la part de l’Eglise orthodoxe locale ENI-96-0033çF (b)
DEUXIEME PARTIE
Ratko Lecic, secrétaire personnel du patriarche Pavle, responsable de
l’Eglise orthodoxe serbe à Belgrade, a précisé au correspondant d’ENI le 5
février que les responsables du Patriarcat de Belgrade ne pouvaient pas
faire de commentaires sur les déclarations de l’évêque Komarica et de
l’imam Halidovic.
Cependant un prêtre orthodoxe serbe de Zagreb, Jovan Nikolic, a déclaré au
correspondant d’ENI le même jour que les relations interconfessionnelles à
Banja Luka avaient un «caractère spécifique», qui reflétait les pressions
psychologiques de la guerre.
Il a ajouté que les relations intercommunautaires traditionnellement
stables dans la ville avait été perturbées par l’afflux de Serbes, venus de
villages de la région, et qui n’avaient pas l’habitude de cohabiter avec
des Musulmans et des Croates.
Le métropolite Jefrem (Milutinovic) a entretenu des liens étroits avec les
deux dirigeants catholique romain et musulman au début de la guerre
bosniaque, a précisé Jovan Nikolic, et il est intervenu en plusieurs
d’occasions pour obtenir la libération de responsables catholiques et
musulmans.
Lors d’une visite effectuée il y a deux ans, le patriarche Pavle avait
condamné la destruction des mosquées de Banja Luka, la qualifiant de «crime
sans précédent» contre l’histoire et la culture de la Bosnie, a rappelé le
prêtre.
«Cependant, la mentalité des dirigeants nationalistes tels que Radovan
Karadzic était assez différente de celle des anciens habitants serbes de
Banja Luka», a précisé Nikolic.
«Face à l’afflux de nouveaux arrivants, les habitants ont rejeté l’idée de
coexistence.»
(KEK), qui s’exprimait au retour d’une visite à Banja Luka en décembre
1995, avait souligné qúil y avait eu de nombreux exemples de bonne volonté
parmi les membres des communautés serbe, croate et musulmane de la ville.
«Tous nous ont dit être bien conscients que les Serbes ne sont pas
collectivement responsables de ce qúont fait des extrémistes et des groupes
radicaux», avait déclaré Jean Fischer, en se référant aux actions violentes
perpétrées dans la ville durant la guerre. «Les membres de ces communautés
eux-mêmes désavouent ces actions, qui ont été exécutées par des
extrémistes.»
Il avait également souligné que la situation à Banja Luka posait un dilemme
aux dirigeants religieux. «Comme en Irlande du Nord, une des difficultés
est que ces dirigeants d’Eglise doivent rester crédibles aux yeux de leurs
communautés. Cela les rend plus prudents dans leur fac,on d’agir en tant
que chefs de leur Eglise.» (1124 mots)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/un-responsable-musulman-de-banja-luka-regrette-le-manque-de-reaction-de/