apic/Soleure/ Mgr Koch
Soleure: Les conservateurs ont voulu empêcher l’élection de Mgr Koch
L’extrême-droite l’a dénoncé à Rome (060396)
Soleure, 6mars(APIC) Des cercles conservateurs catholiques ont effectivement tenté d’empêcher l’élection de Mgr Koch comme évêque de Bâle par des
dénonciations auprès du Vatican. C’est ce qu’a revélé lui-même le nouvel
évêque mercredi lors d’une interview à la radio alémanique.
Pour Mgr Koch, son ordination à Rome le 6 janvier a été un « acte de protection » du pape Jean Paul II contre les attaques des milieux de l’extrêmedroite traditionnaliste. « Lorsqu’on a su que j’étais le nouvel évêque de
Bâle, de nombreuses dénonciations venues des milieux de l’extrême-droite
ont tenté de l’empêcher », relève Mgr Koch. Dans cette situation, le pape a
pensé qu’il devait poser un signe particulier. Qu’il était du côté de cet
évêque. Mgr Koch y voit un désaveu de ces milieux ultra-conservateurs.
A l’inverse certains lui reprochent d’avoir abandonné sa ligne critique
pour adopter une théologie fidèle à la ligne romaine. L’évêque rétorque
qu’il a toujours dénoncé quelques points critiques dans l’administration de
l’Eglise et qu’il va continuer à le faire. « Personnellement je ne vois
d’ailleurs pas de changement d’orientation ».
Les milieux qui critiquent massivement la direction de l’Eglise se sont
également vite aperçu que Mgr Koch ne voulait pas faire chorus mais qu’il
se donnerait la peine de faire la différence et de critiquer aussi bien les
positions extrêmes de Rome que les positions extrêmes dans le diocèse de
Bâle. Avoir une position claire ne signifie pas représenter les extrêmes,
mais tirer le meilleur des diverses opinions, estime le nouvel évêque de
Bâle.
Le nouvel évêque a souligné qu’il entendait rechercher et soigner le
contact avec la base mais que sa priorité principale serait l’accompagnement et le dialogue avec ses collaborateurs les plus proches, c’est-à-dire
les agents pastoraux.
Mgr Koch a également ajouté avoir toujours eu l’intention de reprendre
une tâche pastorale après celle de professeur à la Faculté de théologie de
Lucerne. « Je suis simplement redevenu un pasteur un peu plus tôt. »
Pour le nouvel évêque, l’expérience la plus douloureuse et le plus grand
problème reste le fait que beaucoup de paroisses du diocèse sont sans prêtre. « J’ai vraiment l’impression que cela conduit à une évaporation du témoignage catholique et de la structure de l’Eglise. Les sacrements ne peuvent plus être dispensés et par conséquent la dimension sacramentelle de
toute l’Eglise disparaît toujours plus.
Une des voies possible est de chercher à motiver plus de jeunes à choisir la prêtrise, une autre voie est l’examen attentif des conditions d’accès au sacerdoce, en particulier pour des hommes mariés « viri probati ».
Pour cela le dialogue n’est pas seulement nécessaire avec Rome, mais surtout entre les évêques qui connaissent la même situation.
Non au sacerdoce des femmes
Quant à la question de l’accès des femmes à la prêtrise, Mgr Koch estime
que cela conduirait à une rupture. « Je n’ai pas la moindre envie d’entrer
dans l’histoire comme l’évêque qui a consommé la rupture avec l’Eglise universelle. Et universelle ne veut pas dire romaine, mais de tous les diocèses. »
A propos de son prédécesseur Mgr Hansjörg Vogel, démissionnaire pour
raison de paternité en juin dernier, Mgr Koch juge que les attentes étaient
trop fortes et l’ont dépassé. L’évêque n’est pas un magicien, ni un faiseur
de miracles, mais quelqu’un qui apporte sa contribution à la vie de l’Eglise. (apic/gs/mp)
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