Bâle a enfin son nouvel évêque, le théologien lucernois Kurt Koch(051295)
et aux défis de la société contemporaine
Soleure, 5décembre(APIC) Après plus de quinze semaines d’attente qui ont
favorisé toutes sortes de rumeurs et surtout de la mauvaise humeur dans les
dix cantons diocésains, Bâle a enfin son nouvel évêque. Rome a finalement
confirmé l’élection du professeur Kurt Koch, un théologien lucernois de 45
ans, à l’esprit ouvert à l’oecuménisme et aux défis de la société contemporaine. Son nom était depuis quelques semaines sur toutes les lèvres.
Samedi, le pape Jean Paul II a finalement confirmé l’élection, le 21
août dernier par le chapitre cathédral de Bâle, de l’abbé Kurt Koch. Professeur ordinaire de dogmatique et de liturgie, Kurt Koch est depuis le 1er
octobre dernier recteur de la Haute Ecole de Lucerne (Luzerner Hochschule)
et doyen de la Faculté de théologie catholique de Lucerne. Lors de l’élection de Mgr Vogel, le 14 janvier 94, l’abbé Koch était déjà sur la liste
des six candidats retenus par les chanoines du chapitre cathédral.
Qualifié par certains de « ni progressiste ni conservateur » et considéré
par d’autres comme « tout à la fois progressiste et conservateur », l’abbé
Kurt Koch aurait pu devenir sans autres un curé de paroisse, estime l’un de
ses amis, mais ses capacités particulières l’ont conduit tout naturellement
vers la carrière académique. Né en 1950, Kurt Koch a étudié la théologie à
Lucerne et à Munich. De 1977 à 1982, il est assistant scientifique à la
Faculté de théologie de Lucerne, et après son ordination sacerdotale,
vicaire à Berne de 1982 à 1985.
Kurt Koch rentre à Lucerne en 1985 comme chargé de cours pour la dogmatique et la théologie morale à l’Institut catéchétique. Professeur de dogmatique et le liturgie à la Faculté théologique de Lucerne, il devient à la
rentrée universitaire de cette année recteur de la Haute Ecole et doyen de
la Faculté de théologie. Comme c’est rarement le cas pour un théologien,
Kurt Koch a publié de nombreux écrits et livres avant même d’avoir rédigé
sa thèse de doctorat.
Dans ses publications, il traite avant tout de thèmes d’éthique, d’éthique sociale et de dogmatique, sans jamais éviter les questions délicates.
Le professeur Koch, qui se laisse interpeller par les défis de la réalité
contemporaine, se met régulièrement à disposition d’une paroisse pour offrir son aide dans le domaine pastoral.
Le théologien lucernois observe dans le christianisme contemporain la
tentation soit de s’isoler de ce monde soit de s’y adapter. Face à ces deux
tentations contraires, il plaide pour une approche qui ne soit ni l’érection d’un monde chrétien séparé du monde ni une adaptation qui ferait que
le christianisme dans le monde n’aurait rien d’exceptionnel à faire valoir.
Pour Kurt Koch, les tendances « progressistes » et « conservatrices » dans
l’Eglise sont toutes deux des tentations mais recèlent en même temps des
vérités qui ne devraient pas être laissées de côté. La « tentation progressiste » peut entraîner les chrétiens sur un chemin ne comportant plus aucune
obligation; sa vérité réside dans la demande que l’Eglise conduise un dialogue ouvert avec le monde. La « tentation conservatrice » peut conduire au
repli sur soi-même et sur son propre passé, mais sa vérité réside dans le
fait que l’identité du chrétien et du catholique ne doit pas être abandonnée.
Considérant les rapports entre Eglise locale et Eglise universelle, Kurt
Koch souligne à la fois que l’Eglise se réalise pleinement et complètement
dans les Eglises locales, mais que ces dernières ne peuvent pas s’isoler
des autres Eglises locales et de l’Eglise universelle. Comme évêque, Kurt
Koch aura la possibilité de mettre cette réflexion en pratique, autant pour
l’autonomie du diocèse de Bâle que pour un échange vivant du diocsèse avec
les autres Eglises locales, qui forment tous ensemble l’Eglise universelle.
Des prises de position remarquées
Selon des informations publiées par la presse, le nouvel évêque de Bâle
n’aurait pas eu au début l’agrément de la Congrégation romaine pour les
évêques en raison de différentes prises de position. Le 26 novembre dernier, la « Sonntagszeitung » évoquait l’hommage fait par le professeur Kurt
Koch au théologien critique lucernois Hans Küng lors de la remise du Prix
de la culture de la Suisse centrale à Lucerne, en avril 1992.
Kurt Koch l’avait alors qualifié de véritable « père nourricier » de la
théologie chrétienne dans la deuxième moitié de ce siècle. Il avait exprimé
l’espoir que Rome réhabilite le théologien de Tübingen « encore de son vivant ». Le nouvel évêque de Bâle avait également signé en janvier dernier
une lettre de protestation de professeurs de théologie des Facultés de Lucerne et de Fribourg suite à la destitution de Mgr Jacques Gaillot, évêque
d’Evreux.
Biographie
Kurt Koch
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