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Brésil: Les évêques brésiliens dénoncent le massacre de 24 paysans(220496)

Ils exigent une réforme agraire efficace

Itaici, 22avril(APIC) Les 280 évêques brésiliens réunis en session annuelle à Itaici, dans l’Etat de Sao Paulo, ont immédiatement cessé leur session de travail quand ils ont appris la nouvelle du massacre de 24 paysans

sans terre par la police à Eldorado de Carajas, dans l’Etat du Para, la semaine dernière.

La Conférence nationale des évêques brésiliens (CNBB) a demandé tout de

suite à Mgr José Viera de Lima, évêque de Maraba, de se rendre dans l’Etat

du Para en compagnie de Père Luiz Demetrio Valentini, responsable de la

pastorale sociale. Puis elle a émis une note qui dénonce avec véhémence le

lâche massacre des paysans en exigeant du gouvernement une réforme agraire

efficace. La note demande aussi à tous les catholiques brésiliens à prier

pour les paysans morts et blessés et de tout faire pour instaurer dans le

pays la justice sociale.

Dans une déclaration envoyée à tous les médias du pays, Mgr José Chaves,

évêque de Cameta (Para) et vice-président de la Commission pastorale de la

terre (CPT), a déclaré que le Mouvement des paysans sans terre (MST) lutte

pour la réforme agraire car «le gouvernment actuel n’a pas la volonté politique de l’appliquer».

En fin de semaine, l’Assemblée des évêques brésiliens a également publié

une document expliquant que l’Eglise catholique va faire une enquête interne pour connaître exactement la dimension réelle de son propre domaine foncier. La question est d’actualité depuis que des journaux ont accusé

l’Eglise d’appuyer la réforme agraire, mais sans que celle-ci distribue ses

propres terres.

Voilà plus de 15 jours que le Mouvement des paysans sans terre organise

et participe à des manifestations dans la plupart des Etats brésiliens. A

Sao Paulo, par exemple, les travailleurs ruraux ont occupé le siège de

l’Institut national de colonisation et de réforme agraire (INCRA). Il

s’agit d’une mobilisation pour reveiller l’opinion publique et pour que le

gouvernement brésilien prenne des décisions qui aillent dans le sens de

leurs revendications. Plus de 7’000 paysans ont occupé mercredi la ferme

Giacomet, à Rio Bonito do Iguaçu, dans l’Etat du Parana. Vendredi, une petite fille de 9 ans, recevait un tir dans le dos d’un policier près du campement des paysans à Santa Maria do Oeste, dans l’Etat du Parana.

Le massacre des 24 paysans

A Eldorado de Carajas, l’examen des 24 corps des paysans assassinés par

la police militaire indique, selon les médecins légistes, que les tirs de

la police avaient bien pour but de les abattre, démentant la version de la

police. Celle-ci avait affirmé que les coups de feu avaient pour but de

faire évacuer les paysans de la gare routière qu’ils occupaient. Une fois

de plus le Brésil a assisté non pas à un affrontement entre des paysans et

la police, mais à une véritable provocation armée des forces de l’ordre. Le

propre président de la République, Fernando Henrique Cardoso a envoyé sa

propre armée sur les lieux du carnage pour faire une enquête sur les circonstances de ce drame. Les corps des paysans ont été enterrés samedi à Curionopolis. (apic/em/ba)

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