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Turquie: Manque de prêtres pour l’Eglise orthodoxe arménienne

Malaise à propos d’un «transfuge» (040196)

Istanbul, 4janvier(APIC) La plus grande Eglise chrétienne de Turquie,

l’Eglise orthodoxe arménienne, se trouve aujourd’hui confrontée à un problème crucial: le manque de prêtres. Sans parler des entraves posées par le

gouvernement d’Ankara… Et des relations oecuméniques pour le moins

tendues avec les autres Eglises chrétiennes, après le passage d’un diacre

de l’Eglise arménienne à l’Eglise uniate.

Sur les 82’000 fidèles que compte l’Eglise en Turquie, 60’000 vivent à

Istanbul. Or, le diocèse d’Istanbul n’a que 28 prêtres, dont dix d’entre

eux sont âgés de plus de 60 ans, pour ses 38 paroisses. Au cours des cinq

dernières années, seuls cinq nouveaux prêtres ont été ordonnés.

L’histoire de l’Eglise orthodoxe arménienne en Turquie est fort ancienne. En effet, le Patriarcat de Constantinople a été fondé par l’Eglise arménienne en 1461, avec comme patriarche Joachim Ier, autorisé par un décret

du sultan Ottoman, Mehmet le Conquérant.

Toutefois, comme les membres du clergé de deux autres Eglises qui ont

aussi des liens historiques avec la Turquie – le Patriarcat oecuménique et

l’Eglise orthodoxe syrienne – les membres du clergé de l’Eglise arménienne

doivent, conformément à la loi turque, être citoyens de Turquie. Les Eglises catholique-romaine et protestantes locales sont, cependant, autorisées

à faire venir des prêtres et pasteurs en Turquie.

Les Eglises doivent également faire face au problème engendré par l’interdiction, décrétée par le gouvernement turc, d’ouvrir et de gérer des séminaires. Ces dix dernières années, des cours de formation à la prêtrise

étaient donnés, de manière non-officielle, dans les résidences épiscopales

de l’Eglise orthodoxe arménienne en Turquie, avec l’aide de pasteurs et de

professeurs d’autres Eglises de Turquie et sous la direction d’évêques arméniens.

Guéguerre pour l’ordination d’un diacre

L’Eglise orthodoxe arménienne a, pendant longtemps, entretenu de bonnes

relations avec les Eglises occidentales, et elle a souvent été considérée

comme un lien entre les traditions confessionnelles orthodoxes et occidentales. Ceci s’explique par la longue histoire des relations arméniennes

avec l’Europe qui remontent au Xe siècle et la maîtrise des langues étrangères que possèdent les Arméniens.

En dépit des relations généralement bonnes entre les Eglises en Turquie,

des tensions ont surgi entre l’Eglise orthodoxe arménienne et l’Eglise

uniate arménienne, qui est rattachée au Vatican. Nombreux sont les membres

du clergé de l’Eglise uniate – petite communauté qui compte moins de 2’000

membres – qui étaient auparavant membres de l’Eglise orthodoxe arménienne.

En novembre de l’an dernier, le synode de l’Eglise orthodoxe arménienne

à Istanbul a officiellement défroqué un des diacres de l’Eglise après que

l’archevêque de l’Eglise uniate eut annoncé que ce diacre serait ordonné

comme prêtre de l’Eglise uniate le 15 décembre. Selon des sources religieuses, le diacre avait annoncé son intention d’être ordonné dans l’Eglise

uniate au retour d’un voyage en Italie.

Le Patriarcat arménien a publié une déclaration exprimant «son regret

devant l’attitude inamicale, non oecuménique et non canonique» de l’archevêque uniate arménien qui avait accepté l’ordination sacerdotale du diacre

orthodoxe arménien au sein de son Eglise sans avoir demandé au préalable

une lettre canonique de consentement de la part de l’Eglise qui l’avait ordonné en tant que diacre.

Une lettre officielle portant sur le même sujet avait été envoyée à la

Conférence des évêques catholiques de Turquie. (apic/eni/pr)

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