apic/Martini/Eco
I.Media – Date : 96 01 31?Sujet : DEBAT MARTINI-ECO 1?cara : 3200 mots :
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?Sans le prevoir, les eveques italiens ont ouvert un debat ethique
extremement dense en Italie, relatifs aux fondements de la morale.
L’annonce de leur volonte de revoir la traduction du « Notre Pere », avec en
particulier le changement de la phrase « ne nous soumet pas a la tentation »
en, « ne nous laisse pas succomber a la tentation », a suscite une reaction,
aussi inattendue que remarquee, de Eugenio Scalfari le directeur du tres
laique, et tres influent quotidien, La Reppublica, le dimanche 21 janvier
dernier.
?En substance, l’editorialiste remarquait que le changement de cette phrase
du « Notre Pere », posait la question de l’origine du bien et du mal autant
que la question des fondements de l’ethique qui sont, ou de source humaine,
ou de source divine. La reponse a cette question est cruciale estimait
l’editorialiste en particulier dans la periode agitee que connaissent
actuellement les societes. Au dela, son intervention a surtout suscite une
reaction en chaine dans la presse, qui a publie une suite de debats aussi
divers qúinegaux, dont le dernier en date met en scene l’archeveque de
Milan, le Cardinal Carlo Maria Martini, et le celebre professeur et
ecrivain Umberto Eco. Il est publie dans le quoditien catholique Avvenire
du 31 janvier.
?L’homme d’Eglise voit dans les defaillances humaines, la preuve de
« l’insuffisance d’une fondation puremement humaniste » de la morale. Certes,
il reconnait l’existence et la validite d’une telle morale, en general
« fondee sur le devoir de proximite et de solidarite », mais il doute de la
solidite de ses principes en « situations limites » ou en cas de
« confrontation avec la mort ». Le Cardinal Martini, a qui le maintien du
dialogue avec le monde laique importe beaucoup, propose une double piste de
travail : prendre modele sur le dialogue ethique entre les diverses
religions a la recherche « de principes admis par tous », et avancer sur « un
terrain commun » avec le monde laique qui serait la notion de « dignite de
l’homme » pour en rechercher les fondements.
?En reponse Umberto Eco commence par confesser sa difficulte a raisonner en
terme purement laique, compte tenu de sa formation religieuse et
catholique. Il raconte a ce propos qúil a encore « fremi » devant « l’horreur
du sacrilege » en voyant des collegues professeurs d’une universite
catholique « non italienne », communier pour la forme, lors d’une messe
officielle, « sans croire a la presence reelle et sans s’etre confesse ».
C’est donc dans le cadre d’une « religiosite laique » qúil repond, en
renvoyant dos a dos, ethique humaine ou ethique chretienne, dont les
defaillances reciproques prouvent justement que « la force d’une ethique
doit se juger au comportement de ses saints et non a celui des faibles ».
Ceci dit, Umberto Eco se refuse a « instituer une opposition seche » entre
croyants et non croyants, car il estime incontournable le « probleme » de la
« vie apres la mort ». Par consequent, quelles que soient les « hypotheses
religieuses », l’ecrivain estime que « l’ethique naturelle » et « l’ethique
fondee sur la foi en la transcendance » doivent « se rencontrer sur les
points fondamentaux ».
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