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Genève:L’Eglise évangélique libre de Genève (EELG) (110396)
pourrait remettre en cause sa participation à la FEPS
Les divergences portent notamment sur l’homosexualité
Berne/Genève, 11mars(APIC) L’Eglise évangélique libre de Genève (EELG),
une petite communauté rassemblant un millier de membres qui se qualifie
« d’Eglise confessante », pourrait remettre en cause sa participation à la
Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS). En raison de divergences portant notamment sur la question de l’homosexualité, mais plus
profondément à cause d’une manière fondamentaliste de lire la Bible.
Le 30 mars prochain, lors de son Synode de printemps, l’EELG discutera
de ses rapports avec la FEPS et décidera de son maintien ou non dans la Fédération, qui regroupe 22 Eglises protestantes de toute la Suisse. Il n’y a
pas unanimité au sein de l’EELG sur la décision à prendre. Il n’est donc
pas sûr que l’on aboutisse à une rupture totale. Les quelque soixante membres du Synode pourraient proposer un « moratoire » à propos de l’appartenance de l’Eglise libre à la FEPS, dont elle est membre depuis son origine.
Dans une lettre envoyée à l’EELG – une Eglise présente uniquement sur
sol genevois, avec sept paroisses -, le Conseil de la FEPS demande de ne
pas rompre le dialogue avec les autres Eglises. Il rappelle que d’autres
Eglises membres ont aussi des divergences d’opinions sur les « questions déterminantes pour l’Eglise libre que sont ’l’homosexualité’ et la ’compréhension de la Bible’ ».
Une approche « fondamentaliste »
Le courant représenté par l’EELG est qualifié par le protestantisme traditionnel de « fondamentaliste ». Selon Marc-Henri Sandoz, l’un des pasteurs
de l’Eglise libre, « on peut le qualifier ainsi, parce que nous prenons la
Bible au pied de la lettre, et nous prenons nos distances avec l’analyse
historico-critique ». L’EELG émet également des réserves à propos de l’oecuménisme et surtout du dialogue interreligieux.
Les divergences portant sur les questions de l’homosexualité « ne représentent en effet que la pointe de l’iceberg », a déclaré lundi à l’APIC le
pasteur Richard Fosserat, président du Conseil synodal de l’EELG. Le pasteur Fosserat se déclare partisan d’une « suspension provisoire » de l’appartenance à la FEPS. L’EELG estime en fait difficile de mettre ensemble des
Eglises « multitudinistes » (l’Eglise nationale protestante de Genève,
l’ENPG, revendique plus de 100’000 fidèles) et des Eglises « confessantes »
où les gens s’engagent clairement.
Ancien membre du Conseil synodal de l’EELG, le pasteur Gérald Rochat
considère que ce n’est pas la première fois que les positions de son Eglise
et celles de la FEPS ne sont pas les mêmes. « Il y a alors un peu d’impatience ». Outre l’approche de l’homosexualité, d’autres difficultés se posent:par exemple la question de l’avortement ou du baptême. Du côté de
l’ENPG, l’on se borne à qualifier les rapports avec l’Eglise libre de
« courtois ». On reproche en particulier à l’EELG de pratiquer le rebaptême.
L’Eglise libre précise pratiquer uniquement le baptême d’adulte, bien entendu sans tenir compte du fait que le nouveau membre a été peut-être déjà
baptisé alors qu’il était enfant.
Non aux mariages homosexuels
Explicitant les divergences avec d’autres Eglises protestantes traditionnelles, le pasteur Rochat précise: « Pour nous il n’est pas question de
consacrer des pasteurs homosexuels ou même de bénir de prétendus mariages
homosexuels. Cette position est claire, tout en gardant une ouverture à
l’égard des personnes, nous les recevons dans leur situation, mais nous essayons de les conduire ailleurs ».
« Au sein de la FEPS, du fait que nous sommes une toute petite Eglise,
nous avons l’impression de ne pas être écoutés. Nous sommes une Eglise de
professants et non pas multitudinistes, ce qui nous amène à des attitudes
différentes. Pour nos délégués, cela pose problème parce qu’il faut toujours avoir une position de combat. On nous écoute gentiment, mais avec une
certaine condescendance:nous n’avons pas l’impression d’être pris au sérieux ».
Andreas Hostettler, porte-parole de la FEPS, a précisé pour sa part que
la Fédération ne prendra en aucun cas des mesures de rétorsion à l’encontre
de l’EELG. Elle tient à respecter la bonne tradition protestante du débat
et du règlement ouvert des conflits. La FEPS invite l’Eglise libre au dialogue et considère que ce débat est vraiment une chance: « Il serait très
regrettable pour l’Eglise libre de sortir de la FEPS, car sa réintégration
deviendrait alors très difficile, étant donné que l’EELG est déjà aujourd’hui trop petite ». (apic/mp/be)
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