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Tchéquie:Pour la réhabilitation du réformateur tchèque Jan Hus (250396)
Le cardinal Vlk attend «une parole plus claire» du Vatican
Prague, 25mars(APIC) Le cardinal Miloslav Vlk attend du Vatican «une parole plus claire» sur la personne et l’oeuvre du réformateur tchèque Jan
Hus (1369-1415), exécuté sur le bûcher comme hérétique alors qu’il était
venu plaider sa cause au Concile de Constance. L’archevêque de Prague estime que le cas Hus n’est pas une affaire seulement tchèque, raison pour laquelle il attend une parole de «l’Eglise universelle».
Dans une interview accordée en fin de semaine au quotidien tchèque «Lidove Noviny» à Prague, le cardinal Vlk relève qu’il y a beaucoup d’indications pour considérer que même d’après les conditions de l’époque, en considérant la validité formelle du verdict, le jugement du Concile de Constance n’était pas légal. Le cardinal se fonde notamment sur les travaux
d’une Commission d’étude sur Jan Hus instituée en 1993 par la Conférence
des évêques de Tchéquie.
Le cardinal Vlk va, d’ici un mois et demi, informer le pape Jean Paul II
de l’état des travaux de la «Commission Hus». Le réformateur Jan Hus est
aujourd’hui encore considéré comme une figure symbolique des aspirations du
peuple tchèque à la liberté et à la vérité. La «Commission Hus» ne devrait
pas achever ses travaux avant l’an 2’000. Mais l’archevêque de Prague pense
qu’il pourrait y avoir une déclaration pour la date du 6 juillet, jour anniversaire de l’exécution du réformateur sur le bûcher et fête de Jan Hus
en Tchéquie. Mgr Vlk a cependant écarté l’éventualité d’une béatification
du réformateur, évoquée récemment par «Lidove Noviny».
En décembre dernier, le cardinal Etchegaray avait annoncé que les procès
de Jan Hus et du moine florentin Jérome Savonarole pourraient être révisés
avant l’an 2000. Lors de son premier voyage à Prague, au lendemain de la
Révolution de velours, en 1990, le pape Jean Paul II avait déjà évoqué cette révision et reconnu «l’intégrité de la vie personnelle» de Jan Hus.
En juin 1993, les évêques tchèques ont institué une Commission spéciale
d’historiens et de théologiens chargée d’examiner le cas de Jan Hus. Jan
Hus, professeur à l’Université de Prague, fut influencé par les idées du
théologien anglais John Wyclif, au succès desquelles contribua beaucoup
l’image désastreuse offerte par la papauté durant le Grand Schisme d’Occident. Il lutta contre la simonie et les abus de la hiérarchie. Excommunié
en 1411 par son archevêque, il fut convoqué au Concile de Constance, réuni
par l’antipape Jean XXIII à l’initiative de l’empereur d’Allemagne Sigismond, précisément pour mettre un terme au Grand Schisme. Bien que muni d’un
sauf-conduit impérial, il fut arrêté à son arrivée à Constance et brûlé
comme hérétique.
Sa mort provoqua en Bohème un soulèvement à la fois national contre les
Allemands et religieux contre l’Eglise établie. Les Frères Moraves et
l’Eglise hussite tchèque perpétuent aujourd’hui les idées de Jan Hus. Le
président tchèque Vaclav Havel estime que la réhabilitation de Jan Hus par
l’Eglise catholique renforcerait «la réconciliation et la coopération oecuménique entre les Eglises». (apic/kna/be)
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