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Moscou:Violente campagne de presse contre Alexis II (310196)

Les «nationaux-communistes» réclament la tête du patriarche de Moscou

Moscou/Paris, 31janvier(APIC) Les conservateurs en Russie réclament depuis le mois dernier la destitution du patriarche de Moscou Alexis II, chef

de l’Eglise orthodoxe russe. Les deux journaux phares de tendance nationale-communiste – les quotidiens «Pravda» et «Sovetskaïa Rossïïa» -, dans une

violente campagne de presse, s’en sont pris aux propos tenus lors de la récente visite du patriarche en Allemagne, où il a demandé pardon pour les

souffrances causées par l’Union soviétique au peuple allemand.

Les journaux de la mouvance «nationale-communiste» visent également les

prises de position du patriarche Alexis contre le nationalisme, le racisme

et l’antisémitisme et son option en faveur d’un régime libéral et démocratique, révèle dans son édition de février le Service orthodoxe de presse

(SOP) à Paris.

«Auto-crachat et auto-trahison»

Le mois dernier, la «Pravda», organe du parti communiste russe, a publié

un article virulent contre Alexis II, intitulé «Auto-crachat et auto-trahison. Pourquoi le patriarche Alexis II s’est-il excusé devant les Allemands?» Deux gestes symboliques du patriarche servent de prétexte à cette

campagne de presse. Lors d’une réunion de prière oecuménique en la cathédrale évangélique de Berlin, répondant aux demandes de pardon de plusieurs

responsables d’Eglises allemands, catholiques et protestants, adressées aux

peuples de l’ex-empire soviétique victimes de la barbarie nazie, Alexis II

avait lui aussi présenté des excuses officielles. Il avait à son tour demandé pardon pour le régime totalitaire instauré en Allemagne de l’Est par

l’Union soviétique après la chute du nazisme.

Ces excuses à l’égard du peuple allemand ont suscité l’ire des nationalistes russes, et la «Pravda» a qualifié ces propos de «scandaleux», d’insulte à la mémoire des victimes de la guerre et des anciens combattants

ainsi qu’une déformation de la vérité historique. Le journal communiste ne

s’est pas fait faute de rappeler qu’Alexis II est issu d’une vieille famille balte et non russe.

Les milieux conservateurs reprochent également au patriarche sa condamnation de l’antisémitisme, du nationalisme… et du putsch communiste

d’août 1991. On l’accuse encore d’avoir de bonnes relations avec Boris Eltsine et on lui fait grief de son engagement en faveur de l’instauration en

Russie de la démocratie, un système «d’idées étrangères à la Russie et dangereuses, un conglomérat d’indifférentisme et d’ignorance auquel se mêlent

la folie et le vice».

La «Pravda» se réfère dans ses diatribes aux jugements d’un évêque orthodoxe, le métropolite Jean de St-Pétersbourg, figure de proue de l’idéologie nationaliste russe, décédé en novembre dernier. Face à cette campagne

de presse, qui ressort tous les vieux clichés de la propagande soviétique

de l’époque de la persécution du clergé et des fidèles, les douze évêques

composant le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe russe ont tenu à exprimer

publiquement leur soutien au patriarche et à sa déclaration au peuple allemand. (apic/sop/be)

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