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apic/PapeCri.

?Une suite d’articles dans la presse internationale et, lundi 4 decembre,

dans le quotidien «La Repubblica», au sujet de «l’echec» du pontificat de

Jean-Paul II stigmatise par les recents resultats politiques en Pologne et

en Irlande ( respectivement : election d’un ex-communiste a la presidence ;

adoption d’un loi permettant le divorce) ont suscite une forte reaction de

la part du quotidien catholique italien l»Avvenire» du 5 decembre, et de

l’Osservatore Romano du 6 decembre.

?»L’Avvenire», tout d’abord, donne la parole a deux vaticanistes italiens

(journalistes specialises sur le Vatican), «au dessus de tout soupcons»

precise le quotidien catholique, puisque l’un, Domenico Del Rio, en

retraite, vient de quitter la redaction de la Repubblica, et l’autre

Alceste Santini, est le chroniqueur religieux de «l’Unita» le quotidien

communiste italien.

?Del Rio ne considere pas que les evenements recents soient des echecs mais

il observe que «pour comprendre le pontificat il faut le considerer dans

son ensembl afin de (…) percevoir son effort pour faire comprendre a

l’occident qúil n’est pas le meilleur des mondes possibles.»

?Santini, pour sa part, ajoute «qúil ne faut pas oublier les grands actes

de courage de ce pape» dont il etabli la liste, demandant en final, «que

peut-on demander de plus ? Un oui inconditionnel aux injustices de la

societe moderne, tant veneree ? Meme si l’on peut formuler quelques doutes

au sujet de Jean-Paul II, on ne peut pas le taxer d’obsurantisme». Quant a

la Pologne et a l’Irlande, Santini constate : «ce n’est pas une defaite de

Karol Wojtyla mais plutot du comportement des Eglises locales a qui le Pape

avait pourtant demande de revoir leur strategie a l’interieur d’une societe

pluraliste.»

? «L’Avvenire» donne egalement la parole au theologien americain Michael

Novak qui affirme «vous ne savez pas combien de protestants et de personnes

d’autres religions n’ont dit combien ils aimeraient avoir un leader

religieux comme lui, justement en raison de sa capacite a parler a tous, de

facon ferme.» Egalement interroge, le theologien orthodoxe, Olivier

Clement, estime que «le pape, homme de l’Est, ne comprend pas toutes la

realite contemporaine de l’Europe occidentale, plus marquee par Freud et

Nietzsche, que par Marx. Il semble encore rever d’une societe chretienne.

Or, il faut parfois approfondir la modernite, parfois la refuser. Je crois

que le Pape n’a pas encore trouve le bon equilibre entre ces deux

necessites.»

?Quant a l’Osservatore Romano, il reagit sous la plume de l’historien

Giorgio Rumi, qui se demande «comment doit-on mesurer le succes d’un Pape

?» Citant tous les papes de ce siecle dont les paroles n’ont pu empecher

aucune guerre, ou aucune evolution negative, Rumi conclut que «tous les

papes contemporains ont du affronter le mystere de la douleur et du manque

de succes». Il se demande alors : «Etait-ce un raison suffisante pour

renoncer a leur mission ou pour les declarer en situation d’echec ?(…)

Les resistances a leur propos n’ont jamais diminue leur signification et

leur valeur.»

?L’auteur de l’article denonce ensuite «une certaine intolerance» de la

part des «partisans de la dignite du raisonnement qui, dans ce cas,

recourrent aux techniques de la demolition de l’interlocuteur». Ceux qui

«s’auto-legitiment comme progressistes» constatent l’Osservatore Romano

aimeraient voir le Pape «se contenter de l’eternel role de chapelain de

cour comme le voulaient (…) le fascisme et le communisme, ou le

capitalisme sauvage». Il denonce, enfin, «la discrimination et les

insultes» adressess a la personne du pape en vertu de sa «nationalite»,

traitee «vulgairement sur la base de stereotypes obliges et evidemment

negatifs.»

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