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Rome: Synode sur le Liban (081295)

1er projet de document final

Rome 8décembre(APIC) L’unité ecclésiale, l’unité nationale et les problèmes vitaux du pays sont les trois thèmes centraux du projet de message final du Synode sur le Liban présenté jeudi lors de la IXe congrégation générale par Mgr Joseph Mohsen Bechara, archevêque d’Antélias des Maronites .

« Les fidèles se sont retroussés les manches »: refusant les « solutions

toutes faites », le Synode sur le Liban met en route un processus qui doit

être relayé ensuite, ont souligné les membres de la Commission de rédaction

Mgr Bechara, Mgr Zayeck, et le P. Ducruet sj.

Le projet de message insiste sur trois points: l’unité ecclésiale,

l’unité nationale et les problèmes vitaux du pays. Promouvoir l’unité ecclésiale ne veut pas dire changement de structures extérieures, mais renouveau intérieur, spirituel, liturgique, conversion, ressourcement aux valeurs évangéliques.

En termes occidentaux, c’est une véritable « auto-critique »: « Nous sommes

parfaitement conscients, dit le projet, que nos communautés se dégradent

parfois en de simples groupes d’intérêts concurrents ou en clientèles de

privilèges qu’il n’appartient pas à nos Eglises de défendre ». Au lieu de

défendre chacun son clocher, l’heure est donc à l’ouverture à l’universalité: « Ces Eglises, a déclaré le cardinal Silvestrini, dans son adresse au

pape jeudi soir, souhaitent repartir de Rome affermies dans la foi commune

et revivifiées par la charité universelle ». L’heure est aussi à la distinction entre politique et religieux. Enfin, les laïcs font au Synode une expérience nouvelle de collaboration avec leurs évêques, qui s’en trouvent

« un peu bousculés ». Et une nouvelle manière de travailler en Eglise, plus

« professionnelle », s’apprend sur place.

L’unité nationale, suppose elle aussi une évolution des mentalités et du

système communautaire. Elle implique donc un effort de communication pour

faire tomber les cloisons entre communautés et promouvoir l’identité nationale: on a parlé du « droit à la ressemblance ». Ce qui ne veut pas dire la

dissolution de l’identité de ces communautés dont la « convivialité » fait la

richesse de la société libanaise. Ce terme de « convivialité », note le cardinal Silvestrini, est un des leit-motive du Synode.

Les problèmes vitaux de la société demandent une action solidaire pour

défendre et aider le peuple dans l’épreuve. Un des problèmes cruciaux est

celui du logement: les jeunes retardent de plus en plus le mariage, faute

de pouvoir se loger, ou bien ils s’installent à l’étranger. Le P. Ducruet,

recteur émérite de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth et actuellement

directeur de l’hôpital « Hôtel-Dieu » souligne l’urgence de l’avancée dans le

domaine de la santé.

En salle, pas d’objections fondamentales, mais une demande générale:

donner davantage de place aux jeunes, à la famille, et aux médias. La situation locale et internationale -l’occupation- est abordée en termes

clairs. On a voulu, souligne M. Antoine Messarra, éviter les termes « pollués par un usage politicien ». On évite les slogans et les mots à double

sens Une franchise qui a été appréciée en particulier par les représentants

musulmans. « Je ne travaille pas avec l’Islam avec un grand I, disait en

substance un intervenant, refusant une vision globalisante, mais avec LES

musulmans du Liban ». (apic/jmg/mp)

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