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Lausanne: Enseignement religieux à l’école publique (180496)
L’approche du religieux au cours de la scolarité est nécessaire
Lausanne, 18avril(APIC) La soixantaine de participants à la journée « Enseignement des religions et école publique », mercredi 17 avril à Dorigny,
n’a pas eu grand peine à se mettre d’accord sur l’utilité d’un enseignement
religieux au cours de la scolarité.
Même si la notion de laïcité prend une importance plus grande dans certains cantons, comme Genève et Neuchâtel, personne n’est intervenu pour
contester la pertinence d’une approche culturelle du fait religieux, de
l’acquisition d’un minimum de connaissances dans ce domaine.
Le colloque organisé par le Département interfacultaire d’histoire et de
sciences des religions de l’Université de Lausanne, a permis de dégager un
certain consensus sur la justification d’un enseignement religieux à l’école publique. Celui-ci devrait être compris non comme un catéchisme visant à
transmettre des convictions spirituelles, mais comme une approche du fait
religieux en tant que dimension du monde contemporain, dans son pluralisme
et dans ses conséquences culturelles ou éthiques.
Sans jamais tenir un discours anticlérical, les intervenants les plus
réticents ont mis en doute la place du religieux à l’école au nom de la
laïcité de l’Etat ou en raison de l’étroitesse des marges du système scolaire lui-même (manque d’enseignants formés, horaires déjà surchargés). « Un
certain nombre de choses pourraient évoluer rapidement si l’on était plus
clair vis-à-vis des objectifs, faisant tomber les a priori face au religieux », a souligné le président de la table ronde finale, le professeur Roland Campiche.
Marie-Laure François, secrétaire générale du Département de l’Instruction publique du canton de Genève, a soutenu l’idée de réintigrer le religieux au sein de l’école laïque comme un des domaines de la connaissance.
Jean-François Martin, maître de culture chrétienne au niveau secondaire à
Vevey, a souligné de son côté l’importance de donner aux futurs enseignants
une formation qui améliore non seulement leurs connaissances religieuses,
mais leur procure une certaine sérénité face aux questions spirituelles:
« Pourquoi est-il plus facile à certains d’enseigner la religion égyptienne
que les bases de la religion chrétienne? »
Quant au pasteur Jean-Daniel Hostettler, aumônier des gymnases lausannois, il a plaidé pour une approche qui aide les adolescents à retrouver
leurs racines: « L’école doit aussi permettre aux jeunes de réfléchir à ce
qu’ils sont, en offrant l’occasion d’une recherche de sens. L’école pourrait donc offrir une ouverture, une sorte de « boîte à outils » culturelle
qui permettrait une certaine décrispation autour des thèmes religieux.
Mais ce faisant, l’école verrait sans doute remis en question certains
de ses modèles pédagogiques, ainsi que la parcellisation du savoir inhérente à la division des branches scolaires. Cela pourrait donner lieu à un
nouveau débat, visant à réconcilier les différentes disciplines, et surtout, comme le concluait le professeur Campiche, « à restaurer l’exigence du
sérieux dans la formation, sous peine de voir la superficialité primer sur
le sens. » (apic/spp/mp)
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