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Amitié personnelle entre Garaudy et le fondateur d’Emmaüs (300496)

L’Eglise de France n’appuie pas les prises de position de l’abbé Pierre

Paris, 30avril(APIC) L’Eglise catholique de France refuse d’être «compromise» par le soutien apporté par l’abbé Pierre, fondateur d’Emmaüs, à Roger

Garaudy, à la suite de la publication de son livre «Les Mythes fondateurs

de la politique israélienne». L’écrivain est mis en examen pour négation de

crimes contre l’humanité.

Le Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme de la Conférence

des évêques de France, précise que l’Eglise n’appuye pas les prises de positions de l’abbé Pierre, en particulier sur la réouverture du débat sur la

Shoah.

Dans un communiqué signé lundi par son président, Mgr Gaston Poulain,

évêque de Périgueux, le Comité épiscopal relève que l’Eglise de France rejette «la confusion très grave et le scandale» qui résultent de l’appui apporté par l’abbé Pierre à Roger Garaudy. «La caution morale que l’abbé

Pierre représente, l’autorité acquise par sa parole et par ses actes engagent l’Eglise de France aux yeux de l’opinion. Elle ne peut pas accepter

d’être ainsi compromise».

L’abbé Pierre appelle de ses voeux un grand débat sur les points controversés. L’Eglise de France «ne peut pas s’associer à une telle démarche

parce que ce débat a déjà eu lieu à plusieurs reprises, tant en France qu’à

l’étranger». Et de poser cette question notamment à l’abbé Pierre, ancien

résistant qui a sauvé de nombreux juifs durant cette époque et toujours

présent à plus de 80 ans sur le terrain pour combattre les injustices:

«N’est-il pas immoral de prêter une tribune à des auteurs qui refusent les

plus fermes conclusions de la communauté scientifique internationale au nom

des principes et de méthodes qui récusent la recherche historique?»

Les points controversés ont d’ailleurs été réexaminés, ajoute le communiqué. «Il ne remettent pas en cause les acquis indiscutables que nous devons rappeler à l’attention des chrétiens: l’extermination a eu lieu, c’est

un fait incontesté, il s’agit bien d’un génocide puisque hommes, femmes et

vieillards étaient condamnés à mourir…»

Le Comité épiscopal, qui entend laisser à la justice française le soin

de se prononcer sur le contenu de ce livre, «que nous ne connaissons d’ailleurs que par des coupures de presse», conclut en soulignant que la recherche doit certes se poursuivre, «nous ne la refusons pas. L’Eglise elle-même

sait qu’elle doit s’interroger sur ses propres responsabilités. Elle a commencé à le faire. Faut-il rappeler la déclaration toute récente des évêques

allemands?».

Dans un communiqué publié mardi en réponse à la prise de position de

l’épiscopat français, l’abbé Pierre condamne avec fermeté tous ceux qui,

pour des raisons diverses, veulent de quelque manière que ce soit nier,

falsifier ou banaliser la shoa qui restera à jamais une tâche de honte indélébile de l’histoire de notre continent». Interrogé lundi par le quotidien français «Libération», l’abbé Pierre soutient cependant que «l’extermination des juifs par les nazis est un sujet sur lequel le débat n’est pas

clos». Il se félicite de lever le «tabou qui, selon lui, fait accuser d’antisémite quiconque dit qu’un juif chante faux». (apic/com/pr)

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