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Rome: Visite du président français Jacques Chirac à Jean Paul II (210196)

«Resserrer des liens millénaires»

Rome, 21janvier(APIC) Jean Paul II a reçu samedi le président français

Jacques Chirac, en visite d’Etat au Vatican. La responsabilité de la France, pays de tradition chrétienne, dans la défense des droits de l’homme,

particulièrement pour le droit à la vie, mais aussi la promotion de la paix

et de ses exigences dans le monde et dans l’Hexagone, ont été au coeur de

l’entretien privé, de quarante minutes, entre le pape et Jacques Chirac.

Le président de la République française était accompagné de son épouse,

Bernadette Chirac, du ministre des Affaires étrangères, Hervé de Charette

et de l’ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, Jean-Louis Lucet.

Dans un discours qui a suivi l’entretien, le chef de l’Etat français a

expliqué le sens de sa visite: «J’ai souhaité resserrer nos liens millénaires car les efforts du Saint-Siège et de la France, se rejoignent. Voilà

pourquoi la France et le Siège Apostolique, a-t-il ajouté, ont vocation à

travailler ensemble, toujours plus étroitement, pour ancrer la justice, la

sérénité et la paix dans le coeur des hommes».

Lors de l’entretien privé qualifié de «très cordial» par Joaquin Navarro-Valls, directeur de la salle de presse du Vatican, le pape s’est montré

très attentif aux problèmes de la société française et des aspirations des

jeunes. Jean-Paul II a rappelé à son interlocuteur l’importance aux yeux de

l’Eglise, «d’une politique favorable à la famille et à la liberté de choix

de l’école».

Pas d’allusion aux essais nucléaires français dans le Pacifique

Joaquin Navarro Valls a précisé que les essais nucléaires français à Mururoa, objets de vive polémique internationale, n’ont pas été abordés lors

de cet entretien. Devant la place Saint Pierre, fermée pour la circonstance, un groupe d’une trentaine d’écologistes italiens – les «Verdi» – et des

membres de «Greenpeace» ont manifesté par des pancartes leur vive hostilité

à la poursuite de ces essais dans le Pacifique.

L’entretien privé entre les deux hommes, objet essentiel de la visite, a

été suivi par un échange de discours dans la bibliothèque privée du pape. A

cette occasion, Jean-Paul II a rappelé les liens étroits qui unissent le

Saint-Siège à la France, et l’apport français, dans tous les domaines de la

culture, qui suscite, de par le monde, une estime générale». Note moins optimiste. Jean-Paul II a alors abordé immédiatement les problèmes sociaux,

en évoquant le «terrible revers du chômage et les dommageables fractures

dans le tissu social».

Devise de la France proche des valeurs évangéliques

Rappelant que la «devise de la République française est largement inspirée par les valeurs évangéliques», le pape a insisté sur le rôle de l’Etat

et la nécessité d’une réflexion morale constante pour le guider, en particulier en vue du respect des droits, encore trop souvent mis en cause, comme le droit à la vie et le droit à la liberté de religion qui suppose des

conditions satisfaisantes pour l’éducation religieuse. Mais aussi la possibilité pour tous les croyants d’exprimer leurs convictions».

Jean-Paul II a posé la question : «Puis-je dire qu’un pays comme le vôtre a tout spécialement vocation de se montrer fidèle à la haute conception

de la dignité de l’homme dont il a montré au monde l’inestimable valeur?.

En dernier lieu, le pape a abordé les questions internationales, soulignant

la nécessaire et large coopération entre les nations, qui forment une famille. En Europe tout d’abord, elle doit être «plus solidaire», mais aussi

en Afrique ou le pape a encouragé la France à une coopération positive et

désintéressée, sans oublier le rôle de stabilité joué par la France en Méditerranée et au Proche-Orient».

Le Pape a conclu son propos en situant la place de l’Eglise catholique

en France. Elle «ne revendique aucun pouvoir temporel». Quant aux catholiques, ils «se situent avec humilité, mais aussi avec l’assurance de la foi,

en partenaires du dialogue national». Jean Paul II a parlé alors de «collaboration loyale» entre l’Eglise et le gouvernerment sur deux terrains particuliers : stimuler une pratique sociale favorable à la famille et, par le

réseau des écoles catholiques, donner aux jeunes une formation épanouissante et fidèle au patrimoine spirituel et culturel qui a modelé le visage de

la France».

En réponse, le président de la République, a commencé par inscrire cette

visite dans le sillage de son maître en politique, le général de Gaulle :

«Il s’agit de la première visite d’Etat au Saint-Siège d’un président de la

République française depuis la visite rendue, en 1959, par le général de

Gaulle». En accomplissant cette visite, le nouveau président, a voulu ressérer les liens mais aussi témoigner de la fidélité de la France à son héritage chrétien et manifester mon respectueux attachement à Votre personne».

«Fille aînée de l’Eglise»

Evoquant le fait que la France est souvent citée, au cours des siècles,

«comme la fille aînée de l’Eglise», le président Chirac, a souligné que ce

patrimoine est d’abord l’illustration d’une ferveur religieuse. Insistant à

nouveau sur les liens avec le Saint-Siège, Jacques Chirac a observé : «Ils

attestent la pérennité d’un appel, la réponse à une promesse, une convergence de pensée».

Commencée le matin par la visite de l’église «Saint Louis des Français»,

la visite du président Jacques Chirac s’est conclue, l’après-midi, par une

visite a la basilique Saint-Jean du Latran, où il a pris sa place de «premier et unique chanoine d’honneur», conformément a une tradition remontant

à Henri IV en 1604.

Une occasion, pour le président français qui était, cette fois, accueilli par le vicaire du pape, le cardinal Camillo Ruini, d’évoquer les relations entre l’Eglise et l’Etat qu’il veut fécondes : «L’indispensable dialogue, pour difficile et douloureux qu’il ait pu être dans l’histoire, ne

s’est jamais vraiment rompu. A l’épreuve de notre République laïque, passée

la méfiance et les craintes, les catholiques de France savent désormais

pouvoir vivre en citoyens sans rien renier de leur foi. Mieux, ils ont la

conviction d’apporter leur pleine et généreuse contribution à la communauté

nationale. Ils s’y emploient, je le sais, avec passion et loyauté». (apicjmg/ba)

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