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Brésil: Décret présidentiel contesté (200396)

Les Indiens s’organisent

Opposition internationale grandissante

Fortaleza, 20mars(APIC) La question de la démarcation des terres des Indiens continue d’échauffer les esprits au Brésil. L’opposition au décret

présidentiel prend de l’ampleur. Les organisations des Indiens, notamment

celle de «Terra demarcada – Vida garantida» dans l’Etat du Ceara, lancent à

nouveau une campagne internationale contre le décret 1775 signé le 8 janvier 1996 par Fernando Henrique Cardoso, président de la République.

Les évêques brésiliens, et avec eux d’autres grands mouvements internationaux des droits de l’homme, s’opposent aussi à ce décret qui apparaît

nettement en contradiction avec la Constitution brésilienne promulguée le 5

octobre 1988.

Le Parlement européen, le 15 février 1996, a également pris position

contre le décret présidentiel. Par 164 voix contre 17, il l’a déclaré arbitraire et anticonstitutionnel. Il a demandé que l’Union européenne condamne

l’attitude du Brésil et gèle les financements communautaires destinés aux

programmes de démarcation des terres. Outre l’opposition de la Conférence

nationale des évêques du Brésil (CNBB), qui a discuté directement de ce sujet avec le gouvernement brésilien, Amnesty International (AI), la Fondation France-Libertés, International Watch et Survival International ont

également protesté en demandant la révocation de ce décret.

L’annonce que la visite à Genève du ministre brésilien de la Justice,

Nelson Jobim, pour présenter le «programme des droits de l’homme» du président Cardoso à la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, a relancé le débat et les protestations des organisations indiennes.

C’est ainsi que l’organisation «Terra demarcada – Vida garantida», de

Fortaleza, a envoyé à Genève une vaste documentation avec des lettres des

Indiens du Ceara, ainsi que celles d’autres organisations indiennes d’autres régions du pays. Elle y a joint le document juridique qui développe le

point de vue du Ministre Nelson Jobim qui, en 1993, alors qu’il était député fédéral et avocat du gouvernement de l’Etat du Para, luttait contre le

droit de démarcation des terres des peuples indiens dans cet Etat.

Les Indiens d’Amérique en danger

Les représentants indiens brésiliens attirent l’attention sur le fait

que si le décret 1175 est définitivement adopté, c’est un grave précédent

qui mettrait en danger l’avenir des autres Indiens en Amérique.

La Constitution de 1988 définit les terres indigènes, reconnaît le droit

historique des Indiens sur leurs terres même si elles appartiennent à

l’Union. La Constitution prévoit que les pouvoirs publics doivent aider à

cette reconnaissance incontestée.

En 1994, année électorale, les milieux politiques et financiers ont exprimé leur besoin de «réformer quelques articles de la Constitution». Les

mots «globalisation», «néo-libéralisme» jalonnaient alors les discours de

propagande.

Les organisations indigènes ou pro-indigènes alertent l’opinion nationale et internationale sur les retombées de ces propositions de réformes. Car

aux yeux de ces politiciens, les terres des Indiens sont véritablement considérées comme «l’obstacle». Cela est également le cas, aussi bien pour les

ramasseurs d’or, de bois rares, de pierres précieuses, de faune et de flore

exotiques, de matières premières en tous genres que pour les éleveurs de

bétail, des constructeurs de route, de barrages, voire d’entreprises ou de

complexes touristiques…

Un décret contre la vie

Le décret présidentiel du 8 janvier 1996, remplaçant le décret 22 de

1991, permet, de fait, à des Etats, des communes et «autres intéressés»

d’intervenir dans le futur processus de démarcation et grâce à l’effet rétroactif sur les démarcations en cours. Selon des juristes éminents, on remet ainsi en cause des territoires délimités et la vie même de ses habitants. En gaspillant de plus des millions de dollars venus aussi de

l’étranger et investis dans ce travail de démarcation. Pour les associations indiennes brésiliennes, on assiste à la promotion d’une politique ouvertement contraire à la vie des Indiens et par là, à la prolongation de la

politique coloniale. (apic/com/ba)

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