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Rome: Jean Paul II est un homme serein (120396)

L’avis du cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège

Rome, 12mars(APIC) Pour le cardinal Angelo Sodano, numéro 2 du Vatican,

un des principaux traits de caractère du pape Jean Paul II est une grande

sérénité qu’il ne perd jamais, y compris dans les moments les plus dramatiques. Jean Paul II est en quelque sorte « imperturbable » au sens où l’entendait sainte Thérèse d’Avila dans sa fameuse prière: « Rien ne te trouble,

rien ne t’effraye… », explique le cardinal dans une longue interview au

quotidien italien « La Repubblica ».

Le cardinal Sodano, qui n’a guère l’habitude de se répandre dans les médias, n’accorde que rarement ce genre d’entretien. Il a abordé pour le

journal italien de nombreux sujets d’Eglise ou d’actualité.

Questionné sur la personne de Jean-Paul II, Mgr Sodano, collaborateur le

plus direct du pape après son secrétaire personnel, répond: « Jean-Paul II

croit beaucoup dans la Providence. Il sait que cette mission lui a été donnée et qu’il doit l’accomplir. Il ne se préoccupe pas de savoir jusqu’à

quand le Seigneur lui donnera la vie. (…) C’est un pasteur d’une grande

culture, de grand esprit surnaturel, avec un sens profond de la prière. »

A propos des nombreux voyages du pape, Mgr Sodano observe que « le charisme itinérant de Jean-Paul II rend plus visible la présence du pape dans

l’Eglise entière. Je ne sais pas si les successeurs pourront tenir le même

rythme, mais il est certain que le pape du futur devra continuer à être le

premier évangélisateur, avec une attention particulière pour les plus pauvres et pour ceux qui attendent la Parole de Dieu. »

Le cardinal confirme également la préparation d’un grand pèlerinage de

Jean-Paul II sur les traces d’Abraham, qui « pourrait commencer par l’Irak,

ancienne Basse-Mésopotamie, terre des Patriarches, se poursuivre par Israël

et par l’Egypte ». Mais le collaborateur du pape rappelle que la préparation

d’un tel périple est soumise à la loi du réalisme, en particulier quant à

la sécurité du pape et de ceux qui viennent le voir et vis-à-vis du respect

des autorités locales.

La primauté de Pierre

Une des pierres d’achoppement sur la route de l’unité des chrétiens reste la primauté et l’infaillibilité du pape. Interrogé sur la volonté de

Jean-Paul II, exprimée dans l’encyclique « Ut Unum sint », de revoir la modalité de l’exercice de la primauté de Pierre, le cardinal Sodano se réfère à

un colloque oecuménique tenu à Rome en 1989: « La conclusion fut que l’idée

du primat de Rome a toujours appartenu au patrimoine de l’Eglise universelle, même si elle a été vécue de façon différente en Orient et en Occident. »

C’est ainsi que « l’essence de la primauté ne peut être atteinte, car il

s’agit d’une vérité de foi, ce que nous rappelons aux orthodoxes quand nous

les rencontrons », explique-t-il. Le cardinal ajoute que Jean-Paul II a donné « un grand relief » aux conclusions du concile Vatican II relatives à la

collégialité épiscopale, avec en particulier « une consultation régulière

des conférences épiscopales du monde entier ». Il ne faut pas oublier, conclut le prélat, que « l’autorité du pape est une autorité de père, fondée

sur l’esprit de service ».

L’évangélisation reste la préoccupation majeure des responsables du Vatican, mais dans deux directions: la nouvelle évangélisation pour la vieille Europe et pour l’Amérique et l’annonce du Christ dans les autres continents, car le devoir missionnaire de l’Eglise est intact.

« La Repubblica » demande également l’avis du Secrétaire d’Etat à propos

de l’examen de conscience de l’Eglise voulu par le pape en vue du Jubilé de

l’an 2000. « Il est nécessaire d’éviter toute généralisation et tout jugement rapide. Il appartiendra aux historiens de juger si, dans des situations déterminées, il y a eu des erreurs d’évaluation de la part de congrégations romaines ou de la part des papes. En tout état de cause, le but du

Jubilé est ailleurs. Pour nous, le Jubilé doit susciter un renouveau spirituel et une plus grande concentration du regard de l’Eglise sur le Christ. »

Pas de discours générique sur l’islam

L’Islam est souvent présenté comme la première menace pour l’Occident et

pour l’Eglise. Le cardinal Sodano souligne que l’on ne peut aujourd’hui

moins que jamais tenir un discours générique. L’islam est perçu « avec estime » par l’Eglise, qui distingue les croyants de ceux qui, dans les pays du

monde arabe, font une utilisation politique de l’islam. En effet, « le fondamentalisme islamique peut se présenter comme un danger mais il ne dérive

pas directement de la religion ».

Le Secrétaire d’Etat donne aussi son avis sur les résultats des récentes

élections en Europe de l’Est. « On ne peut parler d’un retour au communisme,

dit-il, ni affirmer que les gens ont voté communiste poussés par la nostalgie des régimes idéologiques et policiers. Je pense que cela vient plutôt

d’une désorientation ou d’une désillusion devant la dureté des réformes qui

ont démantelé rapidement les anciennes protections et sécurités. »

Une dernière question, personnelle, est adressée à Mgr Sodano. « Peutêtre vais-je vous surprendre, répond-il, mais en tant que Secrétaire

d’Etat, j’insiste sur l’intériorité de l’Eglise. La hiérarchie de l’Eglise

n’est qu’un instrument que le Christ a établi pour que l’Eglise puisse atteindre son but qui est de porter l’Evangile à tous les hommes. Certes,

l’Eglise est une société organisée, mais elle est avant tout une communauté

spirituelle, une société qui vit de la foi qui veut manifester cette foi à

travers ses oeuvres. » (apic/jmg/mp)

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