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Rencontre à Rome des délégations du Vatican et de l’Eglise orthodoxe russe
Le Vatican confirme: pas de prosélytisme catholique en Russie (150196)
Le pape ne rencontrera pas Alexis II en Hongrie
Rome, 15janvier(APIC) Des représentants du Saint-Siège et de l’Eglise orthodoxe russe se sont retrouvés vendredi et samedi à Rome, dans le cadre de
la concertation voulue entre les deux Eglises. Ce qui n’empêche nullement
les tensions entre les deux Eglises. Le Saint-Siège confirme qu’il exclut
tout prosélytisme en Russie, et annonce qu’il n’y aura pas de rencontre entre le pape et Alexis II en Hongrie. La salle de presse n’excluant pas
qu’elle se fasse, à une date et un lieu non déterminés.
Des délégations du Saint-Siège et du Patriarcat de Moscou se sont rencontrées à Rome les 12 et 13 janvier dans le cadre de leurs rencontres régulières. L’occasion de confirmer les orientations proposées par le SaintSiège en 1992 excluant tout prosélytisme. Un rappel qui vise à rassurer les
orthodoxes. Récemment encore, une quarantaine de prêtres de Moscou ont interpellé le patriarche Alexis II sur les activités «crypto-catholiques» de
certains de leurs confrères.
Cette concertation, qui se répète deux fois par an, a été l’occasion
d’examiner les questions relatives à la présence de l’Eglise catholique
dans les territoires traditionnellement de la juridiction du Patriarcat.
Dans le communiqué final, publié par le Saint-Siège, les deux délégations
«rappellent avec satisfaction» que, «dans les déclarations et documents de
l’Eglise catholique romaine, ainsi que dans les documents acceptés par les
deux Eglises, on parle d’exclure toute action de prosélytisme». Mais elles
relèvent aussi que «la pratique ne reflète pas toujours ces orientations,
provoquant ainsi des tensions entre les deux communautés».
Le communiqué rappelle que des orientations ont été proposées lors de la
rencontre de 1992 pour surmonter de telles difficultés, orientations que
reflète le document de la Commission pontificale «Pro Russia» du 1er juin
1992. Il note toutefois que l’application de ces orientations «ne fonctionne pas toujours bien dans les faits». Les deux délégations s’accordent dès
lors pour «reconnaître la nécessité et l’urgence d’intensifier les efforts
pour leur mise en oeuvre».
Les deux délégations estiment qu’il importe particulièrement que le document de Balamand (ndlr: lieu d’une précédente concertation) et ses suggestions soient plus connus, mieux reçus et mis en pratique. Comme le rappelle le communiqué final, ce document «donne les raisons pour lesquelles
l’action pastorale ne doit pas tendre à faire passer les fidèles d’une
Eglise à l’autre»; il insiste également «sur le respect de l’appartenance
ecclésiale des fidèles et des traditions spirituelles qu’ils ont héritées
de l’histoire».
Les délégations étaient présidées, d’une part par le métropolite Kirill
de Smolensk et Kaliningrad, président du département des Relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, d’autre part par le cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion
de l’Unité des chrétiens.
Crypto-catholiques
Le «prosélytisme catholique» continue d’être régulièrement dénoncé en
Russie. Dans une lettre ouverte adressée en décembre au chef de l’Eglise
orthodoxe russe, une cinquantaine de clercs, dont 40 prêtres, dénonçaient
encore «l’enseignement et les agissements de plusieurs prêtres et laïcs de
la capitale», des «crypto-catholiques» qui «menacent l’existence même de
l’Eglise orthodoxe en Russie». «La collaboration de certains clercs et
laïcs de notre Eglise avec les structures catholiques qui font acte de prosélytisme sur le territoire de la Russie nous inquiète profondément», ajoutaient les auteurs de la pétition.
Ces derniers visaient notamment la coopération oecuménique entre la «Radio Sofia» du Patriarcat de Moscou, qui émet des programmes de catéchèse
orthodoxe conjointement avec la radio catholique de langue russe «Blagovest», programme porté par l’oeuvre catholique internationale «Aide à
l’Eglise en détresse» et le «Catholic Radio et Television Network» (CRTN) à
Bruxelles. S’adressant le 21 décembre à l’assemblée du clergé de Moscou, le
patriarche Alexis II a dénoncé de son côté la poursuite de l’»expansion
catholique» sur le «territoire canonique» de l’Eglise orthodoxe russe, citant comme exemples l’association caritative catholique «La Maison de Marie», qui a récemment ouvert une filiale à Iaroslav, et l’action de 106
prêtres missionnaires polonais installés en Biélorussie.
Jean-Paul II ne rencontrera pas Alexis II en Hongrie
Par ailleurs, le directeur de la salle de presse du Vatican a annoncé
lundi qu’une rencontre entre Jean-Paul II et le Patriarche Alexis II à
l’abbaye catholique de rite oriental de Pannonhalma, en Hongrie, n’aura pas
lieu, ce qui n’exclut pas une rencontre dans d’autres circonstances, dans
un autre lieu et à une autre date qui restent à fixer. La salle de presse a
confirmé par la même occasion que Jean-Paul II se rendra bien en juin en
Hongrie.
Rappelons que cette «rencontre historique» de réconciliation a été préparée par l’évêque Asztrik Vareszegi, Abbé de l’abbaye de Pannonhalma, la
plus ancienne de Hongrie, qui célèbre son millénaire cette année, et que
son organisation a fait l’objet de plusieurs entretiens et démarches à Rome
et à Moscou. L’évêque Vareszegi s’est notamment rendu dans la capitale russe en compagnie du Père Werenfried van Straaten, le fondateur de l’»Aide à
l’Eglise en Détresse», qui a lancé en 1994 un projet d’aide financière
destiné à l’ensemble du clergé orthodoxe russe. (apic/cip/bol/eni/pr)
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