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apic/Sida/Evêques de France(Commission sociale

France: Rapport de la Commission sociale des évêques de France sur le sida

« L’usage du préservatif est nécessaire

à la prévention de la transmission du sida (120296)

Paris, 12février(APIC) L’usage du préservatif est « nécessaire » à la prévention de la transmission du sida, estime la Commission sociale des évêques de France, dans une déclaration présentée lundi à Paris, sous le titre

«  »Devant le sida, relancer l’espérance ».

Cette déclaration, issue d’un travail de réflexion entamé depuis

plusieurs mois, débouche en outre sur un livre « Sida. La société en question », présenté lundi également et écrit à l’initiative de la Commission

sociale que préside Mgr Albert Rouet, évêque de Poitiers.

« Beaucoup de médecins compétents affirment que le préservatif de qualité

fiable est actuellement le seul moyen de prévention. A ce titre, il est nécessaire, peut-on lire dans un passage du livre, dû à la plume de Mgr Rouet.

Ce n’est pas la première fois que la Commission sociale des évêques de

France prend position sur le port du préservatif en matière de prévention

du sida. Dans une note pastorale du 24 mars 1993 écrite à l’intention des

prêtres et éducateurs, le Père Olivier de Dinechin, délégué de l’épiscopat

français pour les questions morales concernant la vie humaine et, à l’époque, membre de la Commission sociale, avait déclaré: « Il peut être momentanément nécessaire de faire comprendre aux intéressés que se protéger soimême et protéger d’éventuels partenaires sexuels d’une contamination cachée

ou non encore dépistée et cela, en utilisant un préservatif, constitue une

toute première étape de responsabilisation ».

Après « Face au chômage » (1993) et « Un logement pour tous » (1995), la

Commission sociale de l’épiscopat français s’attaque aujourd’hui à un autre

gros problème de société. « Interroger la société sur la conception de

l’homme qu’elle élabore, appeler l’attention sur cette maladie qui atteint

toute la personne humaine, mais aussi les relations interpersonnelles et la

vie sociale » s’inscrit dans la continuité des précédents documents, explique dans l’avant-propos Soeur Marie du Christ Coudurier, secrétaire du Comité épiscopal pour la Santé.

Prendre ses responsabilités

Les évêques de France, a dit Mgr Rouet, ont estimé nécessaire de prendre

leurs responsabilités. « Mais la Commission sociale n’a surtout pas voulu

limiter ses réflexions à un morceau de latex. Il ne faut pas que celui-ci

permette de se défiler de ses vraies responsabilités. Le problème est beaucoup plus vaste et multiforme ».

Plusieurs experts – présents lundi – ont participé à la rédaction du

rapport. C’est le cas de Mme Tuffeli, médecin à la Maison d’arrêt de Fresnes, qui n’a pas manqué de rappeler qu’il ne faut pas oublier l’existence

d’un sida du pauvre. Et Mgr Rouet de préciser, à ce propos, que si ce travail ne tient pas assez compte des cas individuels ni de la dimension internationale du sida, c’est parce que ce n’était pas « notre objet, qui est

de montrer comment et combien le sida est révélateur des évolutions lentes

et profondes de notre société ».

Pas une révolution à 180 degrés

Le rapport de la Commission sociale des évêques de France est notamment

salué par le professeur Luc Montagnier, qui le qualifie d’ »évolution importante », dans un entretien à paraître mardi dans le quotidien « Le Monde ».

« Ce n’est pas pour autant une révolution à 180 degrés », estime-t-il toutefois. Et de préciser: « On peut notamment souligner que ce ne sont pas les

évêques eux-mêmes qui disent que le préservatif est nécesaire en tant que

moyen de prévention, mais qu’ils reprennent en les approuvant, les propos

de ’médecins compétents’ et les actions des responsables de la santé publique ».

Le livre « Sida. La société en question », 235 pages, paru en coédition

chez Bayard et Centurion, est constitué d’une série de textes. Le premier

étant le rapport qu’un ensemble d’experts diversement situés face à l’épidémie a rédigé pour la Commission. Seconde partie: des témoignages suivis

des avis et réactions de mouvements d’Eglise, et de textes émanant de personnalité diverses, du professeur Marc Gentilini au pasteur François Rochat, en passant par des représentants de l’UNESCO ou du Ministère de la

Santé. (apic/jcn/pr)

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