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apic/France/ grève de la faim/ accueil dans cathédrale de Versailles

France: L’évêque de Versailles accueille (160496)

des grèvistes de la faim dans sa cathédrale

Des « parents étrangers d’enfants français » exigent

que les pouvoirs publics régularisent leur situation

Versailles, 16avril(APIC) Une dizaine « de parents étrangers d’enfants

français » résidant dans les Yvelines ont entrepris depuis lundi une grève

de la faim dans la chapelle de la Providence de la cathédrale St-Louis de

Versailles. Cette action a pour but d’obtenir que la préfecture les dossiers examine les dossiers de ces personnes dont la législation fait des

clandestins officiels. L’évêque du diocèse, Mgr Jean-Charles Thomas a donné

son assentiment à la présence des grévistes de la faim dans sa cathédrale.

L’évêché de Versailles, dans un communiqué envoyé mardi à toutes les paroisses du diocèse des Yvelines explique en ces termes le pourquoi de son

implication dans la démarche des grévistes de la faim: « Depuis le lundi 15

avril en fin de matinée, huit personnes étrangères, parents d’enfants français, ont entepris une grève de la faim dans la chapelle de la Providence

dépendant de la cathédrale St-Louis de Versailles. Il ne s’agit en aucun

cas d’une occupation: ces personnes sont accueillies avec l’assentimment de

l’évêque et du curé de la cathédrale. Ces personnes ne sont en aucun cas à

confondre avec des immigrés qui auraient pénétré clandestinement sur le

territoire national. « Parents d’enfants français », inexpulsables du territoire français, mais sans titre de séjour, dans l’impossibilité de travailler et privés de protection sociale, ils vivent une situation de grande

précarité.

Appliquer les circulaires ministérielles

Le service diocésain de la pastorale des migrants avec le collectif

d’associations s’efforce depuis plusieurs mois d’obtenir pour ces personnes

l’application de circulaires ministérielles des 5 mai et du 13 juin 1995

autorisant les préfets à régulariser leur situation pour des motifs humanitaires. Le collectif n’était pas d’abord favorable à la grêve de la faim,

mais face au désespoir de ces parents, qui agissent au nom de 132 personnes

actuellement concernées dans les Yvelines, il a décidé de se mettre à leur

service avec l’aide matérielle du Secours catholique.

Le collectif de son côté a précisé mardi les raisons de son soutien aux

grévistes de la faim accueillis dans la cathédrale: « Les parents étrangers

d’enfants français en ont assez de vivre comme des clandestins condamnés à

ne pas travailler alors qu’ils en ont abolument besoin pour élever leurs

enfants comme tout le monde. Il faut maintenant que les pouvoirs publics

mettent fin à une injustice intolérable ».

L’appui de Mgr Thomas

Le même communiqué souligne également l’attitude bienveillante de Mgr

Thomas: « L’évêque de Versailles est venu leur rendre visite pour s’informer

des raisons d’une décision aussi grave. Après les avoir écouté, ayant constaté qu’ils sont sans papiers, sans possibilité de travailler et sans protection sociale, il a proposé de participer à une délégation qui se rendrait auprès des pouvoirs publics ». (apic/com/ba)

Encadré

Interrogé par le correspondant d’APIC à Paris, le Père Marcel Béguin,

chargé de la communication du diocèse, insiste sur le fait que beaucoup de

catholiques en France ont mal vécu « l’affaire des Maliens », expulsés le 22

mars par la police de l’église Saint-Ambroise, dans le XIe arrondissement.

En terme d’image, cela a cassé tout le travail qui avait été fait en amont,

notamment par la Campagne « Accueillir l’étranger » et les différentes prises

de positions antérieures de l’Eglise sur ce sujet brûlant. Il a reçu personnellement beaucoup de témoignages de gens choqués et scandalisés. Des

chrétiens se demandent pourquoi l’ancien droit d’asile de l’Eglise n’était

plus pratiqué.

La pastorale des migrants, très active dans le diocèse, n’a guère apprécié, poursuit le Père Béguin, que tous les dossiers présentés à la Préfecture aient été bloqués. Est-ce le fait de quelques fonctionnaires? Ou fautil attribuer ce blocage jusqu’en haut lieu? Il y a vraiment un mur administratif.

Mgr Thomas, précise envore le porte-parole de l’évêché, devait rencontrer le Préfet dans la journée. (apic/jcn/ba)

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