Guatemala: Pour les chrétiens du Guatemala, le nouveau président

représente « le

moindre de deux maux »

Guatemala, le 12 janvier (ENIçPaul Jeffrey) – Le 14 janvier aura lieu

l’investiture officielle d’Alvaro Arzu en tant que président du pays. Les

responsables d’Eglise guatémaltèques manifestent un optimisme prudent et

espèrent que son élection ouvrira un plus grand espace politique au sein

duquel la majorité pauvre du Guatemala pourra s’organiser en vue d’une

réforme.

C’est en effet le conservateur Alvaru Arzu, catholique romain, technocrate,

représentant du Parti national du progrès (PAN), qui a obtenu 51.2 % des

suffrages, contre Alfonso Portillo, candidat du Front républicain

guatémaltèque (FRG).

Ce dernier, qui a obtenu 48.8 % des suffrages, se présentait à la place de

l’ancien général et prédicateur évangélique Efrain Rios Montt, dont la

candidature avait été rejetée par les instances électorales en raison de sa

participation au coup militaire de 1982, qui l’avait porté à la tête du

pays pendant 18 mois. Durant la dernière semaine de la campagne électorale,

Alfonso Portillo a révélé qúil nommerait l’ancien dictateur à la tête d’un

nouveau comité de sécurité qui aurait plus de pouvoirs que le ministre de

la Défense, s’il remportait les élections présidentielles.

De nombreux citoyens estimaient que le choix de l’un ou l’autre candidat

n’allait pas apporter de grandes différences. Seuls 36.8 % des électeurs

enregistrés sont allés aux urnes. Pour Rigoberta Menchu, qui a été lauréate

du Prix Nobel de la paix, le taux élevé d’abstentions s’explique par « la

méfiance généralisée à l’égard du système électoral parmi la population

rurale et autochtone », et aussi par les conditions misérables de celle-ci.

De nombreux électeurs auraient d# en effet marcher pendant des heures ou

dépenser le salaire d’un journée de travail en frais de transport pour

aller voter.

Aux yeux de Vitalino Similux, responsable du Conseil des Eglises

évangéliques du Guatemala, aucune candidature « n’offrait de réelles

perspectives de changements ».

« Je suis d’accord, a-t-il dit au correspondant d’ENI, avec ce paysan qui

m’a dit que les électeurs avaient à choisir entre un candidat qui nous

tuerait avec des armes et la guerre, et un autre qui nous tuerait par la

pauvreté. En fin de compte, nous allons mourir avec l’un comme avec

l’autre. »

Il a fait remarquer que le PAN n’offrait aucun changement majeur pour les

pauvres puisqúil représentait « ceux qui ont toujours gouverné le pays,

l’armée et les riches ».

Or, pour de nombreux chrétiens, Alvaro Arzu représente « le moindre de deux

maux ».

La Conférence épiscopale du Guatemala a publié le 24 décembre une lettre

pastorale qui suggère de ne pas voter pour le FRG, car Rios Montt est

responsable de massacres et autres violations des droits de la personne.

Antonio Otzoy, responsable de l’Association des communautés mayas, a

précisé que de nombreux électeurs autochtones avaient voté pour Alvaro

Arzu, « non parce qúils approuvaient la politique économique du PAN, mais

parce que celui-ci leur causerait moins de tracas » que le FRG. (503 mots)

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