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Roumanie: Enfants orphelins et abadnonnés? Tout aussi grave qu’avant
«Le problème est tout ausi grave qu’en 1989»
Bucarest, 27février(APIC) Les diverses oeuvres d’entraide en Roumanie
sont toujours «submergées» par le nombre des enfants sans abri dans le
pays. Il y a six ans, le monde apprenait, médusé, le sort que réservait le
régime d’alors aux enfants abandonnés et aux orphelins. L’ampleur de la tâche est toujours aussi grande aujourd’hui… sinon plus.
Elena Demofdeceu, porte-parole de l’Association Saint-Stelian, rattachée
à l’Eglise orthodoxe, a lancé un véritable appel lors de l’ouverture, par
les Eglises roumaines, du premier centre à plein temps de soins aux enfants
de la rue à Bucarest.
«Le problème est tout aussi grave qu’en 1989, et les ressources de
l’Etat sont toujours insuffisantes», a-t-elle déploré. La situation des
milliers d’enfants abandonnés dans les orphelinats roumains avait fait la
une des journaux lors de la révolution de 1989, qui a entraîné la chute de
l’ancien dictateur communiste, Nicolae Ceausescu.
Sous le régime communiste, le vagabondage était illégal, et les enfants
sans foyer étaient enfermés dans des orphelinats d’Etat mal équipés. Selon
un rapport publié l’an dernier par le Ministère de la santé roumain, la
surpopulation dans les orphelinats a de nouveau atteint les niveaux de
1989, après avoir été temporairement réduite par l’amélioration des procédures d’adoption et la légalisation de l’avortement.
C’est en Roumanie que l’on enregistre actuellement le plus grand nombre
d’avortements en Europe – plus de 1,2 million par an – pour 500’000 naissances, sur une population de 24 millions d’habitants. En 1994, 1’888 bébés
ont été abandonnés dans des maternités, en général par des mères qui déclaraient être trop pauvres pour les élever.
Aujourd’hui, il y a au moins 100’000 jeunes de moins de 18 ans qui sont
encore placés dans des institutions d’Etat. Par ailleurs, le pays manque de
personnel formé pour s’occuper des enfants non désirés car, sous le régime
communiste, tous les problèmes sociaux étaient considérés comme réglés.
Pour Elena Demofdeceu, les statistiques officielles, qui indiquent qu’il
y a 2’000 enfants sans abri à Bucarest et 8’000 dans le pays, sont bien en
dessous de la réalité.
Le Centre médical de l’Eglise, qui a accueilli ses douze premiers enfants ce mois-ci, est géré par l’Association Saint-Stelian, et reçoit des
fonds d’AIDRom, agence oecuménique d’entraide financée par les Eglises orthodoxes, réformées et luthériennes.
L’Association, qui a signé un accord de coopération avec 12 oeuvres de
bienfaisance occidentales, distribue aussi des repas en plus de 20 endroits
à Bucarest aux enfants abandonnés.
Elena Demofedeceu a souligné que l’Association ne recevait aucune aide
financière du gouvernement, qui l’autorise toutefois à lancer des appels de
fonds à la radio et à la télévision.
L’Eglise orthodoxe, à laquelle adhèrent 87% de Roumains, compte 65 aumôniers travaillant à plein temps dans les orphelinats, et plus de 200 prêtres exerçant leur ministère dans les hôpitaux, les prisons et les maisons
de retraite de l’Etat. (apic/eni/pr)
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