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France: Protestants, orthodoxes, musulmans, juifs, unanimes (090196)
à reconnaître en François Mitterrand un homme engagé pour la justice
Paris, 9janvier(APIC) Les communautés religieuses en France, à l’instar
de l’Eglise catholique, sont unanimes à reconnaître en François Mitterrand,
outre ses qualités de chef d’Etat, sa passion pour la justice et son intérêt pour la spiritualité. Protestants, orthodoxes, musulmans, juifs ont tenu à dire que le président Mitterrand était vraiment le président de tous
les Français.
Geoffroy de Türkheim, porte-parole de la Fédération protestante de France, rappelle que François Mitterrand ne s’intéressait pas seulement à la
politique, mais que les questions culturelles et spirituelles le passionnaient. Ses préoccupations concernant la ségrégation raciale et xénophobe
étaient exemplaires. Sa décision d’abolir la peine de mort avait été très
bien accueillie par le Conseil de l’Eglise chrétienne en France (CECF). La
Fédération protestante, particulièrement attachée à la laïcité a trouvé
dans le président « certaines de nos préoccupations ».
Mgr Jérémie, pour le Conseil interépiscopal orthodoxe, se dit très sensible à la grande figure du Président de la République qui comme homme
d’Etat a incarné la grandeur de la France. Mgr Jérémie évoque aussi « la
force tranquille » qui avait été le slogan de sa première campagne présidentielle en 1981. « Nous pouvons faire une analogie entre cette force tranquille, et sa force intérieure ou spirituelle. C’est quelque chose qui m’a
beaucoup interpellé ».
Un grand respect de la communaté musulmane
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a déclaré de
son côté que « comme citoyen français, il peut parler de grande perte pour
la nation. « C’était un homme de justice et un humaniste ». Il était toujours
très informé et très attentif à l’égard de la communauté musulmane. Il a
beaucoup oeuvré pour l’unité de cette communauté au dela de ses clivages
internes. Il rappelle que l’émisssion de télévision « Connaissance de l’islam », le dimanche matin, est due à l’intervention du président Mitterand en
1985. Il a en outre beaucoup oeuvré pour que les musulmans, y compris nonFrançais, puissent exercer leurs responsabilté dans la vie associative et
la vie locale. Il salue en lui « l’homme du dialogue entre les peuples ».
François Mitterrand a vraiment lutté pour que les musulmans soient des citoyens à part entière en France.
Un ami d’Israël
René Samuel Sirat, grand Rabbin du Consistoire israélite de France, a
bien connu le président Mitterrand. qui a porté un grand intérêt à la communauté juive de France ainsi qu’à l’Etat d’Israël. Mitterrand fut un des
tous premiers à soutenir l’Etat d’Israël en marche, de même qu’à aider les
rescapés de la shoah. Il était très intéressé par la Bible, dont il était
un lecteur assidu et qu’il connaissait par coeur des passages entiers. Il
se posait des grandes questions métaphysiques. Il n’était pas homme à biaiser la vérité ». Je suis sensible aussi à l’homme de paix. Il voulait plus
jamais la guerre entre peuples européens. Son discours à la Knessett, comme
ses discours aux nations arabes, étaient courageux et il faisait valoir la
nécessité de la reconnaissance de l’Etat d’Israël. Même s’il y a eu des zônes d’ombre, comme son amitié durable avec Bousquet, il reste un homme de
grande invergure. « Nous avons perdu un ami ».
Avec Georges Montaron
Georges Montaron, rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Témoignage chrétien », a connu Mitterrand depuis 1950. Donc 46 ans de compagnonnage. Il le
considère comme un des plus grands hommes d’Etat de l’après guerre avec de
Gaulle. Un militant pugnace et combatif. Il avait des conversations sur
l’utopie sociale, la place des chrétiens dans la société, la gauche à réinvinter. Le laeder socialiste s’est ensuite transformé en Père de la nation.
Son rêve, c’était de participer à la rénovation de la gauche. Mitterrand
lui avait dit que les chrétiens avaient un rôle important à jouer dans le
renouvellement du débat démocratique. Georges Monttaron ajoute: « J’ai certes eu des différents politiques avec Mitterrand, notamment à propos de la
guerre du Golfe, de la conception de l’Europe, mais au delà de ces différences, le président m’a toujours reçu avec grande amitié ». (apic/jcn/ba)
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