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Brésil: Une secte particulièrment controversée
étend ses tentacules en Europe, et jusqu’au Portugal et en Espagne (140196)
Le chef, pseudo évêque, est pourtant poursuivi pour escroquerie et drogue
Brasilia, 14janvier(APIC) «L’Eglise universelle du règne de Dieu» (IURD),
une secte qui compte trois millions d’adeptes au Brésil, étend ses tentacules et ses activités en Europe, en particulier au Portugal et en Espagne.
Son chef, un pseudo évêque au goût prononcé pour le luxe, fait pourtant
l’objet d’une enquête pour fraude fiscale, escroquerie et liens avec le
trafic de drogue. Rien de moins. Aucun motif de suspicion, déclare pourtant
le ministère de l’Intérieur espagnol…
«L’Eglise universelle du règne de Dieu» est en effet devenue, au Portugal – comme au Brésil – le mouvement religieux dont la croissance est la
plus rapide. Elle y a même fondé un parti politique et mis en place des
stations de radio et de télévision. Selon l’agence oecuménique ENI, cette
«Eglise» a été également enregistrée en Espagne.
«L’évêque» Edir Macedo, qui est à la tête de cette secte, fait l’objet
d’une enquête au Brésil depuis décembre dernier, après la diffusion d’une
bande vidéo par la chaîne de télévision O Globo, qui montrait, rapporte le
journal «Le Monde», «’l’évêque’ Macedo hilare, comptant une masse de billets à même le sol après une quête particulièrement fructueuse, et expliquant à ses principaux lieutenants comment obtenir le plus d’argent possible des fidèles: ’Il ne faut pas être mou. Il faut dire aux gens. Si vous
donnez, amen! sinon, allez-vous faire foutre!’»
La bande vidéo dévoile aussi le goût de pseudo évêque et de ses
lieutenants pour les hôtels de luxe, les voyages coûteux et les soirées sur
la plage de Copacabana à Rio.
Le 6 janvier, des milliers de fidèles ont manifesté dans tout le Brésil
en faveur de «l’évêque» Macedo, dont l’»Eglise», qui a gagné trois millions
d’adhérents depuis sa fondation en 1977, possède 2’100 temples dans le
pays.
Un empire
Macedo s’est bâti un empire dans le domaine des médias – aujourd’hui le
troisième dans le pays – en achetant la chaîne de télévision Record, concurrente de la très populaire chaîne O GLobo, la plus grande du Brésil.
La secte serait présente dans 47 autres pays. Au Portugal, où elle a
commencé ses activités il y a cinq ans, elle s’est développée à un rythme
extrêmement rapide, même si les autorités crient à l’exagération lorsque
les chefs de l’Eglise déclarent compter 200’000 fidèles.
Toujours au Portugal, selon ENI, cette «Eglise» diffuse quotidiennement
deux programmes télévisés, possède six stations de radio, et publie un mensuel qui tire à 100’000 exemplaires. La secte a aussi fondé le Parti du
peuple, qui a présenté des candidats dans huit circonscriptions électorales
lors des dernières élections régionales.
Aucun motif de suspicion…
En Espagne, la secte a été récemment enregistrée, sous le nom de «Communauté chrétienne du Saint-Esprit». Selon le Ministère des affaires intérieures et de la justice, il n’existerait aucun motif de suspicion concernant les activités de cette communauté.
La bande vidéo sur Macedo et les autres responsables de la secte a été
remise à la chaîne O Globo par Carlos Magno, pasteur dissident de l’Eglise
universelle, écrit pour sa part l’Agence de nouvelles d’Amérique latine et
des Caraïbes. Celui-ci a révélé que cette secte aurait reçu un million de
dollars du cartel colombien de la drogue de Cali, pour le rachat de la
chaîne de télévision Record.
«L’Eglise universelle» est aussi en conflit avec l’Eglise catholique au
Brésil. L’an dernier, un «évêque» de «l’Eglise universelle», Sergio von
Helder, avait déclenché une controverse nationale lorsqu’il a insulté, durant une émission diffusée sur la chaîne Record, une statue de plâtre de
Notre-Dame-de-l’Apparition, sainte patronne du Brésil, et demandé s’il pouvait exister un lien entre Dieu et une marionnette aussi laide, aussi horrible, et aussi désagréable». A la suite de cette émission, Sergio von Helder avait été désavoué par «l’Eglise universelle» et aussitôt transféré à
l’étranger. (apic/eni/pr)
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