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Cuba: Clôture de la 2ème rencontre nationale ecclésiastique
Message du pape aux catholiques cubains
Priorité au dialogue: apprendre à écouter sans se rejeter (260296)
La Havane, 26février(APIC) Dix ans après leur première rencontre nationale, les catholiques cubains ont fait le point, s’interrogeant sur leur avenir et leur priorité. Une priorité qui pourrait bien tourner autour de
l’écoute et du dialogue entre Cubains. C’est aussi ce que propose Jean Paul
II dans une lettre aux catholiques de ce pays, qu’il aimerait bien visiter
un jour, écrit-il.
«Nous les Cubains, nous devons apprendre à nous écouter sans nous rejeter a priori», devait dire le cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane, en ouvrant mercredi dernier la première rencontre nationale de l’Eglise
cubaine depuis dix ans. Les 12 évêques, des prêtres, des religieux et religieuses, ainsi que de nombreux laïcs – près de 150 délégués – se sont ainsi
interrogés jusqu’à dimanche dans la capitale de l’île pour cerner les priorité de l’Eglise. Faire le point, aussi.
Dans son discours d’ouverture, le cardinal Ortega a évoqué les avancées
de l’Eglise catholique en dix ans, en nombre de diocèses, mouvements laïcs,
vocations missionnaires, publications et, surtout, la fréquentation des
églises. «La peur, principal obstacle à l’expression de la foi, a largement
reculé dans la population», commente aujourd’hui un prêtre.
Durant la dernière décennie, les relations entre l’Etat et la hiérarchie
catholique ont connu des hauts et des bas. Mais l’archevêque s’est félicité
de «la plus grande liberté pour exprimer sa foi» et de la disparition progessive du «mur de séparation entre croyants et non croyants». Le cardinal
a toutefois regretté la limitation du nombre de prêtres étrangers autorisés
à résider sur l’île, ainsi que des possibilités de construire ou de rénover
les églises, rares et souvent en ruines.
A propos de la venue du pape sur l’île, les informations les plus contradictoires circulent. Mais il semble bien que celle-ci n’est pas pour demain. les divergences semblent subsister… du côté du pouvoir comme du côté de la hiérarchie.
La carte de la complémentarité
Dans une lettre adressée aux catholiques cubains, le pape réitère son
désir de se rendre dans ce pays et relève: «A Cuba, l’Eglise et l’Etat peuvent travailler main dans la main». A la «dialectique du conflit» doit se
substituer la «complémentarité», car l’»étape de l’athéisme», dans ce pays,
«semble surmontée», tandis que le rôle social de l’Eglise est «toujours
plus reconnu», en particulier par les «instances officielles». C’est le
message du pape, transmis dimanche par Mgr Furno, son envoyé spécial à la
«Rencontre nationale de l’Eglise cubaine». Jean-Paul II y redit son désir
de se rendre en voyage à Cuba.
La Rencontre nationale de l’Eglise cubaine, qui s’est déroulée du 21 au
25 février, était centrée sur la préparation du Jubilé de l’an 2000. Dans
son message, Jean-Paul II évoque la première rencontre de ce type, organisée il y a dix ans, pour procéder à un bilan des «grandes transformations»
intervenues depuis dans les relations internationales.
Aujourd’hui, poursuit le pape dans sa lettre, l’Eglise cubaine «aspire
de plain droit à une pleine liberté dans son action évangélisatrice afin de
pouvoir annoncer le message du Christ à tous les Cubains». D’autant plus,
observe le pape, qu’il est «certain que l’étape de l’athéisme semble être
surmontée à Cuba, où l’on reconnaît de plus en plus, tant dans le peuple
que chez les instances officielles, la contribution que la foi chrétienne
peut apporter au bien de la société».
Jean-Paul II espère qu’un dialogue ouvert pourra se développer entre les
autorités publiques et l’Eglise, afin que celle-ci puisse non seulement
disposer des moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission, mais
soit comprise et acceptée dans sa nature propre. «L’Eglise et l’Etat, ajoute-t-il, agissent dans des domaines particuliers et indépendants, sans parallélisme, ni antagonisme, sans interférences ni soumission de l’une à
l’autre, mais de façon complémentaire, au service du bien commun».
Pour Jean-Paul II, «ce principe de complémentarité dans les relations
interpersonnelles, nationales et institutionnelles, doit se substituer à la
conception d’une certaine dialectique qui implique la confrontation et le
conflit et toute autre vision de la réalité qui confine la foi religieuse
dans la sphère purement privée».
A l’aube du troisième millénaire, qui offre des «perspectives insoupçonnées», le pape dit son souhait que le XXIe siècle permette de «construire
une convivialité pacifique au sein de chaque communauté nationale et entre
les nations». Sans évoquer directement le néo-libéralisme, Jean-Paul II pose aussi la question: «Au moment où semblent dépassés les systèmes collectivistes qui étouffent les initiatives valables, qu’elles émanent d’individus ou de groupes, le monde va-t-il tomber sous la coupe de mécanismes
aveugles d’un type d’organisation économique impitoyable, qui ne tient pas
compte des plus faibles et frustre les aspirations des pauvres?» (apic/cximed/pr)
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