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Rome: Scientifiques reçus par Jean Paul II (220396)
Le pape exige une nouvelle répartition du travail
Plaidoyer pour le droit au travail de tout homme
Rome, 22mars(APIC) Jean Paul II plaide pour une nouvelle répartition du
travail en s’appuyant sur le droit primordial de tout homme à avoir un travail. C’est le point principal qu’il a développé en recevant vendredi 30
scientifiques membres de l’Académie pontificale des Sciences sociales.
«Dans les périodes ou le plein emploi n’est plus possible, l’Etat et les
entreprises ont le devoir de réaliser une meilleure repartition des tâches
entre tous les travailleurs», a-t-il encore précisé à ses visiteurs.
Accepter ce partage du travail, a poursuivi Jean-Paul II, en désignant
les institutions professionnelles et les travailleurs eux-mêmes, peut signifier une perte d’avantages acquis, mais il s’agit là d’une question de
justice humaine et de morale sociale. «Personne ne peut raisonner dans une
perspective purement individualiste ou dans un esprit trop fortement corporatiste».
Il convient, a ajouté Jean-Paul II, d’éduquer nos contemporains afin
qu’ils puissent prendre conscience du caractère limité de la croissance
économique, pour ne pas induire la perspective erronée et illusoire que
semble offrir le mythe du progrès permanent.
Objectif à atteindre, selon le pape, pour que le progrès soit vraiment
au service de l’homme, il faudrait que tous les hommes soient organiquement
insérés dans les processus de production ou de service du corps social afin
d’en être les auteurs et d’en partager les fruits. Cela est particulièrement important pour les jeunes.
La concurrence économique ne doit pas aller contre le droit au travail
L’appel du pape s’adresse aux responsables économiques: «Si le libéralisme ou tout autre système économique ne privilégie que le possesseur de
capitaux et ne fait du travail qu’un instrument de production, il devient
source de graves injustices. La concurrence légitime, qui stimule la vie
économique, ne doit pas aller contre le droit primordial de tout homme à
avoir un travail qui puisse le faire vivre avec sa famille.»
En effet, se demande Jean-Paul II, «comment une société peut-elle se juger riche si, en son sein, de nombreuses personnes manquent du nécessaire
vital? Tant qu’un être humain sera blessé et défiguré par la pauvreté,
c’est d’une certaine manière toute la société qui en sera blessée.»
Fonction sociale du travail
Le pape a ensuite médité sur la «fonction du travail», comme moyen de
couvrir ses besoins matériels et ceux de ses frères placés sous sa responsabilité, mais qui comporte aussi une seconde dimension, la «fonction sociale» qui est un témoignage de la solidarité entre tous les hommes. Ainsi
«aucun membre ne devrait être exclu des circuits du travail, ni marginalisé. Car l’exclusion des systèmes de production entraîne presque inéluctablement une exclusion sociale plus large, avec en particulier des phénomènes de violence et des fractures familiales»
Ces recommandations de l’Eglise, conclut Jean-Paul II, ne sont que «les
conditions de possibilité, sur le plan de l’anthropologie et de l’éthique,
d’une démarche sociale et non des propositions concrètes à présenter car
l’Eglise n’entend pas se substituer aux autorités politiques, ni aux décideurs économiques.»
Mondialisation des problèmes
Jean-Paul II a également attiré l’attention des scientifiques de l’Académie Pontificale des Sciences Sociales, présidée par l’économiste français
Edmond Malinvaud, sur la question de «la mondialisation des problèmes». On
ne peut se désolidariser, a affirmé le pape, en référence aux pays en voie
de developpement, en particulier devant «l’augmentation rapide des inégalités sociales entre le Nord et le Sud, entre les pays industrialisés et les
pays en voie de développement. (apic/imed/ba)
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