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Mali: l’espoir est permis (080396)
Le pape encourage les communautés de base
Rome, 8mars(APIC) La décentralisation au Mali est porteuse d’espoir et
l’Eglise est prête à apporter sa part dans l’édification de la société, a
expliqué au pape vendredi Mgr Sidibé, président de la conférence épiscopale
du Mali. Jean-Paul II a de son côté invité les évêques, en visite ad limina, à promouvoir les communautés ecclésiales de base et l’inculturation. Il
a aussi invité au dialogue de vie avec les musulmans, dialogue qui «va beaucoup plus loin que la cohabitation».
Dans son rapport, Mgr Julien-Marie Sidibé, évêque de Ségou, a décrit la
situation au Mali depuis la dernière visite de Jean-Paul II dans ce pays en
janvier 1990. Si le régime du parti unique a été balayé après le «bain de
sang» de février-mars 1991, la multiplication des partis politiques et des
associations, «entreprenantes et parfois prosélytes, n’augurent pas toujours d’une paix sociale durable où chacun peut se sentir accepté et reconnu dans sa différence». Le Mali a par ailleurs été longtemps secoué par une
rébellion dans le nord. Un pacte national a été signé le 11 avril 1992 entre le gouvernement et les Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad (MFUA).
Malgré son coût très élevé et quelques problèmes restant à résoudre quand
au retour des réfugiés, «l’espoir est permis», a expliqué Mgr Sidibé.
«Malgré les peurs qui nous habitent quant à son détournement possible
par les formations politiques, a-t-il ajouté, nous nourrissons l’espoir que
la décentralisation devienne une option qui puisse aider le Malien dans son
auto-prise en charge socio-politique, économique et culturelle». Après
avoir célébré son centenaire (1988), et dans la logique du synode africain,
l’Eglise du Mali, de son côté, est engagée résolument depuis le 20 novembre
1995 en «démarche synodale» jusqu’en l’an 2000 pour édifier l’»Eglise-famille» au service de l’Evangile. Un premier défi à relever dans ce contexte
est la crise scolaire: au Mali, moins de 30% des enfants sont scolarisés.
Mgr Sibidé s’est inquiété du manque d’infrastructures, de l’inadaptation de
la formation à la vie réelle et d’»une certaine perte de l’autorité parentale et de l’Etat».
Un autre défi est le manque de moyens: le Mali est un pays sahélien, qui
a beaucoup souffert de la dévaluation du franc CFA. «Le Mali est encore
largement terre de mission. Mais les nouvelles fondations sont aujourd’hui
difficiles à entreprendre par manque de moyens humains et matériels», a encore expliqué l’évêque de Ségou, avant d’assurer que l’Eglise malienne «est
décidée à le faire, aujourd’hui comme hier, dans un environnement majoritairement musulman, ouvert et tolérant».
Le rôle de la famille dans l’inculturation
Dans son discours, Jean-Paul II s’est réjoui de la vitalité de l’Eglise
du Mali, qui s’exprime particulièrement par le développement des «Communautés ecclésiales de base». Il a encouragé les évêques à promouvoir celle-ci
pour qu’elles soient «vivantes, rayonnantes et ouvertes aux autres», ainsi
que «l’engagement des chrétiens dans la société, pour une vie plus fraternelle, en collaboration avec tous leurs compatriotes», avec une particulière attention à la jeunesse.
Jean-Paul II a aussi plaidé en faveur de l’inculturation, «une priorité
et une urgence». La famille, a-t-il insisté, est l’un des lieux les plus
importants où peut se développer cette inculturation. Et de souligner «la
mission particulière qui revient aux familles des catéchistes, notamment
par rapport aux jeunes, de manifester la grandeur du mariage chrétien comme
voie de sainteté pour répondre à la vocation baptismale».
Autre défi, signalé par le synode africain: les diverses formes de division, car «à l’intérieur des frontières héritées des puissances coloniales
la coexistence de groupes ethniques, de traditions, de langues et même de
religions différentes rencontre souvent des difficultés dues à de graves
hostilités réciproques». Jean-Paul II s’est réjoui que «fort heureusement»
les relations avec les croyants de l’islam «sont faites, le plus souvent,
de convivialité et d’estime réciproque». Il a relevé que le dialogue de vie
avec les musulmans va plus loin que la cohabitation: «Dans les engagements
que vous menez en commun pour développer la solidarité dans la société, le
dépassement significatif d’une tolérance confuse, comprise comme la simple
acceptation de l’autre, conduit peu à peu à construire une communauté de
frères qui s’estiment et qui s’aiment.»
Avant de conclure, Jean-Paul II a rappelé encore l’importance de la formation des vocations sacerdotale et religieuse, de leurs collaborateurs
dans la pastorale et des laïcs animateurs, qui «doit tenir une place centrale» dans les préoccupation des communautés. (apic/jmg/mp)
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