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Nigéria: les Eglises inquiètes des violations des droits de l’homme
Appel à la Commission des droits de l’homme de l’ONU (060396)
Jos, 6mars(APIC) Les Eglises du Nigéria sont inquiètes de la situation
des droits de l’homme dans le pays. Elles appellent la la Commission des
droits de l’homme des Nations Unies – qui va tenir sa 52e session du 18
mars au 26 avril à Genève – à suivre de près la situation.
«La Constitution du Nigéria garantit le respect des droits de tous dans
le pays, mais les régimes militaires qui se sont succédé n’ont cessé de
bafouer ces droits, dénonce Mgr Peter Jatau, archevêque catholique de
Kaduna, au nord du pays. Des chrétiens sont obligés de se convertir à
l’islam. Des militants des droits de l’homme sont arrêtés et détenus sans
procès. Les décisions des juges ordonnant leur mise en liberté sont
ignorées par les militaires.»
Mgr Jatau appelle la Commission des Nations Unies à faire pression sur
le régime militaire nigérian pour l’obliger à respecter les droits de
chacun, sans tenir compte de son appartenance religieuse, et à garantir
l’indépendance et l’autorité des magistrats.
Pour Victor Musa, président de l’Eglise évangélique d’Afrique occidentale, «il est regrettable que le seul langage que semblent comprendre les militaires nigérians soit celui de la violence.»
Quant à Samson Agidi, secrétaire général de la Communauté des Eglises du
Christ du Nigéria, il déplore que les «citoyens ne sont pas autorisés à exprimer leurs vues ni à critiquer le gouvernement sur les questions qui les
touchent directement. C’est un phénomène affligeant. Des personnes sont détenues simplement pour avoir parlé contre la dictature militaire.»
Les responsables d’Eglise rappellent en outre que, l’an dernier, la
communauté sayawa de Bauchi, dont 90 % des membres sont chrétiens, a été la
cible de multiples attaques de la part des intégristes musulmans. Plus de
200 personnes ont été tuées et 30 villages complètement rasés.
On estime à 88 le nombre de militants politiques, journalistes, et opposants au régime nigérian actuellement détenus sans procès au Nigéria.
(apic/eni/mp)
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