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«Travail et solidarité – Ethique et spiritualité»
Parution en Belgique d’»un livre pour tenter de sortir du chômage» (010296)
Bruxelles, 31 janvier 1996 (CIP) Bruxelles, 1erfévrier(APIC) Deux dominicains et deux jésuites ont pris au mot l’appel lancé aux Eglises et aux
institutions pour qu’elles contribuent aux efforts de l’Europe afin de sortir du chômage. Un livre vient de sortir de presse. «Travail et solidarité
– Ethique et spiritualité» est l’ouvrage qu’ils proposent pour «tenter de
sortir du chômage».
«La seule technique n’y suffira pas», annonçait Jacques Delors avant de
quitter la présidence de la Commission Européenne. «Le noeud du problème se
situe dans le rapport entre le sens du travail et la rencontre des besoins
humains», souligne un conseiller de la Commisson, Jérôme Vignon, dans la
préface rédigée pour le livre signé par les quatre religieux: «Travail et
solidarité – Ethique et spiritualité».
Ce livre est né d’une attente relancée en 1993 par des responsables européens auprès de la jeune association «Espaces», crée à Bruxelles par les
dominicains. Se pourrait-il que la solution au chômage passe par un dialogue de l’économie, la théologie et la philosophie ? Deux dominicains, Ignace Berten – l’un des invités de Caritas Suisse au Forum romand tenu récemment à Neuchâtel – et Hugues Puel, et deux jésuites, Jef van Gerwen et John
Sweeney, ont réuni et confronté leurs aproches, puis ont soumis leur étude
à divers groupes et associations, dans des milieux aussi divers que l’entreprise, le quart monde, l’Eglise et l’université.
Le document n’était pas encore édité en octobre dernier quand il a servi
de base aux assises de l’Association chrétienne des dirigeants et cadres
(ADIC) pour ses 75 ans. Le livre de 155 pages qui vient d’en être tiré sera
au coeur du prochain congrès des patrons et dirigeants chrétiens de France
(CFPC), où 1’200 personnes sont attendus à Nantes du 29 au 31 mars.
Stop à la fatalité
«Le chômage n’est pas une fatalité. Il faut revoir nos conceptions du
travail et de l’emploi: elles sont liées à l’organisation actuelle de notre
société. Qui a dit qu’on ne pouvait rien y changer ?» Telles sont les convictions communes qui animent les quatre auteurs du livre.
Hugues Puel, économiste dominicain, secrétaire général de l’association
«Economie et Humanisme» en France, aide d’emblée à faire son choix parmi
des visions fort différentes sur l’avenir du travail. Le droit au travail
doit être reconnu à tous, souligne-t-il, en suppliant les Européens de cesser de confondre travail gratifiant et emploi rémunéré.
Originalité majeure de l’ouvrage: le théologien n’attend pas la dernière
page pour prendre la parole, car il n’est ni penseur de dernier rang, ni
homme auquel revient le dernier mot. Dans son approche des problèmes de la
société et de l’épanouissement humain, du travail à promouvoir et des ressources à partager, Ignace Berten entend mettre la Bible en dialogue avec
l’économie moderne. Dans un tel dialogue, le théologien occupe moins le rôle du maître qu’il ne sert d’interprète pour faire comprendre les enjeux de
la création, du combat contre le mal, de l’alliance entre les hommes, du
choix des pauvres et de la victoire de l’amour sur la mort.
«Arrêtons de dire qu’il n’y a plus de travail, alors qu’il y a de plus
en plus de besoins non satisfaits», souligne Jef van Gerwen, professeur
d’éthique économique à l’Université St-Ignace d’Anvers. Sans refuser l’économie de marché, il assigne des «devoirs» aux acteurs, et d’abord aux investisseurs. «On ne résoudra pas l’emploi sans corriger le marché. Comment,
par exemple, inciter les investisseurs à réfléchir à leurs responsabilités
sur un long terme? Comment élaborer des règles éthiques pour les marches
finnaciers internationaux? Quel institut international pourrait assurer le
respect de règles pour corriger les effets pervers du marché?»
John Sweeney, jésuite lui aussi et économiste irlandais, montre enfin
qu’on peut prendre au sérieux le «Livre blanc» de la Commission Européenne
sur «Croissance, compétitivité, emploi», tout en discutant les propositions
qui y sont émises. L’essentiel est de ne pas enfermer l’inspiration dans
une étroite logique d’économie néolibérale. Une de ses préoccupations concerne les moins qualifiés: «Au lieu de vouloir coûte que coûte transformer
les gens dans le sens de l’emploi, ne pourrait-on davantager faire évoluer
l’emploi en fonction des gens ?»
Un livre pour le dialogue
Les auteurs du récent livre soulignent les nombreuses pistes de réflexion. Les convictions qui y sont exprimées, souligne en conclusion Ignace
Berten, coordinateur du livre, «demandent à être confrontées, discutées,
sans doute nuancées, peut-être révisées en fonction des arguements et du
développement de la société elle-même». L’étude se présente donc comme une
«petite pierre» sur le chemin de «l’humanisation de notre société». (apiccip/pr)
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