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Liban: « Le dialogue est difficile mais essentiel (030396)
entre le christianisme et l’islam », affirment de concert
le patriarche maronite et le mufti chiite de la Bekaa
Beyrouth, 3mars(APIC) La convivialité, le dialogue entre chrétiens et musulmans sont essentiels pour la survie même du Liban, trait d’union entre
l’Orient et l’Occident; et les croyants des deux religions doivent collaborer pour reconstruire un pays ravagé par seize années de guerre civile. Tel
est le leitmotiv que les responsables maronites et musulmans ont répété à
un groupe de journalistes européens en visite dans le pays.
« Dans les pays qui nous entourent, a souligné le patriarche maronite
Nasrallah Pierre Sfeir, les chrétiens sont tolérés, mais la religion de
l’Etat est en fait l’islam. La caractéristique du Liban, ce qui fait la
particularité de notre pays, c’est que le christianisme et l’islam sont sur
un pied de parité et de vraie égalité face à la loi et à la vie. Et nous
voulons faire tout ce qui est possible pour préserver ce pays et la convivialité entre ses 17 confessions, et nous employer à cicatriser les blessures de la guerre. »
Le patriarche reconnaît que l’avenir s’annonce difficile: « La guerre a
provoqué l’exode d’un million de Libanais, nombreux sont les jeunes qui ne
savent pas ce que leur réserve l’avenir. Nous disons à nos fidèles émigrés
’revenez’, mais c’est à eux de décider s’ils veulent revenir. Certains reviennent, mais les plus riches le font avec difficulté, parce qu’ils craignent d’investir dans un pays où il n’y a pas la stabilité. »
Rétablir la souveraineté du pays
Le patriarche Sfeir réitère ensuite l’appel lancé le 14 décembre 1995
par le Synode des évêques sur le Liban, réuni au Vatican du 26 novembre au
14 décembre dernier. « Il faut, affirmait l’appel, rétablir la souveraineté
du pays sur son territoire, en le libérant de l’occupation israélienne.
D’autre part, la paix interne doit se traduire par le départ des forces syriennes du Liban. »
La thèse, selon laquelle la « convivialité » entre l’islam et le christianisme est « essentielle » pour le Liban, a été répétée aux journalistes par
Khalil Shukair, mufti chiite de la Bekaa. Khalil Shukair a rappelé que le
Coran demande aux musulmans de respecter les chrétiens. K. Shukair a cependant exprimé un regret: « L’appel du Synode a mis sur le même plan l’occupation syrienne et l’occupation israélienne. Mais il s’agit de deux choses
bien différentes: Israël a envahi militairement et occupé illégalement le
Sud du Liban. L’armée syrienne est entrée au Liban à la demande du gouvernement légitime de Beyrouth. »
La guerre civile
La guerre civile au Liban a éclaté en 1975. Pour les maronites, à l’origine du conflit, il y avait le problème des réfugiés palestiniens qui, de
leur camp de Beyrouth, cherchaient à s’étendre vers le Nord-Ouest, en zone
chrétienne. Pour les Palestiniens, au contraire, ce sont les attaques des
maronites qui les ont obligés à se défendre.
En fait, les luttes intestines qui ont embrasé peu à peu tout le pays
ont déclenché une guerre qui a duré 16 ans. Ce sont surtout les maronites,
qui ont été vaincus sur le plan militaire et aussi politique. Un demi-million de personnes déplacées, un million d’émigrés, d’énormes pertes matérielles: tel est le bilan de la guerre. Au centre de Beyrouth, là où passait la « ligne verte » qui divisait la zone musulmane (est) de la zone chrétienne (ouest), des immeubles, des mosquées, et des églises sont toujours
en ruine. Mais la ville est un grand chantier et les travaux de reconstruction vont bon train.
Les accords de Taef de 1989, en Arabie saoudite, ont fixé les points
d’accord: la présidence de la République à un maronite, la présidence du
Conseil à un musulman sunnite, la présidence de la Chambre à un chiite; Aujourd’hui, quelque 42 % des trois millions d’habitants du Liban sont chrétiens, 50 % musulmans, 1.8 % druzes. 72% des catholiques sont maronites,
les autres orientaux. « Un dialogue fécond entre toutes ces réalités est
notre force; et le conflit entraìnera notre ruine et la fin du Liban », a
déclaré au correspondant d’ENI, Mgr Mounged El-Hachem, évêque maronite de
Deir El-Ahmar, dans la Bekaa.
Origine des maronites
Les maronites tirent leur nom de celui d’un ermite, Marone, qui a quitté
la Syrie au Ve siècle pour se réfugier dans les montagnes libanaises. Ses
disciples se sont multipliés, conservant le rite d’Antioche et restant toujours unis à Rome. De nombreux maronites ont émigré pour s’établir en Australie et dans les deux Amériques. (apic/eni/ba)
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