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Argentine: Attentat contre le «Mengele» de la dictature militaire(160496)
La justice ne s’obtient pas par la violence
Buenos Aires, 16avril(APIC) Après une attentat visant Berges, le «Mengele
argentin», l’une des figures les plus connues de la répression sous la dictature militaire (1976-1983), une organisation chrétienne de défense des
droits de l’homme rapelle que la violence doit toujours être rejetée comme
moyen de se faire justice.
Comme médecin de la police, Berges a été une figure clé de la répression
en supervisant l’application de la torture, en contrôlant l’accochement des
femmes enceintes et en réglant le sort d’enfants nés en captivité. Condamné
à six ans et demi de prison en 1986, il a été libéré en 1987 et vivait depuis sous la protection de la police. Deux personnes ont ouvert le feu sur
lui le Jeudi Saint, alors qu’il se promenait avec son épouse non loin de
son domicile.
L’attaque a eu lieu au lendemain d’une série de manifestations organisées pour marquer le 20e anniversaire du coup d’Etat militaire (24 mars
1976).
Des représentants du diocèse de Quilmès et des Eglises protestantes ont
dénoncé cette attaque, rappelant que «la violence n’est pas démocratique,
et cela d’autant plus que, sous la dictature, au milieu des persécutions et
des diffamations, nous sommes restés fermement opposés à toute violence ou
de vengeance au nom de la solidarité, de la justice et de la liberté».
L’attaque contre Berges serait le fait d’une «Organisation révolutionnaire du peuple» qui a déjà à son actif une douzaine d’attaques contre des
distributeurs automatiques de billets de banque. Interviewé par un journal
uruguayen, son dirigeant présumé a averti que «ceci n’est que le commencement de la revanche contre la torture et s’inscrit dans le cadre de notre
combat contre l’impunité».
Toutes les organisations de défense des droits humains ont condamné
l’attaque contre Berges et cette prétention à se rendre justice soi- même,
tout en invitant l’Etat à faire la clarté sur les crimes commis sous la
dictature et à punir leurs responsables. A ce titre, elles ont dénoncé
l’impunité qui protège les anciens bourreaux au nom de la «loi du point final» du président Raul Alfonsin et au pardon accordé par le président Carlos Menem. (apic/cip/mp)
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