mené conjointement par le Fonds pour la Paix et la Fondation suisse pour la

RECHERCHE FEMININE POUR LA PAIX Désignation d’une chercheuse pour un projet

paix

(SPP / 30.04.1996) Le Fonds des femmes pour la paix, créé en 1983 suite à

une session des femmes protestantes, projetait de financer une recherche

scientifique pour la paix menée par une chercheuse. Pour financer ce

projet, les femmes protestantes s’engageaient conjointement avec la

Fondation suisse pour la paix et avaient lancé un appel aux volontaires. Le

travail va pouvoir démarrer, puisqu’une chercheuse a été trouvée en la

personne de Mme Elenor Richter Lyonette, allemande d’origine. Celle-ci

effectuera durant une période de quatre ans, dhs juillet 1996, une

recherche concernant les conséquences de la guerre en ex-Yougoslavie sur

les femmes et les enfants. Les initiatrices de cette étude, qui prend place

parmi les nombreuses actions menées dans le cadre de la Campagne pour la

paix, espèrent même obtenir un appui de la Confédération.

Elenor Richter Lyonette, qui a rédigé une thèse sur l’entraide allemande,

dispose dijà d’une large expérience des terrains de conflits, puisqu’elle a

fonctionné comme observatrice notamment au Rwanda et en ex-Yougoslavie.

C’est vers cette dernière région qu’elle orientera sa recherche, afin de

discerner non seulement les conséquences sur les femmes et les enfants des

traumatisme de la guerre, mais aussi les actions à mener pour aider les

populations lésées à reconstruire leur avenir. Cette étude scientifique

veut ainsi développer de nouvelles perspectives théoriques, sous l’angle

des rapports hommes – femmes, tout en débouchant sur des propositions

pratiques. Le Fonds pour la paix regroupe trois associations féminines: la

Fédération suisse des femmes protestantes, les Femmes pour la Paix et la

Ligue suisse de femmes catholiques. Bien qu’uniquement basée sur la

participation de ses membres, cette fondation dispose d’un capital

d’environ 600 000 francs (elle a regu 63 000 francs en 1995). C’est grbce à

ce capital qu’elle pourra financer le projet de recherche, qui devrait

s’étendre jusqu’en l’an 2000, à raison de 40 000 francs par an. La

Fondation suisse pour la paix, constituée en 1988 et formée de

représentants des milieux politiques, scientifiques, universitaires et

économiques, apportera la mjme somme. Les responsables du projet espèrent

que la Confédération suisse apportera également un soutien en applécation

de la Loi sur la recherche. Depuis 1985, la Campagne pour la paix a regu

l’appui de plus de 3 000 personnes et a ainsi pu subsidier plusieurs petits

projets pilotes de recherche pour la paix. Elle a contribué à l’édition de

nombreuses publications, financé des sessions de travail et attribué en

1994 un « prix de la recherche pour la paix féminine » (20 000 francs) à la

chercheuse Stella Jehger. En 1995, environ 2 000 cartes avaient été

envoyées par les membres au conseiller fédéral Kaspar Villiger, lui

demandant que la Confédération s’engage pour une véritable recherche pour

la paix en criant un institut. Kaspar Villiger a répondu en janvier dernier

par la plume de Hans-Ulrich Ernst, secrétaire général du Département

militaire fédéral. Il n’est pas entré en matière, estimant qu’il existait

déjà au sein de la Confédération une recherche de la paix, laquelle a été

entravée par le refus du peuple de former un contingent de casques bleus

suisses. Monique Anderfuhren, du Comité du Fonds pour la paix, a déploré

cette riponse qui « démontre une confusion entre recherche de la paix et

recherche pour la paix ». (SPP/jms)

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