Abbé Yves Prongué, Boncourt
aucoup, à part quelques personnes rassemblées au sein d’Associations de défense du patoi, il n’est plus parlé. Il est en revanche parlé Ajoie, en
Haute-Ajoie, notamment, et dans la rélgilon de Coeuve, Damphreux, Lugnez,
Bonfol.. etc… Qui le parle. Des personnes âgées, bien entendu ceux de ma
génération, dans la cinquantaine, le comprennent encore mais ne le parle
plus. Le atoi est encore compris de la génération adulte, mais n’est plus
parlé aujourd’hui, sinon dans les milieux agricoles. Même là, de moins en
moins… Réduit à la Haute Ajoie, Chevenez, Bure, Fahys, Grand-fontaine….
Le pat revient à l’honneur par l’associationdes patoisans qui se bat, travaille. la défense du patoi est inscrite dans la Constitution jurassienne.
Le canton se donne les mopyens pour sauvegarder la langue de nos ancêtre
qui est le patoi. Des cours à obssion sont donnés à l’école. Des travaux
sont en cours pour la formation de l’apprentissange du patoi, et catholique
c’est le gouvenrment qui a cela en charge. Département de l’Instzruction
publi. Ces cours ont lieu, ils rassemblent relativement peu d’enfants, mais
ce qui donne au patoi une certaine actualité, c’est l’amicale, des paroisan
qui, chaque anée, dans chaque district, met sur pied un théâtre en patoi.
Gros succès, jusqu’à dix représentations seulement pour l’Ajoie. Chaque
fois bondé de monde.
Et…. la messe en patoi… qui est célébrée à tour de role dans chaque
district. Et même, nous débordons l’Ajoie, en France voisine.. sur le territoire de Belfort, la frontière avec l’Alasace.. Voir articles. Donc, notre patoi ajoulot qui n’est pas le même que celui de la vallée de Delémont
et des Franches-Montagnes.. le Paroi ajoulot est trèas proche de celui de
la France-Conté. J’ai connu, encore, moi qui suis de la région, de Buix,
j’ai connu une période ou dans mon village tous le monde palrait patoi. Ces
personnes ne sont plus maintenant.. cela se perd. Le patoi est compris encore, mais il n’est plu parlé.
Vous l’avez appris comment? En grandisssant. J’ai apris le patoi en même
temps que le français. Je aprle très bien le parttoi, mais je n’ai plus
guère l’occasion de le parler, sinon avec des personnes âgées… avec des
gens de la campagnes, des paysans. Le patoi n’est pas une langue qui s’apprend, on grandit avec…. on vit dans un milieu ou l’on parle le patoi et
on l’apprend de cette amnière là. Je ne crois pas que ce soit une langue
qu’on apprenne.
Comment on célèbre une messe en patois? On sort des habitudes… Le patois, faut-il le dire, n’a jamais été utilisés dans la liturgie. La messe
en patois? Quelque chose de relativement récent. C’est à l’occasion des fête, des rassemblements, de patoisans qu’on s’est dit pourquoi on ne célèbrera pas maintenant une messe, maintenant qu’on peut la célébrer maintenant dans la langue du peuple, et non plus en latin, comme avant Vat II.
Cette idée est relativement récente, puis les premières messes en patois
ont commencé tout de suite apèrs Vat II. C’est là qu’on a commencé à ce poser la question. Mais il n’y a pas de traditions. Rien. Nos ancêtres n’ont
aps prier en patois. Ils ont parlé religions en patois, certainement, mais
le patois n’a jamais été présent dans la liturgie. Du moins n’en a-t-on aucune trace…
Une autre forme d’inculturation… l’inculturation à la jurassienne…
Oui, c’en est une. Seulement d’une culture qui n’existe pratiquement plus.
Puisque la culture patoise, la mentalité patoise n’existe plus.
Les premières messes en patois? La dernière célébrée à Porrentruy par
l’abbé Nicoulin de Porrentruy… moi j’en ai célébrée une à Boncourt/Buiz
l’an dernier. Cela rassemble énormément de monde…. dans certains paroisses, on a rassemblé tellement de monde qu’il a fallut aller dans des halles
polyvalentes…… L’Eglise étant trop petite. Ici, on est 500 personnes…
il y avait pour le moins 700 personnes à la messe. Y viennent-ils pour assister à la messe ou pour écouter du patois? Les patoisans animent… avec
leur choral des amicale sde patoisans… Il suffit d’annoncer une messe en
patois… et cp’est comble.
Même les homélies je les fait en patois. Tout est en patois, du début à
la fin, il n’y a pas un mot de français. Même la prière eucharistique…ça c’est récent, auparavant on célébrait, il y avait le prêche, la prédication en patois.. éventuellement les lectures et un mot d’accueil. Et depuis
quelques années, je crois que je suis le premier avec le doyen oeuvray ou
nous avons décidé … pourquoi on ne ferait pas toute la messe. Pourquoi
pas. Et on a traduit tous les textes, prières eucharistques… tout, absolument tout est en patois.
(rubrique locale en patois, émissions radio locales chanque semaine en
patois) Chaque semaine. Il y a une volonté de ne pas tuer cette partie de
notre culture, de notre patrimoine. La société d’Emulation a publié plusieurs ouvrages, dont l’un récent, un livre en patois.. il y a ausi des documents sonores, fait par l’orffice du aptrimoine historique et l’office des
affaires culturelles du canton du jura. On essaie de sauvegarder la mémoire, cette mémoire.
Vous avez traduit les lectures… les chants sont en patois…. «Est-ce
que l’espris de l’homélie, du sermon, change? Selon qu’il est fait en français ou en patois… La langue qu’on parle n’apporte pas quelque chose de
différent au niveau de l’émotion, du sentiment. Oui. Le patois est quand
même (était) parlé essentiellement par els paysans d’ici… une langue très
pauvres au point de vue vocabulaire et le patois… c’est pas simplement
une langue… c’est aussi une manière de penser, une manière de vivre , qui
traduit en fait tout cela…. une manière de vivre qui n’existe plu aujourd’hui. Et c’est vrai que c’est très savoureux que d’écouter un patois,
d’en parler. Et que quand on doit parler dans une église, dans un sermon,
dire des choses qui n’ont aps été prévues…. on sort. C’est pas du tout un
e homélie traditionnelle. On sort nettement . Les gens éclate volontier de
rire…. les gens rient à l’église… parce que vous employés des mots qui
font rire naturllement… une faute.. on fit un erpiodon… ErErpiolon…
ce qui veut dire un reculons… une marche arrière en français… c’est
rentrer au pas ou faire un faute, faire une marche arrière… Un ertiolon.
Quand vous dites ça dans le langage.. quelqu’un qui a fait des ertiolons…
(qui a fait des bêtises), quand on se prépare à l’Eucharistie et puis qu’on
reconaît nos ertiolons… Tout le monde rit. Logique. Une ambiance fabuleuse, sympatuique chaleureuse. C’est aps très recueilli par rapport à la messe traditionnelle qu’on connaît.
C’est quand même une messe dans tous les sens du terme… Oui, toutàfait…. avec tout le sérieux… tout a été traduit en patois… le choeur… tout.. celle de l’année dernière, à Boncourt, pas un mot de français.
Combien dans le Jura à pouvoir célébrer en patois.. Oeuvray, Le prèe Rebetez de Alle, Nicoulin et moi… Tous ajoulots… pas un hasard… Bien
sur parceuq’en ajoie a l’a aprlé beaucoup plus longtemps que dans la vallée
des Delémont et dans les Franches…. Mais c’était un patois différent. On
est à la frontière entre la langue doc et la langue doeil. et nous on est
plutôt langue doeil… Les Frances langue doc.. et le patois n’est pas le
même, il est très proche, on se comprend.. mais c’est un patois très différent de celui ajoulot.
Et l’évêque? On a jamais demandé d’autorisation .. On y est allé directemenent… Pas d’autorisation à demander pour célébrer une messe en patois… Y a des prêtres qui étaient réticents… Certains voyaient d’un bonoeil, lew sermon, pui l’accueil en patois… mais alors complètement opposé à ce qu’on traduise les textes essentiels de la messe en patois… Puisr
lui cela devait se résumer en un mot d’introduction, la prédication. Le reste, la liturgie officielle de l’Eglise. Nous on en est sortis… Mais dans
nos traductions, bien que le patois soit pauvre en vocabulaire, on a essayé
de respecter quand même l’essence, même si aprfois on a tiraillé un peu les
textes pour essayer de rejoindre. C’est comme traduire els évangiles, les
épitres, c’est très difficle…. On essaie de garder le sens, même si on a
trafiquer un peu le texte.
Aujourd’hui encore des réticences parmi le clergé? Non. Privilégier dans
le Jura sur l’ouverture… Pourrait-on se permettre cela ailleurs… Non,
je ne pense pas…. l’Eglise au Jura est connue très ouverte, très libre..
on a un statut un peu particulier aussi vu noptre minorité francophone au
sein d’un immense diocèse… une enclave… l’Eglise au Jura est pas mal
ouverte et très libre… beaucoup plus qu’elle ne l’est ailleurs en général. Nos confrères d’ailleurs souvent nous envie du reste. Parce que c’est
vrai…. même au point de vue organisation pastorale, on est en avance.
Sans vouloir se vanter, il y a longtemps il y a longtemps qu’on a mis des
équipes en place….
Contradiction… à la fois le Jurassienne est proche de la terre attaché
aux traditions, conservateurs,, à s aculture et ce que cela représente. Par
définition traditionnaliste, conservateur.. Et pouretant, il est plus ouvert que les autres… C’est le plus ouvert… Oui. c’est vrai, cela se
voit aussi politiquement… les noirs et les rouges..
Est-ce qu’on prépare spécialement cette messe? OUi, oh oui… on écrit
tout… faut repenser les textes un peu dans l’esprit.. le patois n’a rien
à voir avec le françaius… on ne peut pas traduire comme de l’allemand..
il faut tacher de garder l’esprit. Faut pas se gourrer… Il faut repsenr
le teexte et essayert de retraduire avec les mots patois qui sont quand même un vocabulair restreint. Alors il faut tacher d’utiliser ces mots… même si on eput toujours en inventer. mais alors on n’est plus dans le patois. Et c’eyt un peu le tort du patois aujourd’hui… les amicales de patoisans… on se remet à parler patois, ce qui est bien, le malheur, on dit
n’import quoi. On a plus une mentalité de patoisan. On traduit notre français en patois et quand on a pas les mots, on les arrange. mais ça c’est
plus le patois. Francisation du patois… mauvais… alors que le patois
traduit une manière de vie de penser…….
Difficulté à traduire l’esprit de certains textes? Oui, impossible….
Une commission liturgique n’admettrait jamais notre traduction. Si on faisait chaque mois une messe on ne permettreait sans doute jamiais. De temps
à autre, c’est l’exception, c’est admis. Nos traductions ne passeraient jamais…
A quel moment de la liturgie, les plus grandes difficultés… ? Pendant
la prière de l’Eucharistie et dans les textes officiels qui sont des
terxtes très denses, très difficiles même, même à écouter en français….
c’est comme les oraison, les prières d’introduction à la messe, prière sur
els offrandes.. ce sont des txters très dense… alors on arrange cela .
Tout cela. C’est-à-dire qu’on fait une prière en essayant de reprendre un
peu les éléments qui figurent dans la prière…
Ca donne quoi le confideor, le je me confesse…. Là on a évité de le
dire, on chantait le seigneur prend pitié " Prend.– pitié de no»… Le confiteor pas mais notre Père, je là sur papier… j’ai,la cassette de l’enregidsteemnet de la messe. Une incuklturation bien avant l’heure? Toutà-fait.
On en a fait sans le savoir… on a répondu à une attente, à une demande de
gens qui voudrait sauvegarder le patois . D’ailleurs beaucoup d’abés dans
le Jura ont écrti en patois… écrivains du patois…
L’abbé prongué passe pour celui qui passe un patois pu… coulant… il
est de Buix.
Les pvieilles personnes, qui ont grandi avec cette langue, lorsqu’elle
vienne à la messe… est-ce qu’erlle prient mieux…. Non. Parce que cela
n’a pas été leur manière de prier. Ca a été leur manière de aprler… culturellement, ceu fut le manière de penser, alors ils retrouvent… ils se
retrouvent dans une liturgie en patois… donc ils s’y retrouvent catholique c’est calir.. peut-être que il y a un mieux… Mon père, lorsqu’il devait parler français – il parlait opourtant bien français, come tout el
monde, il était souvent mal à l’aise. Il disait: je pense patois… et
s’exprimait mal en français. Ma Mère, quant elle s’est amriée, ne parléait
pas un mot de patois.. elle l’a appris très rapidement…. Je n’ai jamais
entendu mes parents parler entre eux autrement qu’en patois. j’ai grandi
dans ce milieu, dans cette langue….
Une expression culturelle, le patois, une philosophie, une manière de
vie, une identité… très simple, très terrienne. Il y a beaucoup de bons
sens dans le patois… Avec unn mot vous exprimer un état d’âme un sentiment… avec un seul mot… Artche.. «dépêche-toi un peu… avance». tout
cela à la fois. Y compris ne perd pas ton temps… etche.
Anecdotes….. au cours d’une célébrations… en tout cas je n’ai pas
souvenir de mots que j’aurais dit faut et ou mal prononcé et qui, orettant
à confusion, aurait pu faire rire. Le patois pourrait se prêter à un genrre
d’interpellation durant le sermon…
Durant la messe, tout se déroule comme pendant une autre messe, avec des
lecteurs qui récitent en patois.. enfin, tout. y compris la quête annoncée
Les apéros qui suivent, c’est pas triste. Une nouvelle communion avec
les 700 à 800 personnes. Tout en patois.
Bien sîur, avec les quatre prêtres, ont coordonnent un peu pour savoir
qui dira quoi et où.. L’abbé oeuvray fait plutôt Deélémont… au FranchesMontagne aussi. Et En Ajoie, surtout Nicoulin et moi, dernièrement.
7 ou 8 ans en arrière, les premières messes que j’ai célébré… on était
à deux, on se partageait le travail. Un présidait et l’autre assurait la
prédication. Là on s’entendait un peu pour préparer notre liturgie. mais
les dernières messes, on est seul.
J’ai une tante qui a 94 ans… elle pense encore patois…. les premières fois, je lui lisais le texte de l’évangile. Après, je lui disait maintenant, tu me le racontes en patois. C’est un peu comme ça que j’ai démarré. Alors elle, elle me racontait ce qu’elle avait compris, de cet évangile, et elle le relisait alors, mais en patois. Alors ça c’était du vrai, de
l’authentique.. elle pensait patois.. donc le rtrasposait, ce que le lui
lisait, en patois.. et moi je l’écrivais…
Et tout cela j’ai conservé. Et c’est toujours sur cette base que je travaille. Moi maintant, si je doit traduire un texte, je lis le texte.. je le
met de côté… et après je le ratraduit un peu dans la pensée patoise…
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