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Rome: un synode n’est pas un parlement, dit le cardinal Ratzinger(110196)

Dans l’Eglise, la majorité embrasse tous les temps

Rome, 11janvier(APIC) «Un synode ne peut fonctionner sur le modèle d’un

parlement, a rappelé le cardinal Ratzinger devant le Synode de l’Eglise

Orientale syro-malabare (Inde), qui se déroule du 8 au 18 janvier à Rome.

«Une majorité qui irait contre la foi de l’Eglise de tous les temps ne serait pas une majorité: la véritable majorité dans l’Eglise est diachronique, elle embrasse tous les temps», a souligné le préfet de la Congrégation

pour la doctrine de la foi.

La pratique des synodes d’évêques a progressivement diminué dans l’Eglise occidentale parce que les décisions administratives ont de plus en plus

été prises par le Siège Apostolique, a reconnu le cardinal Ratzinger. Cette

évolution, a contribué à un obscurcissement du principe de la collégialité

épiscopale, heureusement redécouvert par le renouveau théologique de ce

siècle et devenu l’un des fruits du Concile Vatican II, remarque le cardinal.

Dans les Eglises d’Orient, au contraire, en particulier dans l’Eglise

syro-malabare, la pratique des synodes a été davantage maintenue et est même devenue un instrument à part entière du gouvernement, sans équivalent

dans l’Eglise latine.

Comme un seul homme

Le mot «synode», tiré du grec, signifie «marcher du même pas sur le même

chemin». «Cette forme de gouvernement collégial de l’Eglise requiert, a

rappelé Mgr Ratzinger, une communion spécialement profonde et authentique

des évêques.

Commentant le passage de Luc décrivant la Pentecôte, le cardinal a noté

que «l’arrivée de l’Esprit-Saint n’assigne pas à chaque disciple un nouveau

langage. (…) Au contraire, le mystère d’unité est tel que tous les disciples parlent ensemble et, en même temps, ils parlent comme un seul homme,

le même discours étant compris dans toutes les langues du monde». Pour le

cardinal Ratzinger, «il n’y a pas de meilleur exemple de l’unité profonde

dans la diversité qui caractérise l’Eglise catholique, unité de l’Eglise

qui n’est jamais uniformité, mais pluralité d’expressions d’une Vérité inchangeable et inchangée».

Successeurs des apôtres

Pour le cardinal Ratzinger cette unité «venue d’en haut» s’oriente en

particulier autour de «la doctrine»: «Il n’y a pas de vraie communion, au

sens plénier, sans une acceptation commune de l’entière vérité où

l’Esprit-Saint guide les disciples.»

«Aujourd’hui, a poursuivi le préfet de la Congrégation pour la doctrine

de la foi, le rôle de l’évêque n’est pas exactement similaire à celui des

apôtres. Seul l’évêque de Rome est le successeur d’un apôtre particulier,

saint Pierre, et ainsi responsable de toute l’Eglise. Tous les autres évêques sont les successeurs des apôtres, mais pas d’un apôtre en particulier.» La véritable nature de successeur des apôtres est lié à leur participation au «nous» de la communion. Cet aspect collégial ou synodal est essentiel dans la charge de l’évêque, et c’est une conséquence nécessaire de

sa dimension apostolique et catholique. Une telle unité ne peut pas exister

comme une théorie, elle doit être vécue et incarnée par les membres de

l’épiscopat, a expliqué le cardinal.

Dans l’histoire, c’est souvent la géographie, l’appartenance à une région ou à une primauté particulière, qui a déterminé les contours de la

collégialité: «En un certain sens, on pourrait la comparer aux conférences

épiscopales actuelles».

Messager de Jésus-Christ

«Un Synode ne peut pas fonctionner sur le modèle d’un parlement dans lequel chaque membre exprime son opinion personnelle et où les décisions sont

prises par simple majorité, précise Mgr Ratzinger. «Le Synode ne peut oublier que, dans l’Eglise, aucune génération de croyants n’est isolée. Dans

le Corps du Christ, les limitations imposées par la mort n’ont pas de sens.

(…) Ainsi, un évêque ne représente jamais lui-même, il n’exprime pas ses

pensées personnelles. Il est l’un de ceux qui sont envoyés et, comme tel,

il est le messager de Jésus-Christ.»

«Une majorité qui irait contre la foi de l’Eglise de tous les temps ne

serait pas une majorité: la véritable majorité dans l’Eglise est diachronique, elle embrasse tous les temps, et même si un individu seulement adhère

à cette majorité, celui-ci demeure dans le «nous» apostolique. La foi élimine l’auto-absolutisation à chaque moment de l’histoire. En s’ouvrant à la

foi de tous les temps, on se libère des dernières formes de ferveur idéologique.»

Pour l’Eglise, «la communion se fonde concrètement et devient effective

par l’enseignement épiscopal commun et par la célébration de l’Eucharistie.» Celle-ci «n’est jamais un événement privé», insiste le cardinal. Le

but de la communion eucharistique est «une refonte totale de la vie de la

personne, la création d’un nouveau «nous»«. Ainsi, «chaque célébration de

l’Eucharistie se déroule en union non seulement avec son propre évêque,

mais aussi avec le pape, avec l’ordre épiscopal, avec tout le clergé et

avec le peuple dans son entier. La conséquence de cette vérité est que la

célébration de l’Eucharistie ne doit jamais être une source de division, ce

serait en contradiction avec sa véritable nature.» (apic/jmg/mp)

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