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« L’Osservatore Romano » critique un livre sur (040296)
la morale du théologien allemand Dietmar Mieth
« Offensant » pour le magistère pontifical
Rome, 4février(APIC) Conceptions théologiques et vision de l’Eglise incorrectes: c’est le verdict que vient de prononcer « L’Osservatore Romano » à
propos d’un livre du théologien moraliste allemand Dietmar Mieth. A l’instar d’autres moralistes de renommée internationale, le professeur de Tübingen s’est montré très critique à l’égard de l’encyclique de Jean Paul II
sur la morale, « La splendeur de la Vérité », parue le 5 octobre 1993.
Le quotidien du Vatican se sent le « devoir de formuler des observations »
sur l’ouvrage de D. Mieth (paru en 1994), qui, outre qu’il « pose un problème d’ordre disciplinaire », « met gravement en cause l’unité et la nature de
la Parole sur laquelle se fonde l’Eglise ».
Réponse à l’encyclique ’Veritatis Splendor’
Le journal vise le livre « Moraltheologie im Abseits ? Antwort auf die
Enzyklika ’Veritatis Splendor’ » (La théologie morale hors jeu? Réponse à
l’encyclique « La splendeur de la Vérité »). Il résume ainsi le propos du
livre: « Plusieurs théologiens moralistes se sont sentis mis en cause par
l’encyclique, qui ne serait rien d’autre qu’une tentative autoritaire d’imposer une vision théologique particulière en vue de rejeter les acquis de
la théologie morale contemporaine. L’encyclique ne serait ainsi une thèse
discutable, et le livre une réponse résolue et pertinente. »
Dietmar Mieth et nombre de ses collègues reprochent en particulier à
cette première encyclique consacrée exclusivement à la morale de « sousestimer l’intelligence humaine en tant qu’instance morale ».
« Le désaccord avec le magistère est radical »
« L’Osservatore Romano » ne conteste pas que le livre de Mieth contient
des idées valables. En revanche, le ton est « offensant » pour « le magistère
du successeur de Pierre » et pour les théologiens catholiques qui s’y réfèrent. L’article, qui n’est pas signé, constate surtout que l’ouvrage critique « n’avance aucune preuve de ce qu’il affirme », à savoir que le magistère
« n’aurait pas compris les théories morales, qu’il caricature ». Alors qu’on
s’attend à y trouver une réponse sous forme de « confrontation » entre ces
thèses et ce que le pape en dit, on n’y rencontre que « des affirmations générales ».
« L’Osservatore Romano » s’élève contre un autre aspect du livre de Mieth:
« le désaccord avec le magistère est radical », vu que son auteur considère
que l’enseignement moral de l’Eglise depuis l’encyclique « Humanae vitae » de
Paul VI serait « tout à fait dans l’erreur » et que, du reste, « il ne relèverait pas de la compétence du magistère de l’Eglise »: en matière de morale, « tout le monde, y compris le magistère, pourrait avoir raison ou
tort ».
En guise de réponse, l’auteur de l’article fait sienne une phrase prononcée par Jean-Paul II dans un discours adressé à l’assemblée plénière de
la Congrégation pour la doctrine de la foi, en novembre dernier, où le pape
confirmait la validité de son enseignement en matière de morale, « clairement attestée par l’Ecriture, la Tradition apostolique et l’enseignement
unanime des pasteurs ». (apic/imed/be)
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