apic/Justice et Paix/Turin/Conférence
Conférence de Turin: au centre de l’Europe, l’homme
Déclaration de la Commission française Justice et Paix (290396)
Paris, 29mars(APIC) C’est un véritable «vivre ensemble» qui s’est peu à
peu constitué en Europe au lendemain de la guerre. Un «capital précieux»,
mais qui n’est pas définitivement acquis: «des retours en arrière restent
hélas possibles», avertit la Commission française Justice et Paix à l’occasion de l’ouverture de la Conférence Inter-Gouvernementale (CIG) de Turin.
Dans une déclaration, la commission, que préside Mgr Jacques Delaporte,
archevêque de Cambrai, assigne à l’Union Européenne cinq objectifs: préserver le social en Europe: «Nous refusons une Europe réduite à une zone de
libre échange. L’Union ne peut se désintéresser du chômage et de l’exclusion»; accepter l’élargissement de l’Union, qui «ne saurait constituer un
club de pays riches fermés sur eux-mêmes et appartenant à une même tradition religieuse ou culturelle; démocratiser davantage les institutions communes, car «les citoyens doivent influer plus directement sur les choix et
les décisions de l’Union; accepter la monnaie unique. Celle-ci est nécessaire, mais elle implique à la fois «une forte convergence des politiques
pour les pays concernés et des règles monétaires strictes pour ceux qui ne
pourraient pas encore l’adopter»; diffuser en réponse à la mondialisation
le «modèle culturel européen», fondé sur «l’universalisme des droits de
l’homme, de la raison, de la démocratie et de la solidarité». La puissance
de la construction européenne doit être mise au service de ces valeurs,
«chaque pays membre doit les respecter de plus en plus, chez lui et dans
ses relations avec l’étranger».
Pour Justice et Paix, la CIG est une étape capitale en direction de ces
objectifs. «Dans le cadre d’une construction politique commune, ajoute la
commission, elle doit construire l’unité européenne afin de soutenir les
légitimités démocratiques nationales, c’est dire à quel point cet effort
novateur et original doit sortir des schémas classiques de souveraineté».
Dans le cadre des élargissements futurs et du refus d’une Europe «molle ou
paralysée», les procédures de décision «doivent être modifiées». Dans le
cadre d’une monnaie unique, la création d’une autorité commune «renforcée
et démocratique» est «indispensable».
«Après l’effondrement du système communiste, le traité de Maastricht a
inauguré une nouvelle période de la construction européenne. Marquée par
les avancées fulgurantes de la mondialisation, cette période est difficile,
cruciale. Rien ne serait pire qu’une CIG s’enlisant ou se bornant à des modifications mineures», affirme encore «Justice et Paix-France», qui invite
donc les citoyens, et plus particulièrement les chrétiens, à «prendre toute
la mesure des enjeux de la CIG qui s’ouvre, à être attentifs à son déroulement et à s’engager pour sa pleine réussite». (apic/cip/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/apic-justice-et-paix-turin-conference/