosélytisme ont obligé l’Eglise orthodoxe à «limiter le dialogue à ces
deux questions» et ainsi à différer l’ordre du jour initial (accepté en
1981).
Les Eglises catholiques de rite oriental – souvent décrites par les
orthodoxes et d’autres milieux ecclésiastiques comme «uniates» – sont,
depuis cinq ans, la cause de tensions dans les relations entre catholiques
romains et orthodoxes en raison des conflits concernant les propriétés
d’Eglises dans les anciens pays communistes d’Europe centrale et orientale.
Le patriarche a souligné que le problème des biens d’Eglises était «une
question br#lante et conduit parfois à l’agressivité de la part des uniates
qui veulent reprendre les églises avant même qúun accord ne soit
intervenu». Il a même cité le cas d’un incident survenu en Ukraine au cours
duquel des catholiques ont violemment fait irruption lors d’un service
orthodoxe dans une église qúils voulaient reprendre.
«Ceci n’est pas une fac,on fraternelle d’agir», a déploré le patriarche.
S’exprimant à propos du prosélytisme, il a affirmé que les Eglises
orthodoxes étaient opposées au prosélytisme et aux activités missionaires
d’Eglises qui cherchaient à faire de nouvelles conversions dans des pays
traditionnellement orthodoxes. Ce problème est apparu principalement en
Europe orientale et en Russie depuis l’effondrement du communisme.
Le patriarche a exprimé l’espoir que ces questions de l’uniatisme et du
prosélytisme seront résolues aussi vite que possible pour que l’on puisse
poursuivre «le dialogue théologique» et revenir à la question de la
primauté de l’évêque de Rome.
«Nous n’avons pas d’autre moyen, sinon le dialogue, pour résoudre les
questions qui nous séparent», a-t-il affirmé.
Par ailleurs, répondant à une question d’un journaliste, le patriarche a
précisé qúil n’y avait pas de difficultés, au plan canonique, à ordonner
des femmes diacres dans l’Eglise orthodoxe. Théoriquement, il est toujours
possible de revitaliser cette «tradition de l’Eglise primitive chrétienne»,
a-t-il dit, précisant qúil ne connaissait qúun cas de femme diacre
orthodoxe, en Grèce, mais que le Patriarcat oecuménique n’excluerait pas de
candidatures.
Fédération luthérienne mondiale, Ishmael Noko, qui l’a assuré que les
Eglises luthériennes qui vivent aux côtés des Eglises orthodoxes n’avaient
«pas l’intention» de faire du prosélytisme – en cherchant à obtenir des
conversions.
En effet, le 11 décembre, lors de la cérémonie officielle d’accueil,
présidée par le COE, le patriarche avait critiqué les activités de
«nombreuses Eglises protestantes» qui ont «pris come cibles nos communautés
à des fins de prosélytisme».
Lors de sa visite auprès de la Conférence des Eglises européennes, le
patriarche Bartholomée a rendu hommage au rôle de la KEK durant la guerre
froide, en particulier ses efforts pour promouvoir la paix et la sécurité
en Europe après la deuxième guerre mondiale. (765 mots)
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