Tessin: des religieuses au secours des familles

Au Tessin, des religieuses se mobilisent pour prendre en charge les enfants de parents travaillant dans le système de santé. D’autres s’efforcent de garder le contact avec les familles qui ont dû reprendre leur enfant à la maison.

Laura Quadri, catt.ch/traduction et adaptation: Raphaël Zbinden

«Ce virus a certes une couronne, mais il ne pourra jamais régner sur nous, car nous avons un autre roi», lance Sœur Wanda. La religieuse tessinoise vient de terminer sa journée de garde des enfants à l’école maternelle «Casa del Sorriso», à Chiasso, dans le sud du canton. Un travail loin d’être passif, car Sœur Wanda fait en sorte que le temps passé avec eux soit stimulant et instructif. L’un des enjeux est de trouver le moyen de leur faire comprendre la situation d’urgence actuelle.

Normes d’hygiènes strictement respectées

La «Casa del Sorriso» accueille normalement les enfants de 0 à 3 ans ayant des problèmes de santé ou familiaux. Mais, depuis le début de la crise sanitaire, la maison s’est recyclée dans la prise en charge des enfants dont les parents sont actifs dans le système de santé. Ces derniers sont mis à rude épreuve depuis plusieurs semaines, dans le canton suisse le plus touché par la pandémie de Covid-19.

Alors que les enfants qui fréquentent habituellement l’institution ont dû rester dans leur famille, les Sœurs de la communauté de Santa Maria di Leuca se sont immédiatement proposées pour pallier la fermeture des crèches. Les religieuses bénéficient en effet d’une grande expérience, puisqu’elles s’occupent habituellement de près de dix enfants à la fois.

«Nous tenons absolument à respecter le plus strictement les normes d’hygiène», explique Sœur Wanda. Elles ne regroupent ainsi jamais plus de cinq enfants dans la même pièce. Elles utilisent des gants et des masques et prennent la température des enfants avant que ceux-ci ne rejoignent l’espace commun. Les religieuses invitent aussi les parents à ne pas entrer dans la maison. Les enfants sont transmis sur le pas de la porte.

Prière et accueil

La communauté de Chiasso compte 20 religieuses, mais seulement quelques unes d’entre elles s’occupent des enfants. Les autres se réunissent dans la chapelle adjacente pour se recueillir. La prière et la prise en charge des enfants sont ainsi associées, dans un effort de trouver un nouveau rythme dans une vie quotidienne chamboulée.

Sœur Wanda voit pourtant des éléments positifs dans la situation: «Certains parents redécouvrent, malgré la précarité de leur situation familiale, la joie de passer du temps avec leurs enfants, en apprenant aussi à mieux les connaître. Les familles ont finalement l’opportunité de se redécouvrir un peu elles-mêmes.»

Plus au nord du Tessin, à Bellinzone, où la congrégation gère également la «Culla San Marco», Sœur Trinidad relève les difficultés particulières liées aux enfants dits «à protéger», dont la garde est déléguée à une assistante sociale. La «Culla San Marco» est en effet fermée depuis des semaines. La religieuse espère qu’elle rouvrira bientôt, pour que les enfants puissent retrouver une sérénité.

Maintenir le désir du contact personnel

Mais face à la succession de ces jours, identiques les uns aux autres, un sentiment de lassitude se ressent dans les paroles de Soeur Marina, du centre historique pour enfants «Arnaboldi» de Lugano. «Tout le monde est impatient que tout puisse reprendre, c’est indéniable», souligne-t-elle. «Nous restons en contact avec les parents tous les jours avec WhatsApp, aussi parce que le centre est maintenant vide, à part deux enfants qui viennent nous voir quelques heures par jour en raison de leur situation difficile à la maison».

Soeur Marina et ses consoeurs utilisent le réseau social pour partager avec les parents des films, des recettes de cuisine, des paroles de chansons: tout ce qui peut aider à remonter le moral de la famille, au cours de journées parfois longues, dans les foyers, pour des enfants habitués à fréquenter le centre. «Les parents nous appellent pour nous demander quand nous allons rouvrir, quand la société va redémarrer. Et nous nous efforçons d’être là pour eux et de les rassurer. Mais ces décisions ne sont pas de notre ressort, c’est clair».

Pour Sœur Marina, il faut garder à l’esprit que l’essentiel est d’entretenir, chaque jour, chez les enfants le désir du contact personnel. (cath.ch/catt/lq/rz)

Raphaël Zbinden

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