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Lausanne: Pax Christi veut la création
d’un tribunal pénal international
Mais en renforçant d’abord des instances pénales internes des Etats
Lausanne, 5février(APIC) Il faut parvenir très rapidement à la création
d’un tribunal pénal international. C’est ce qu’a réaffirmé samedi à Lausanne le mouvement catholique romand pour la paix « Pax Christi », lors de sa
traditionnelle journée d’étude. Mais en relevant aussi qu’il ne faut pas
négliger pour autant les procédures juridiques internes des Etats dans la
punition des coupables de violations des droits de l’homme. Il a aussi relevé l’importance de la création récente de tribunaux sur l’ex-Yougoslavie
et le Rwanda.
Ces tribunaux sont un pas qui va dans la bonne direction, explique Pax
Christi. L’inculpation de deux responsables serbes de Bosnie, Karadzic et
Mladic, quelques jours avant la conclusion des accords de Dayton, les ont
au moins éloignés de tout rôle politique. « L’impunité totale, s’exclame
Pax Christi, est enfin exclue »!
Pour le mouvement catholique, en matière d’impunité, le juridique ne
prendra effectivement le dessus sur le politique que le jour où un tribunal
pénal international aura une compétence universelle et pourra se saisir de
violations du droit humanitaire survenues dans n’importe quelle partie du
globe.
Plus de cinquante personnes ont suivi l’exposé d’André Jacques, ancien
président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACATFrance) et ancien collaborateur auprès du Conseil oecuménique des Eglises
(COE), sur les méfaits de l’oubli, si répandu dans notre société. « La justice ne peut agir sans la mémoire pour établir les faits et pour éviter
qu’on en vienne à la vengeance ». Selon André Jacques, pardonner nécessite
beaucoup de temps: le pardon doit s’inscrire dans un processus et ne peut
être imposé. Le pardon crée de nouvelles relations entre les personnes,
mais il ne faut pas banaliser les risques que cela comporte. Le pardon ne
constitue pas une solution en lui-même, mais va toujours de pair avec la
vérité.
Adrien-Claude Zoller, directeur du Service international des droits de
l’homme à Genève et membre du comité Pax Christi, a cependant mis en garde
son auditoire. « A force de vouloir créer des instances pénales internationales, il ne faut pas oublier les voies juridiques internes des Etats. Les
premières ne pourront jamais se substituer aux dernières. Il est donc urgent de renforcer le pouvoir judiciaire au plan national, surtout dans les
pays sortant de conflits internes. Le système international doit être un
complément et non une alternative aux voies internes ».
Dans le débat, ce sont essentiellement les exemples de l’ex-Yougoslavie
et du Rwanda qui ont été cités, en fonction des participants en provenance
de ces régions. L’assemblée a également débattu du rôle de l’Eglise dans
ces conflits. Un sujet qui sera repris dans une prochaine journée d’étude.
(apic/com/ba)
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