apic/Chirac/Pape
? Le President de la Republique Francaise, Jacques Chirac, accomplit le 20
janvier 1995, une visite officielle d’Etat au Saint-Siege, visite sans
precedent depuis celle du President de Gaulle, le 27 juin 1959. ?Entre
temps, les visites des presidents Valery Giscard d’Estaing (1er decembre
1975, visite officielle – 20 octobre 1978, audience privee) et Francois
Mitterand (27 fevrier 1982, audience privee), n’ont rien eu du protocole
d’une visite d’Etat. ?Decidee au lendemain de l’election du President
Chirac, en mai 1995, cette visite entend exprimer, dit-on dans les milieux
diplomatiques, une «volonte de rapprochement meme si les relations sont
excellentes» autant que «de renouer avec une longue tradition», puisque les
relations officielles entre la France et le papaute remontent a Pepin le
Bref (753), le pere de Charlemagne, d’ailleurs sacre Empereur a Saint
Pierre. ?On s’empresse egalement, dans les memes milieux, de distinguer
tres nettement cette visite, «entierement consacree au Saint-Siege et aux
personnels religieux francais oeuvrant a Rome», des relations entre la
France et l’Italie qui semblent progressivement revenir a la normale,
indique-t-on, apres le refroidissement du a la polemique sur les essais
nucleaires. ?Accompagne d’une vingtaine de personnalites, dont son epouse,
Bernadette Chirac, et le Ministre des Affaires Etrangeres francais, Herve
de Charette, le President Chirac commencera sa journee par une courte
ceremonie en l’Eglise Nationale, Saint-Louis des Francais, ou sera dite une
priere pour la France. ?De retour a la Villa Bonaparte, siege de
l’Ambassade de France pres le Saint-Siege, le President Chirac, sera
attendu la par un cortege de vehicules venu du Vatican. Le Substitut du
Saint-Siege, Mgr Giovanni Battista Re, remettra alors au President
francais, le Grand Cordon de l’Ordre de Pie IX. ?Arrive sur une Place
Saint-Pierre, degagee pour l’occasion, le President recevra les honneurs de
la Garde Suisse, puis sera introduit dans la bibliotheque privee du pape
pour un entretien en tete a tete avec Jean-Paul II. A l’issue, les deux
hommes, se dirigent dans une autre salle pour un echange de discours
publiques, et de cadeaux. ?Le President prend alors conge du pape, pour
etre ensuite recu par le Secretaire d’Etat, le Cardinal Angelo Sodano, et
dans un second temps, par le Secretaire pour les relations avec les Etats,
le francais Jean-Louis Tauran. Au programme : conversations personnelles,
allocutions, presentation au President des chefs de missions du corps
diplomatique accredites pres le Saint-Siege. ?Le President descend ensuite
dans la Basilique Saint-Pierre, ou il s’incline successivement, devant la
chapelle de la Pieta de Michel Ange, la Chapelle du Saint Sacrement, la
Chapelle de Sainte Petronille ( fille de Saint Pierre selon la tradition,
et chapelle des Francais dans la Basilique), puis sur le tombeau de
Saint-Pierre. ?Un dejeuner officiel fait suite a la Villa Bonaparte, ou le
President recoit le Secretaire d’Etat du Vatican, puis conformement a la
tradition seculaire, le President francais, va prendre officiellement sa
place de «premier et unique chanoine d’honneur» de St Jean de Latran (le
premier fut Henri IV en 1604 ; le President Mitterand ne se plia pas a
cette coutume). La soiree se termine par une reception a l’Ambassade de
France Pres le Saint-Siege ou seul le personnel religieux francais de Rome
est attendu. ?L’essentiel de cette visite, confie-t-on dans le milieu
diplomatique, tiendra dans le tete a tete entre les «deux chefs d’Etats».
Le president Chirac a deja ecrit deux fois au pape, sitot apres son
election, et pour le dix septieme anniversaire de l’avenenement de
Jean-Paul II, en octobre 1995. Dans cette derniere lettre, le president
francais parlait de son «desir de contribuer personnellement a renforcer
des relations de confiance» et de «contribuer toujours davantage a
instaurer la paix et la justice partout dans le monde» avec le Vatican.
?Enfin, en recevant les lettres de creance du nouvel ambassadeur de France
pres le Saint-Siege, Jean-Louis Lucet, le 13 novembre 1995, le Pape lui
avait indique quatre soucis majeurs : «le Saint-Siege, avait dit Jean-Paul
II, sait qúil peut compter sur le gouvernement francais et sur la
generosite de la France pour continuer a venir en aide aux pays en voie de
developpement», en particulier en Afrique. Le pape avait ensuite demande a
la France qúelle apporte «un soutien vigoureux» aux pays d’Europe centrale
pour qúils entrent plus avant dans le concert europeen. ? En troisieme
lieu, le Pape avait souligne l’importance du soutien a accorder a «la
famille pour l’edification de la societe» Enfin, le Pape avait aborde la
question des relations Eglise-Etat : «Je souhaite que l’Eglise catholique,
consciente de ses responsabilites dans la recherche du bien commun, trouve
toujours mieux sa place dans la societe francaise», encourageant «les
catholiques de France» a «participer activement a la vie publique et a
servir leur pays dans le respect des sensibilites differentes qui forment
le tissu social francais.» ?
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