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Rome: Visite du président Jacques Chirac au Vatican
Pour renouer avec une tradition qui remonte à Pépin le Bref (120196)
Rome, 12janvier(APIC) Le président de la République Française, Jacques
Chirac, effectuera le samedi 20 janvier une visite officielle d’Etat au
Saint-Siège. Une visite sans précédent depuis celle du président de Gaulle,
le 27 juin 1959. Les visites des présidents Valery Giscard d’Estaing (visite officielle le 1er décembre 1975 et visite privée le 20 octobre 1978), et
François Mitterrand (audience privée le 27 février 1982) n’avaient pas le
protocole d’une visite d’Etat.
Décidée au lendemain de l’élection du Président Chirac, cette visite entend exprimer, dit-on dans les milieux diplomatiques, « une volonté de rapprochement, même si les relations sont excellentes », autant « renouer avec
une longue tradition », puisque les relations officielles entre la France et
le papauté remontent à Pépin le Bref (753), le père de Charlemagne, d’ailleurs sacré Empereur à Saint-Pierre.
On s’empresse aussi, dans les mêmes milieux, de distinguer très nettement cette visite, « entièrement consacrée au Saint-Siège et aux personnels
religieux français oeuvrant à Rome », des relations entre la France et
l’Italie, qui semblent progressivement revenir à la normale, indique-t-on,
après le refroidissement dû à la polémique sur les essais nucléaires.
Le programme de la visite
Accompagné d’une vingtaine de personnalités, dont son épouse, Bernadette
Chirac, et le Ministre des Affaires Etrangères Hervé de Charette, le Président Chirac commencera sa journée par une courte cérémonie en l’Eglise nationale Saint-Louis des Français, où sera dite une prière pour la France.
De retour à la Villa Bonaparte, siège de l’Ambassade de France près le
Saint-Siège, le Président sera attendu par un cortège de véhicules venu du
Vatican. Le Substitut du Saint-Siège, Mgr Giovanni Battista Re, remettra
alors au Président français, le Grand Cordon de l’Ordre de Pie IX.
Arrivé à la Place Saint-Pierre, le Président recevra les honneurs de la
Garde Suisse, avant d’être introduit dans la bibliothèque privée de JeanPaul II pour un entretien en tête-à-tête. Les deux hommes gagneront ensuite
une autre salle pour l’échange des discours publics et des cadeaux.
Après avoir pris congé du pape, le Président sera reçu par le Secrétaire
d’Etat, le cardinal Angelo Sodano, et, dans un second temps, par le Secrétaire pour les relations avec les Etats, le Français Jean-Louis Tauran. Au
programme: conversations personnelles, allocutions, présentation au Président des chefs de mission du corps diplomatique accrédités près le SaintSiège.
Le Président descendra ensuite dans la Basilique Saint-Pierre, où il
s’inclinera successivement devant la chapelle de la Pietà de Michel Ange,
la Chapelle du Saint Sacrement, la Chapelle de Sainte Petronille, qui est
la chapelle des Français dans la Basilique, puis sur le tombeau de saint
Pierre.
Un déjeuner officiel aura lieu ensuite à la Villa Bonaparte, où le Président recevra le Secrétaire d’Etat du Vatican, puis, conformément à une
tradition séculaire, il prendra officiellement sa place de « premier et unique chanoine d’honneur » de St-Jean de Latran (le premier fut Henri IV en
1604; le Président Mitterrand ne se plia pas à cette coutume. La soirée se
terminera par une réception à l’Ambassade de France près le Saint-Siège, où
seul le personnel religieux français de Rome est attendu.
Des relations de confiance
L’essentiel de cette visite, confie-t-on dans le milieu diplomatique,
tiendra dans le tête-à-tête entre les deux « chefs d’Etat ». Le président
Chirac a déjà écrit deux fois au pape, sitôt après son élection et pour le
dix-septième anniversaire de l’avènement de Jean-Paul II, en octobre 1995.
Dans cette dernière lettre, le président français parlait de son « désir de
contribuer personnellement à renforcer des relations de confiance » et de
« contribuer toujours davantage à instaurer la paix et la justice partout
dans le monde » avec le Vatican.
Enfin, en recevant les lettres de créance du nouvel ambassadeur de France près le Saint-Siège, Jean-Louis Lucet, le 13 novembre dernier, le pape
avait fait part de quatre préoccupations majeures. « Le Saint-Siège, avait
dit Jean-Paul II, sait qu’il peut compter sur le gouvernement français et
sur la générosité de la France pour continuer à venir en aide aux pays en
voie de développement », en particulier en Afrique. Le pape avait ensuite
demandé à la France d’apporter « un soutien vigoureux » aux pays d’Europe
centrale pour qu’ils entrent plus avant dans le concert européen. En troisième lieu, le pape avait souligné l’importance du soutien à accorder à la
famille « pour l’édification de la société ». Enfin, il avait abordé la question des relations Eglise-Etat. « Je souhaite que l’Eglise catholique,
consciente de ses responsabilités dans la recherche du bien commun, trouve
toujours mieux sa place dans la société française », avait-il déclaré, encourageant les catholiques de France à « participer activement à la vie publique et à servir leur pays dans le respect des sensibilités différentes
qui forment le tissu social français ». (apic/jmg/pr)
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