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France:Les évêques français invitent à maintenir (020196)
des solidarités vitales entre tous les citoyens
Réformer la sécu, oui, mais pas au détriment des plus pauvres
Paris, 2janvier(APIC) Interpellés par les événements sociaux qui ont bouleversé la France ces dernières semaines – grèves massives contre le «Plan
Juppé» qui ont paralysé le pays – les évêques français du Comité pour la
Mission en Monde Ouvrier invitent à maintenir des solidarités vitales entre
tous les citoyens. Ils plaident pour une réforme de la sécurité sociale qui
ne pénalise pas les plus pauvres et fasse aussi participer les «profits et
l’argent de la spéculation».
Dans une déclaration rendue publique au tournant de l’année, le président du Comité épiscopal de la Mission en Monde Ouvrier, Mgr Daniel Labille, évêque de Soissons, et Mgr Marcel Perrier, évêque auxiliaire de Chambéry, membre du Comité, se demandent «comment, à travers les institutions qui
bougent, maintenir des solidarités vitales entre tous les citoyens?»
La récente crise a révélé aux évêques des appels et des attentes qu’il
leur semble important d’entendre au titre de leur responsabilité pastorale.
Etudiants inquiets pour leur avenir, travailleurs, avec ou sans emploi, qui
demandent à être entendus sur des réformes nécessaires, personnes gênées
dans leur vie familiale ou professionnelle, beaucoup ont pris la parole
pour suggérer des solutions, proposer des réformes, envisager des évolutions plus justes.
Franchir un nouveau seuil dans la solidarité
Dans leur déclaration, qu’ils intitulent «Voici venir des jours de justice et de paix», Mgr Labille et Mgr Perrier remarquent que la sécurité sociale, sans laquelle beaucoup ne pourraient plus se soigner, doit «franchir
un nouveau seuil». Encore faut-il qu’elle continue de traduire la solidarité qui la fonde. «A côté des salariés, écrivent les deux évêques, n’est-il
pas juste que les profits et l’argent de la spéculation apportent aussi
leur part ?»
Quant aux services publics, il faut, tout en assurant une gestion rigoureuse, garantir des services de qualité sans «sacrifier au seul critère de
la rentabilité et pénaliser ainsi la population la plus pauvre». Les
évêques soulignent que la demande des citoyens d’être associés aux choix
qui définissent les finalités de la vie en société et leur mise en place
est légitime.
Pour un meilleur partage des biens
«La situation actuelle, écrivent-ils, nous appelle à redéfinir nos raisons de vivre ensemble. Dans un monde où le taux de croissance diminue et
où le chômage devient endémique, la solidarité exige un meilleur partage
des biens culturels, économiques et financiers générés par notre société
pour que chacun ait sa part de reconnaissance sociale et sa dignité respectée.»
A travers les cris, les paroles, les prises de position, les évêques ont
entendu des angoisses et des incertitudes face à l’avenir: «Pour un grand
nombre, il est préoccupant». Déjà aujourd’hui en France, plusieurs millions
d’hommes et de femmes, de jeunes et d’enfants sont exclus de la vie sociale, n’ayant plus accès aux biens indispensables pour vivre: le travail, le
logement, les soins. «Ces personnes n’ont pas souvent les moyens de se faire entendre, elles sont isolées et sans poids réel dans la société. A nos
yeux, leurs visages habitent la conscience de beaucoup: que deviennent ces
hommes et ces femmes frappés d’exclusion ? Combien seront-ils demain ? Qui
seront-ils ? Vous ? Nous ? Vos enfants ?»
Sans vainqueur ni vaincu
Les évêques invitent les chrétiens à se laisser rejoindre par Dieu luimême, qui est venu à la rencontre des hommes, «sur leur terrain». La préférence de Jésus, rappellent-il, est allée aux enfants, aux pauvres et aux
pécheurs. Aussi la qualité évangélique de la vie sociale est-elle jugée à
ce critère: «que fais-tu de ton frère qui a faim, qui est pauvre, malade,
étranger, emprisonné ?»
Il s’agit donc de construire une société de solidarité effective, de justice sociale, d’accueil de l’étranger, un monde de paix, «sans vainqueur
ni vaincu». Tâche immense, écrivent les évêques, à laquelle chacun est appelé à apporter son énergie, ses capacités, ses idées, ses propositions, sa
foi. (apic/com/be)
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