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Myanmar: le pays s’ouvre largement au tourisme (230196)

Les oeuvres d’entraide appellent à la vigilance

Zurich, 23janvier(APIC) Le groupe de travail « Tourisme et développement »

entend attirer l’attention cette année sur le Myanmar (ex-Birmanie). Il

s’agit non pas de boycotter « l’Année du tourisme » lancée par le régime birman, mais d’ouvrir les yeux des voyageurs sur la situation politique et sociale de ce pays, en particulier les violations des droits de l’homme, a

indiqué lundi le groupe lors d’une conférence de presse à Zurich.

Le groupe de travail rassemble plusieurs organisations dont la communauté de travail contre la prostitution enfantine, l’Association Suisse-Birmanie, Pain pour le prochain, la Société pour les peuples menacés et le groupe Droits de l’homme de la FEPS.

Par l’opération « visitez le Myanmar », le gouvernement militaire du SLORC

souhaite attirer des centaines de milliers de touristes étrangers afin de

donner un nouveau souffle à l’économnie du pays. Pour cela, il n’a pas hésité a recruté des milliers de civils et de prisonniers pour construire,

des infrastructures, en particulier les routes qui doivent conduire sur les

sites touristiques, et cela dans des conditions de travail très pénibles,

dénonce le groupe de travail. Des milliers de familles ont été chassées de

leur maisons pour faire place à des installations de vacances et des commerces.

Nwe Aung, représentant du « National Coalition Gouvernment of the Union

of Burma » (NCGBU) en Europe, estime que par l’ouverture du pays au tourisme, le gouvernement souhaite en fait se procurer les devises nécessaires à

l’achat d’armes. Les 300 dollars de change obligatoire prévu pour chaque

touriste peuvent servir à l’achat de 3’000 cartouches. Le SLORC a acheté en

1993 pour 1,5 milliard de dollars d’armements à la Chine et s’efforce aujourd’hui de négocier avec la Russie, ajoute Nwe Aung.

L’armée qui compte 400’000 soldats combat les minorités ethniques qui,

depuis 50 ans, luttent pour leur autonomie. Les investissements étrangers

dans le tourisme doivent aussi offrir à la junte la légitimation nécessaire

à sa domination.

Pour le journaliste Claude Schauli, le tourisme de masse au Myanmar est

une condamnation à mort des sociétés traditionnelles. L’association SuisseBirmanie qu’il préside a décidé de publier la version française d’un guide

alternatif qui donne une information claire et complète sur la situation

politique et la question des droits de l’homme.

Les organisations appellent le gouvernement suisse à tout faire pour

soutenir la démocratie au Myanmar, en particulier à travers la Commission

des droits de l’homme de l’ONU et la Banque Mondiale. (apic/oe/mp)

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