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Bosnie:Le secrétaire général de la KEK de retour de Banja Luka(121295)

Les responsables religieux de la ville aspirent à la paix

Genève, 12décembre(APIC) Malgré les doutes inspirés par les accords de

paix de Dayton – qui font craindre un nouvel afflux de réfugiés serbes en

provenance cette fois-ci de certains quartiers de Sarajevo -, les responsables religieux musulmans, orthodoxes et catholiques de Banja Luka aspirent

vraiment à la paix et à la réconciliation, a déclaré mardi à l’agence APIC

Jean Fischer, secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes

(KEK), de retour de Bosnie et de Serbie.

Par leur ténacité à rester à Banja Luka, les minorités catholique et musulmane, réduites à une peau de chagrin en raison des transferts de populations résultant des antagonismes intercommunautaires et des menées des milices et des groupes extrémistes, veulent prouver que la cohabitation est

possible… malgré tout. « Les gens y croient », affirme Jean Fischer, qui

s’est rendu sur place avec John Taylor, consultant de la KEK pour la Yougoslavie.

Il s’agissait pour la KEK notamment d’exprimer officiellement sa sympathie et sa solidarité à l’égard de Mgr Franjo Komarica, l’évêque catholique

de Banja Luka resté dans la place forte des Serbes au nord-ouest de la Bosnie. Même si Banja Luka n’a pas été le théâtre de combats, elle a subi ces

dernières années les contre-coups des combats et des transferts de population. La situation s’est encore tendue au printemps, avec la reprise par

les Croates de la Slavonie occidentale, « qui s’est aussi accompagnée de

massacres », provoquant une vague de réfugiés serbes. La ville a été une

nouvelle fois submergée de réfugiés fuyant les combats dans la zone de Bihac cet été.

Le premier dimanche de l’Avent, la délégation de la KEK a vécu des moments d’intenses émotions en participant à la messe dans la cathédrale de

la ville, au milieu de la petite communauté catholique qui ne regroupe plus

que quelques milliers de fidèles (le diocèse en comptait 48’000 avant la

guerre; plusieurs églises ont été dynamitées et des prêtres tués ou blessés). C’est un moine serbe orthodoxe de Belgrade, Frère André, qui assurait

la traduction. « Les gens ont apprécié cette démarche ». Jean Fischer et John

Taylor ont également pu visiter le Mufti de Banja Luka, Ibrahim Halilovic,

et Mgr Jefrem Mile Milutinovic, l’évêque serbe orthodoxe de la ville.

Les populations ont été les victimes d’extrémistes et de radicaux

Les trois responsables religieux – qui sont restés en contact dans les

moments les plus difficiles de la guerre – ont eu des paroles de réconciliation et ont donné chacun des exemples de cohabitation. Le Mufti a parlé

de ce Serbe qui s’incline, à chaque fois qu’il passe devant les restes de

la mosquée dynamitée par des « inconnus », ou d’un poète serbe qui pleure à

l’évocation de la destruction de ce lieu de culte historique. « Tous nous

ont dit être bien conscients que les Serbes ne sont pas collectivement responsables de ce qu’ont fait des extrémistes et des groupes radicaux ».

En février prochain, toutes les Eglises invitées à Belgrade

C’est pour encourager ces graines d’espérance que la KEK invite, en

février prochain, toutes les Eglises orthodoxes, protestantes et catholique

romaine – pour une rencontre sur le thème de la « Réconciliation » en ex-Yougoslavie. Cette importante réunion oecuménique, organisée en accord avec le

Saint Synode de l’Eglise serbe orthodoxe, aurait dû se tenir fin novembre

dans les locaux de la Faculté de théologie orthodoxe récemment ouverte dans

la capitale serbe. L’invitation a été envoyée à différentes Eglises dans

toute l’Europe et au-delà.

La rencontre de Belgrade aura pour thème la réconciliation dans ses dimensions théologique, politique et socio-politique. La KEK, une communauté

de 118 Eglises orthodoxes, anglicanes, protestantes et vieilles-catholiques

de tous les pays d’Europe fondée en 1959, a déjà lancé plusieurs initiatives, en collaboration avec le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE), pour la paix et la reconstruction dans les pays de l’ex-Yougoslavie. (apic/be)

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